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 [FBPKBT] Little Love

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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: [FBPKBT] Little Love   Dim 18 Oct - 1:26

Le long de ses bras, pas grand chose. Elle n’était pas de ceux qui se faisaient du mal comme ça, peut-être parce que son corps avait pris soin d’elle plus de fois qu’elle n’avait pris soin de son corps. Les jours où elle avait moins mangé, parce qu’elle n’y pensait pas assez, les nuits où elle ne dormait pas car elle pensait trop. Mais la douleur ce n’était pas son truc. Et puis elle ne faisait pas attention, quand elle ne sentait plus rien sinon le poids qui écrasait sa tête contre un coin de son lit. On la trouvait un peu fiévreuse le lendemain, son père disait que c’était la santé fragile qu’elle avait hérité de sa mère. Aussi elle ne lui rappelait jamais que sa mère n’était pas vraiment sa mère, et puis personne ne pouvait en dire beaucoup plus, sinon Cliff. Mais Cliff semblait ailleurs dernièrement. A vrai dire tout semblait ailleurs.

Parfois elle regardait dehors, elle se demandait pourquoi les rues étaient si froides, pourquoi toute sa personne refusait de se réchauffer où de sortir d’entre ces quatre murs qu’étaient sa chambre. Elizabeth était revenue au statut quo: un livre de Stephen King sous la main, un vernis clair écaillé, quelques messages écrits à Andrew puis immédiatement effacés. Eliz avait du mal. Du mal à réaliser qu’il puisse être parti. Au début il était là, mais il fallait avouer que la nature humaine l’avait poussé vers la sortie très vite. Elizabeth ne pouvait pas arrêter de le trouver dans sa tête, quand elle essayait de se calmer, souvent elle admettait que c’était comme ça, que c’était pas si facile d’oublier quelqu’un comme les paroles d’une chanson qui nous rappelaient cette personne. Au fil des années, les playlists entre Andrew et Elizabeth s’étaient échangées régulièrement, rares étaient les morceaux qui ne faisaient pas partie de leur “histoire”, elle n’acceptait pas vraiment que ce soit une histoire, ou comment dire… qu’elle ait une fin.

Alors oui. Tout était ailleurs. Tout était différent. Les nuits et les jours ne se ressemblaient pas, mais le sentiment d’avoir perdu un ami, d’avoir perdu une part importante de soi, restait là. Elle voulait être grande, et forte, et se souvenir de tout en ne se souvenant de rien. Bien entendu c’était un véritable paradoxe. On pouvait pas s’en aller comme ça, Andrew, ça ne marchait pas.
Aujourd’hui sera la seule fois, où elle se réduira au tranchant d’une lame de rasoir, à la lassitude extrême qui la fait se demander ce qu’elle fout encore là; pourquoi est-ce-qu’elle fait ça, c’est quoi le sens de la vie? Et ça va où tout ça? Elle veut pas être une de ces idiotes qui se disent que “c’est fini et tant mieux.” Non ça pouvait pas être fini, vous savez. Andrew c’était ça, c’était avec lui que ça marchait, ça pourrait pas… ça pourrait pas marcher avec quelqu’un d’autre! Oui elle pourrait, accélérer le temps, trouver un jour où ils s’échangent un regard mais, c’est douloureux de se dire… qu’elle pense à lui et qu’il… il pense à quoi Andrew? Toutes ces fois où elle le regardait sans vraiment le voir et où elle savait ce qu’il se passait dans sa tête. Mais c’était inutile avec elle.

Inutile de dire qu’elle s’y prend mal et que sa lèvre se fend à peine quand, son petit corps, sa tête trop pleine lui expliquent qu’elle est en train de s’en prendre plein la gueule, qu’elle devient folle, qu’elle se met là, à cœur ouvert devant le monde entier. Et puis pourquoi fallait que le carrelage soit blanc? Pourquoi? Maintenant tout avait l’air plus dramatique. Elizabeth Sawyer avait la trouille, c’était bien une première. Sa paume vient doucement secourir son bras, amoché, et qui déverse un flot continu de toute sa personne qui voudrait se taire maintenant. Simplement se taire, pourtant elle comprend, qu’elle va plus jamais l’revoir.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Lun 19 Oct - 0:34


Le ciel est beau, ces jours-ci. Il n'y a pas de nuages pour envelopper les étoiles quand il fait froid, et la lune brille autant que ça lui est possible. A éclairer la rue, les lampadaires sont inutiles ce soir, ils grésillent à un rythme lent, parfois une lumière meurt et puis revient à la vie, tout semble possible en cette nuit un peu froide. De sa fenêtre, il voit quelques branches s'agiter lorsque le vent les frôle, elles ont l'air beaucoup plus fragiles maintenant que le temps les a dénudées, et puis tout est plus fragile quand il est tard, de toute manière. Andrew aussi est plus fragile.

La maison est vide. Ses parents ne reviendront pas avant quelques jours et Anaïs passe la nuit chez Cliff. Nagoya va plutôt mal ces temps-ci, il ne sait pas ce qui lui arrive mais elle a à peine la force de se lever du petit lit qu'Andrew lui avait bricolé quelques années auparavant. Il passe une main sur le crâne minuscule de l'animal endormi et se redresse, il ne sait même pas quelle heure il est, juste qu'il est tard. Il n'est pas fatigué, ne l'est plus depuis un moment, c'est plutôt drôle non ? Perdre sommeil du jour au lendemain, renverser toutes ses habitudes dans un élan de colère et essayer, plus tard, de recoller les morceaux, mais sa vie n'est pas un de ces stupides bouts de verre qu'on répare et qui finit par ressembler à quelque chose d'approximatif, il n'y a rien d'approximatif à ça. Il n'y a rien de réparé, en fait ça ne cesse de se briser encore et encore. Mais son réveil a continué de sonner tous les matins et éventuellement, il s'est habitué à tout ça.

On finit toujours par s'y habituer, qu'on le veuille ou non, et puis ça se fond dans son quotidien, on sait qu'on ne peut plus rien y faire. Andrew, il a fini par accepter qu'il a merdé. Ce n'était pas très compliqué, il suffisait de voir les yeux d'Elizabeth pour y voir couler tout un monde qu'il avait voulu idéal, qui n'était en réalité qu'un amas de bêtises empilées les unes sur les autres, il était trop maladroit pour les empêcher de s'écrouler. Trop maladroit pour réussir à redresser la personne qu'est Elizabeth, alors il s'y est habitué et est parti. C'est facile comme solution, juste, non. Il le savait sûrement, mais il n'a jamais été très fort et ses erreurs tirent sur ses épaules, constamment, ça le lasse. Ses cigarettes, il ne fume pas par envie, il fume pour fumer. Il se sent mal quand il fume.

Bien sûr qu'il va bien. Au bout d'un certain temps, on n'essaie plus d'éviter le monde quand on va de travers, on attend que ça passe, ça finit toujours par passer. Et parfois il a l'impression que tout est redevenu normal, qu'il n'y a plus que quelques souvenirs qui se battent pour une petite place dans un coin de sa tête, qu'il n'y a plus que ça. Parfois il a l'impression qu'on ne lui a pas menti, que la vie continue vraiment et qu'on s'en remet. Et puis, d'autres fois, quand il pense à rien ou à tout à la fois, il y a Elizabeth. Mais il l'a laissée alors il ne comprend pas pourquoi elle est toujours là. Il ne comprend pas pourquoi ça ne veut pas marcher, pourquoi ça ne veut pas s'arrêter. C'est un bordel insoutenable dans sa tête qui se réveille la nuit et l'empêche de dormir, il n'a pas le droit de penser à autre chose qu'à elle, sinon il finirait par oublier. Et Elizabeth, il ne peut pas l'effacer comme ça.

Il ne peut pas faire ça. Lui balancer ses erreurs à la figure, lui dire de se débrouiller avec, lui souffler « je t'aime » avant de se retourner et de laisser des traces dans la neige. Décrocher ses appels pour lui dire qu'il n'a pas le temps, arrêter de mettre des émojis dans ses messages et enlever ceux derrière son nom. Effacer Amber de ses contacts, effacer Amber de sa vie, ne plus décrocher le dernier appel. Et quand il la croise à la fac ou quand il vient chercher Anaïs chez eux, ils échangent quelques paroles ou quelques regards, jamais les deux, mais ça suffit pour voir qu'ils sont toujours amoureux et que non, il ne va pas bien. Elle non plus. Elle non plus elle ne va pas bien mais Andrew n'est pas là, il a arrêté d'être là parce qu'il ne supporte pas de voir les dégâts après l'accident de voiture, le sang qui coule à travers les portières écrasées et le verre brisé en mille morceaux, celui-là on ne peut pas le réparer.

Quand son téléphone sonne, Andrew ne fixe plus le lampadaire mourant mais l'écran qui s'est allumé sur le prénom de Cliff. Il ne se souvient pas que Cliff l'ait appelé un jour, en fait, il ne lui a plus adressé la parole depuis des mois. Parfois sa sœur en parle et il voit bien qu'elle attend une réaction mais il n'a rien à dire à son sujet, si ce n'est qu'il est le frère d'Elizabeth. Il colle le portable contre l'oreille, peut-être que sa sœur a un problème, pourquoi il appellerait sinon ? Voilà, il entend la voix du garçon qui a du mal à respirer et qui enchaîne les mots sans qu'il n'y donne grand sens, il se redresse et finit par dire. Eh, parle moins vite je comprends rien, qu'est ce qu'il se passe? Et puis, le nom d'Elizabeth. Qu'il ait compris ou non, Andrew n'est déjà plus assis sur son pauvre lit, c'est à peine s'il a pris le temps de mettre des chaussures. Peut-être bien qu'il n'a pas besoin de comprendre pour savoir qu'il doit courir à travers les rues éclairées par la lune, elle a l'air si calme comparée à son souffle qui n'a pas le temps de se mêler à celui de la nuit. Il n'entend plus les grésillements des lampadaires, il n'y a que ses pas qui résonnent dans le quartier et dans sa tête, tout s'est arrêté à l'instant où Cliff a prononcé le prénom de sa sœur, et Andrew a su, quelque part, ce qui ne va pas. Son poing et sa voix s'éclatent contre la porte, il n'a pas eu le temps de reprendre son souffle. Ouvre putain OUVRE !
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Mar 20 Oct - 0:46

A quoi ça r’ssemble l’océan Eliz? Eh t’as oublié? Réveille-toi Eliz, ça r’ssemble pas à du sang. Panique pas Eliz, mais si y a ton nom coupé en deux, ça veut dire, que tu penses déjà trop. Eliz sors de là, tu peux pas y rester, t’as pas le droit. De toute manière, personne voudra. Son crane s’éclate contre le rebord de la baignoire, la fille, elle a perdu le nord. Ses petits doigts glissent entre les joints de la salle de bain, elle se demande, pourquoi elle peut pas se lever. Elizabeth fixe, au dehors, à travers la fenêtre qu’est lissée aux carreaux, on voit rien au travers, mais elle regarde pas ailleurs, ce serait voir l’horreur et admettre ne plus en être de ce monde de malades. Comme la moitié d’une nuit prématurée recouvrait son visage, elle va chercher de quoi comprendre c’qu’elle a fait, parce que décidément, elle comprend pas. Son beau visage tracé de rouge, on y croirait pas, elle a des bouts de sa crinière, collés contre son arcade blanche et qui s’fait de plus en plus amère, parce que ses yeux gonflent, une gosse qu’on a laissé pleurer là. Les doigts posés contre une lame de rasoir, elle s’est coupée vite et bien, une entaille de plus, une entaille de moins?

Non c’est pas joli, j’aimerais embellir le spectacle, comme dans un film hollywoodien. C’est juste Eliz. Personne de grand, de bien vivant, juste Eliz. Si elle s’était enfermée dans un placard tous ces jours et beaucoup d’autres nuits, voilà elle était sortie. Ses paupières abandonnèrent pas tout d’suite, mais bon, elle pouvait sentir le cuivre dessiner sur sa face pas bien sage des nuages éphémères, d’un monde joli et calme qui l’attendait ailleurs. Elle aimerait être dehors, où tout doit être assez froid, pour la faire marcher droit.

Un cri dans le couloir, ça y est: allô, maman. bobo. Ce n’est qu’Ana. Vous pouvez tout remonter pièce par pièce, ces scènes ont rien d’beau, rien de matable, rien d’appréciable: il semble que c’est un humain qui se perd, une fille de dix-neuf ans, qui doit se faire sauver par deux petits, tels que Cliff et Anaïs. Très vite Anaïs est tombée dans l’océan aussi, a rejoint le carrelage et ses mains, celle d’une belle âme se sont dans un souffle, un seul renfermées sur les poignets d’Elizabeth Sawyer. Elle a hurlé pour que son ami arrive, et quand il a ouvert le battant, très grand, il avait déjà quitté l’écran technicolor, suicidaire, pour de vrai, qui lui disait qu’sa sœur en aurait pas pour longtemps.
Il sait pas pourquoi plus rien lui obéit, doit s’y prendre à deux fois parce qu’ils hésitent entre appeler les parents, les pompiers, dieu. Ou Andrew. ils ont appelé tout l’monde, et ils se sont relayés pour tenir Eliz et ses paumes criminelles, mais comment on faisait ça. Comment on sauvait une fille qui cherchait à s’casser? ( Il a cru mourir Cliff, mais mourir sous le coup d’l’a haine parce que son corps le quittait putain. ) Quand ensuite ils l’ont entendu tambouriner à la porte, alors Cliff se remettait d’la troisième crise de larmes et Anaïs sentait plus ses jambes. Eliz, elle avait c’qu’elle voulait non? Il a ouvert la porte, Cliff, il a pas réussi à suivre Andrew. Qui pouvait suivre des gens qui meurent.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Dim 1 Nov - 14:13


Le temps ne passe plus, creuse des tranchées dans sa nuque glacée alors que la porte ne s'ouvre pas. Il a l'impression que son corps a été arrêté dans sa chute brutale et qu'il est là, en suspension, incapable de faire quoi que ce soit si ce n'est qu'attendre. Que la porte s'ouvre, que son corps s'écrase. Une réalité absurde qui lui retourne l'estomac, alors que l'île toute entière est plongée dans un sommeil presque religieux, il n'y a personne pour l'entendre crier. Et puis, l'heure est terrible pour penser au pire, ça le tue de ne pas savoir. Il n'a pas pris le temps d'essayer de comprendre les paroles emmêlées de Cliff, ça n'aurait été qu'une perte de temps que d'essayer de calmer le garçon et à cet instant, il avait trouvé suffisant le prénom d'Elizabeth et ses sanglots un peu violents. Et maintenant il se trouve à compter les secondes jusqu'à ce qu'on vienne lui ouvrir – pourquoi on ne lui ouvre pas punaise !

A vrai dire, son corps tout entier se plie sous les caprices de son inquiétude et bien que le vent  glace ses membres exposés ( il n'a pas pensé à prendre une veste, il n'a pas pensé tout court, si ce n'est qu'à Elizabeth ), il se sent bouillant, presque faible de ne pas savoir, d'être piégé dehors comme un animal en cage, enfin, et si la cage était cette pauvre maison qui abrite un concentré de ce qu'il y a de plus cher dans sa vie, et de plus détruit. C'est à en devenir fou. Ça n'a rien à voir avec la peur des films d'horreur, la peur du téléphone qui s'écrase du mauvais côté, la peur d'avoir finalement loupé son année, en fait, la peur c'est rien de tout ça, c'est ce qu'il ressent à cet instant, posté devant cette porte. Malade, presque, il peut voir son souffle se propager et se mêler à l'air frais tant de fois que ça lui brûle les poumons.

Elizabeth. Quelque part derrière ces murs, il y a Elizabeth. Cliff ne l'appelle jamais. Lui adresse rarement la parole en fait Cliff n'aime pas Andrew. Ce n'est pas très grave, ça fait plusieurs mois qu'il n'est plus le petit copain de sa sœur.

Ce n'est pas très grave Elizabeth. On tourne une clé dans la serrure et de là il se sent effroyablement conscient de ce qui l'entoure. Le vent qui arrête de griffer sa peau quand il entre, les yeux rouges de Cliff ( ça a presque l'air douloureux ) et ses mains qui tremblent, le silence de mort. Même sa respiration embarrassée on ne l'entend plus sous ce silence, à un tel point qu'il doit s'arrêter un instant. Il y a le visage désordonné de Cliff et puis ses pensées qui s'agitent à l'intérieur de son crâne – toujours en silence, c'est insupportable. Et puis ses pieds sautent quelques marches sans trop savoir à quoi s'attendre une fois arrivé en haut. Elizabeth? Il y a un corps qui s'avance, sans Andrew, lui il s'est perdu dans ses inquiétudes parce qu'il n'entend rien et les chambres sont vides, peut-être qu'il est devenu sourd en entrant mais il ne se sent plus trop capable de maîtriser quoi que ce soit, pas même ses propres jambes, qui s'arrêtent de fonctionner à l'entrée de la salle de bain ; son être tout entier ne fonctionne plus. Comme un vieux tas de ferraille sur lequel on a trop bricolé. C'est con de s'dire qu'il y a un moment où va falloir s'en débarrasser parce que tout c'que ça fait, c'est attraper la poussière. Andrew c'est un vieux tas de ferraille qui refuse d'avancer parce que ça serait se faire du mal pour pas grand-chose.

Andrew il est bloqué là parce que tout s'est arrêté, même dans sa tête il arrive pas à s'dire que c'est vrai, tout ça, qu'elle s'est taillé les poignets et qu'elle est allongée sur le carrelage plus rouge que blanc, qu'elle a plus l'air d'une morte, comme ça, que de la fille dont il a été amoureux à en crever.
Mille fois il s'est senti crever c'est vrai. Jamais de cette façon, jamais immobile devant un spectacle trop réaliste pour qu'on reconnaisse le ketchup qui coule des fausses plaies.

Oh mon dieu Elizabeth. Il a du mal à respirer quand ses genoux heurtent les dalles et que son pantalon commence à se tacher, il y a Anaïs quelque part mais il l'a à peine remarquée, à vrai dire ses yeux parviennent pas à se détacher du corps d'Elizabeth, c'est comme s'il parlait d'une morte mais bien que sa poitrine se soulève encore, elle a disparu quelque part entre son sang et les battements douloureux qui proviennent de la poitrine du brun. Il a ses mains qui la tiennent et sa voix qui tremble, il ne sait même pas ce qu'il est en train de dire, de faire, de penser. Elle est là il la touche pour la première fois depuis des mois et ça fait mal. Faut appeler les urgences putain c'est pas vrai Ana vous avez appelé les urgences ?! Il a le temps de dire entre ses mots jetés à la presque-morte et ça ressemble à « Tu peux pas faire ça tu peux pas crever putain d'merde Eliz ça pisse le sang je sais pas quoi faire je sais pas bordel ! Tu vas pas crever hein ? T'as pas l'droit putain t'as pas l'droit, ça va bien s'passer tu dois rester ok t'as pas l'choix tu dois rester. »
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Jeu 5 Nov - 23:22

Ça fait longtemps que j’hésite, longtemps que je la regarde tous les matins descendre l’allée dans un silence qui berce déjà les morts, longtemps qu’elle ne prend plus la peine de regarder l’autre côté du voisinage, longtemps que sa voix ne perce plus les murs la nuit, parce qu’elle est occupée à bercer son insomniaque de petit copain. Elizabeth a toujours été quelqu’un de calme, quelqu’un de terre-à-terre qui ne s’emporte pas. Bref, autre chose qu'un océan. Si elle avait été une tempête, là tout de suite on aurait pu la secouer et lui dire: BORDEL SAWYER RÉVEILLE-TOI. Mais c’est dingue, il n’y a personne pour dire tout ça, on la regarde juste disparaître dans son sang bizarre, son sang qu’on aurait jamais vu sortir de ses bras, ou juste de sa personne en fait.
Pourquoi elle a fait ça? Pourquoi? Est-ce-que ce matin elle s’est réveillée en sachant qu’elle allait mourir dans la nuit qui suivrait la fin de Février? Est-ce-qu’elle est au courant de tout ce qui se préoccupe d’elle, rien qu’à l’intérieur de son corps, l’ensemble des cellules de toute sa personne qui se démènent pour la sortir de ce foutoir.

Non. Non parce qu’elle prend pas soin d’elle et même si elle essayait d’le faire, ça fonctionnerait plus maintenant. Andrew est arrivé au milieu d’un champ de bataille, c’était la guerre, c’était comme si un orage avait éclaté entre la baignoire et l’sol, mais les seuls soldats encore présents s’appelaient Cliff et Anaïs. Pendant une seconde la main d’Eliz s’est refermée sur elle même et le sang a redoublé d’efforts pour fuir ses veines. Quand on l’a arrêtée une deuxième fois, Ana a crié qu’ils attendaient l’ambulance, ou plutôt soufflé entre deux arrêts de son pauvre cœur d’adolescente que ça allait pas tarder, qu'on allait les aider. Elizabeth elle a toujours aimé les tragédies, c’est pas sûr cela dit qu’elle survive à la sienne. Un jour elle s’est décidée, elle s’est décidée à partir. Il faut du courage pour ça hein? Il faut des tripes.

Le garçon foutu par terre, ouais, Cunningham. Il l’a sauvée plusieurs fois, déjà, il a réussi. Mais elle le voit pas, ou alors elle a pas envie, y a sa joue appuyée contre la vieille baignoire des Sawyer après tout, c’est pas vraiment ici qu’on rencontre des héros. Elle en cherche pas, elle en a pas besoin pour se casser. Si vraiment elle pouvait parler, elle dirait des tas de trucs sans queue ni tête, elle citerait chronologiquement les noms des présidents noir-américain c'est-à-dire un seul: Obama, elle rigolerait à n'en plus finir, elle ferait de grands yeux étonnés, "mais qui a essayé d'se tuer And'?", elle ferait sa curieuse, son humour chien, son côté rustre et franc, et drôle parfois, elle dirait qu'elle l'aime, jusque pour dire qu'elle l'aime parce que c'est comme ça, sauf que ça reviendrait à lui. A la place elle se souvient de la veille. La dernière nuit avant l’explosion finale, c’était une super longue nuit. Une nuit sans fin, elle s’est retournée dans ses draps, elle a dessiné, écrit, a pas trouvé le sommeil. Elle se souvient que jusque là, fallait garder la tête froide et plus penser à rien. Un exercice difficile auquel elle avait fini par s’habituer. Pas répondre aux tas de questions qui traversent les trois heures du matin affichées sur le réveil, et pas se décider maintenant à, est-ce-que ça vaut encore la peine?

C’est la tirade acerbe, d’une soirée-suicide, où Eliz est revenue à elle genre, dix secondes pour chialer un bon coup et sentir au moins une fois la poigne d’Andrew qui la tuait presque, et elle a essayé de dire la vérité pour une fois, elle a essayé. Y a sa petite tête de gamine qui s’écrase sur l’épaule du héros, elle a pensé, Mais qu’est-ce-que j’ai foutu? Tiens, t'as réussi à parler, t'as réussi, t'existes encore, idiote. Sorti de sa bouche parce qu'elle avait vraiment la trouille qu'il s'en aille. Il était parti, mais il était revenu surtout.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Lun 9 Nov - 1:21


Andrew, il a grandi avec cette idée que plus tard il serait chirurgien. Peut-être que oui, ses parents n'étaient pas tout à fait innocents dans cette histoire et qu'ils lui ont un peu forcé la main, mais très tôt dans sa vie il a commencé à accumuler les passages à l'hôpital. Que ça soit pour qu'on lui recouse telle ou telle blessure ou parce qu'il s'est cassé tel ou tel os, de toute manière il arrivait toujours à se faire mal. Ca n'a jamais été très désagréable pour lui, bien que les infirmières ne soient pas les personnes les plus aimables qu'il ait rencontrées, son chirurgien a toujours été très gentil avec lui. Il se souvient que petit, c'était lui son modèle, et qu'il le voyait comme un super-héros avec une blouse. Alors Andrew s'était dit que lui aussi il voulait sauver des gens. De toute manière, le sang, ça ne lui fait pas peur.

Enfin, c'est ce qu'il pensait jusqu'à cette nuit. Parce que le sang, c'est plus la même chose quand ça coule par terre, que ça forme des flaques effrayantes sur les dalles blanches, elles ont rien demandé les pauvres dalles. Le sang, c'est beaucoup plus dur à supporter quand ça vient pas des veines de Monsieur X ou de Madame Y, mais des veines d'Elizabeth Sawyer. Bien loin du statut de patient inconnu qu'Andrew s'était imaginé rencontrer dans sa vie. Mais c'est vrai, il est pas chirurgien, c'est juste un pauvre gosse qui a eu un appel d'un autre pauvre gosse en pleurs, pour lui dire qu'Eliz a merdé, qu'elle est en train de crever dans la salle de bain. Et le voilà, maintenant, à la tenir dans ses bras et regarder la vie s'échapper de ses coupures, rouge sombre.

Le suicide, on en entend parler, parfois, dans le journal : quelqu'un, quelque part, qui a plus supporté, qui s'est cassé de là, qui a tout laissé derrière, avec un mot pour dire pardon, je vous aime, y'avait pas d'autre solution. C'est triste, c'est vrai, mais c'est comme ça, ça arrive. C'est lointain, comme concept, vous savez ça se croit inébranlable, dans sa petite chambre isolée du reste du monde, ça pense que ça peut pas le toucher, pas lui, surtout pas elle.
Le suicide, c'est radical, après tout. C'est tirer un trait sur tout, absolument tout. Repartir de zéro, commencer un nouvel ouvrage en laissant l'autre inachevé, parce qu'il compte pas, il compte plus. Mourir, c'est radical, pas vrai ? On peut mourir de plein de manières différentes, d'une maladie, d'un couteau sous la gorge, d'une balle dans le crâne, de trop de drogue dans le sang, d'une lame de rasoir contre les poignets. Dans une salle de bain, avec des gosses à côté pour trouver le corps, pour crier avant d'appeler l'ambulance. C'est triste comme fin, mais ça n'a pas grande importance, c'est moins triste que tout le reste.

Andrew, il a ses mains autour de son corps qui respire moins bien que d'habitude, qui savent pas quoi faire pour empêcher le sang de quitter Elizabeth pour toujours, de la laisser là, toute seule avec elle-même, enfin ce qui en reste. Andrew, il s'attendait à plein de choses, plus ou moins belles, plus ou moins graves, plus ou moins… différentes de tout ça, parce que c'est le genre de choses auxquelles on ose pas trop penser. Parce que ça peut pas finir comme ça, pas vrai, Elizabeth, elle ferait pas ça. Elle les laisserait pas. Cliff, son père, lui. Non elle le laisserait pas, même s'il l'a laissée, lui, il est parti et il s'est jamais retourné. Parce que c'était dur de la regarder se briser en mille morceaux à cause de conneries d'adolescents. C'est plus dur encore de la regarder s'écrouler sur le sol à cause de tout le reste.

Y'a son coeur qui bat à cent à l'heure, ses doigts qui tremblent, ses yeux qui paniquent et sa voix qui faiblit parce que ça a l'air d'être la scène dernière de l'acte V de leur petite tragédie, enfin, sa tragédie, Andrew il a disparu de sa vie depuis l'acte III au moins. Ça peut pas s'finir comme ça, pas vrai ? Et puis, il y a sa voix qui s'éclate contre la baignoire, sa voix il a l'impression de l'imaginer, d'abord, mais c'est bien Elizabeth qui respire assez encore pour pouvoir parler. Eliz, Eliz y'a l'ambulance qui va arriver, regarde moi, dis quelque chose, ça va bien se passer j'te l'promets ça va bien se passer. Des promesses qu'il ne comprend pas lui même, Andrew n'a jamais été bon à lui promettre des choses qu'il n'a jamais tenues. De belles paroles, tard le soir, qui veulent tout dire, qui voulaient tout dire jusqu'à ce qu'il s'en aille et la laisse avec ses souvenirs et leurs vieux textos. Et maintenant il la voit disparaître dans ses bras, sa peau plus pâle que d'habitude, les poignets tailladés, qui ont l'air de pleurer, s'il fallait être poétique ce soir. Mais il ne faut rien d'autre que sa main qui caresse son visage et se perd dans ses cheveux alors que le bordel, il est pas seulement dans sa tête, il est juste là, devant ses yeux.

L'ambulance, elle prend trois plombes à arriver, en fait il a l'impression qu'elle ne viendra jamais. Qu'elle va crever devant lui et qu'il aura rien pu faire, que c'est pas l'super héros qu'il aurait voulu être, que c'est juste un pauvre gosse qui a couru trop vite contre le vent glacé, et qui s'est éclaté les genoux au sol pour tenir la fille qu'il aime, la fille qui meurt. Putain tu peux pas mourir comme ça tu peux pas.
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Dim 15 Nov - 23:49

Elle sera sur le brancard à une heure cinquante-deux du matin, à l’heure où les lampadaires éclairent des trottoirs calmes, à l’heure où le chien du voisin s’est évanoui de fatigue à force d’avoir mis sa gueule entre les barreaux du portail, à l’heure où le petit Dylan, du pâté de maison en face aura entamé sa quatorzième partie de free-to-play, à l’heure où on notera les allergies de la gamine rousse sur un calepin en panique, mais en même temps, l’air figé sur le visage qui espère qu’on sauvera l’abrutie à qui on vient de donner dix-neuf ans. A aucun moment, on ne demandera si c’est une fille bien, si elle avait de bonnes notes à l’école, si elle fréquentait des personnes aussi déséquilibrées qu’elle, si elle souriait tous les jours, si elle avait un copain, un journal intime, une marque de vernis préféré. Eliz sera sur un brancard, personne criera son nom, son père sera averti trop tard, elle aura clamsé entre temps, lâché deux petits mots faiblards qui résument absolument pas ce qu’elle ressent.

Aucun ambulancier dira que les pilules étaient un recours logique, qu’elle n’avait pas beaucoup aimé ça, et que ça n’avait pas suffi à calmer ses rêves, faire retomber sa fièvre, remplir ses bouquins de science, améliorer ses capacités: non ça la tuait. Au fur et à mesure, elle avait commencé à se regarder longuement dans le miroir le soir et à se remémorer quelques scènes marquantes, le suicide adolescent, les reflets trop imposants, les longues, très longues minutes, là se voir mourir sur le sol glissant de la salle de bain. Elizabeth n’avait plus seize ans et elle ne pensait plus à la mort. Elle n’en parlait pas avec Mama le vendredi, elle ne demandait plus rien car il semble qu’on lui avait déjà pris pas mal de sa vie d’avant. Les mois passaient et ne se ressemblaient pas, elle était très douée pour la biochimie et l’étude du corps humain, mais elle ne savait plus se concentrer. Eliz perdait un autre bout de sa vie, un bout qui fonctionnait sans personne mais qui perdait la tête aujourd’hui.

Elle ne veut pas parler du sang avec Andrew, même si ses bras nus commencent à se peindre. Il est beau, juste pas comme ça, la mort sur les mains ça ne lui ira définitivement jamais. Elle hausse un sourcil, pour lui faire remarquer qu’il devrait s’éloigner, mais très vite les yeux de la rouquine descendent et fixent ses doigts qui s’agitent et s’agitent encore. Je suis désolée. C’est bien coupé, elle évitera de dire. Eliz ne sait plus à quoi ça ressemble la vie sans Andrew, il est revenu, elle a pu le tenir cinq minutes, ou du moins essayer parce qu’il la serre trop. La gosse se débat un peu, pas bien consciente de ce qui lui arrive maintenant, est-ce-qu’elle se souvient avoir fait tout ça? C’est flou, c’est dans un coin de sa tête quand l’apostrophe finale d’Andrew vient et qu’elle joue avec les doigts du garçon sans répondre. Oui elle a encore cette connerie, lamentable qui la fait rester en vie, peut-être que c’est pas bien utile, qu’elle est trop bancale pour se remettre, qu’on va l’enfermer à la fin.

Ce n’est pas bien important, il n’y a plus grand chose maintenant, elle a presque oublié s’être mise là pour mourir et ne pas dire au revoir, et se laisser au silence, le silence qui rassure. Quand ils arrivent, tout va très vite, tout est noir et blanc et gris, on dirait un film, et tout s’agite dans tous les sens, mais pas Andrew. C’est l’heure avant la dernière partie de l’histoire quand, elle s’avance pour se mettre très près de son oreille, et on la tire déjà. Oh on la tire déjà. Chante-moi quelque chose, s’il te plait. Elle a pas eu le temps de rester, de rester encore avec lui, ils l’ont attrapée, emmenée, éloignée, elle est toute seule dans le couloir de la maison.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Lun 4 Jan - 23:13


C'est affreux la manière dont ses mains tremblent, il a l'impression de ne plus pouvoir contrôler ses doigts qui se cognent contre sa peau et se maculent de sang. Andrew a souvent les mains qui tremblent lors des après-midis où ça s'enflamme trop vite, où il ne contrôle ni ses doigts si le reste de son corps. Eh, faites pas cette tête, c'est juste un pauvre type qui n'a jamais su quoi faire de ses poings si ce n'est que les éclater contre des mâchoires solides. Et puis, en entrant dans le grand hôpital, dépassant les infirmières, les blessés, les malades, les presque-morts, on vient lui demander ce qu'il s'est passé et cet idiot, il ne sait même pas répondre. Il ne sait pas, ne sait plus la plupart du temps ce sont quelques minutes dans le noir complet, où ça fait un peu mal aux côtes ou au visage, et puis il ouvre les yeux pour constater les dégâts, rien de plus.

Ces derniers mois Andrew n'est plus allé voir un médecin pour qu'on lui désinfecte ses articulations ensanglantées ou pour qu'on lui recouse le bas du visage, qu'on lui fasse la morale ou simplement qu'on soupire avant de s'en aller parce qu'ils finissent tous par trouver ça lassant ; habituel, venant d'Andrew, on va en rire, de ce bouffon avec ses collègues de travail autour d'un café amer. Madame Cunningham a payé une psychologue pour qu'elle fasse de son fils un gosse un peu plus gosse, un peu moins animal. Et puis, ils ont tous pensé que ça a marché, toutes ces séances payées 50 balles la demi-heure. Même lui il y a cru, l'espace de quoi, deux, trois battements dans sa poitrine.

Pas la sienne. Celle d'Elizabeth.

Il a merdé, le petit. On lui avait bien dit de pas toucher à l'alcool, faudrait pas qu'il finisse comme son père ( mais non, monsieur Cunningham est irréprochable oh ! ). Mais ce n'était que l'espace d'une nuit, une petite nuit, même pas douze heures, le temps qu'il s'arrache la gueule au point d'allumer son ex petite amie, la blonde là, c'quoi son nom déjà, Amber ? C'est pas ce qu'il a soufflé quand ils s'envoyaient en l'air dans son lit double, ah non c'est pas ce prénom qu'il lui a soufflé à l'oreille alors qu'elle s'agrippait à son dos, agitée.
Il était peut-être un peu triste, vous savez. Peut-être qu'il se posait des questions, peut-être que c'est juste une connerie comme beaucoup d'autres l'ont déjà fait, j'veux dire, des gens qui baisent y'en a plein sur cette fichue planète pas vrai ?

Le pire dans toute cette histoire, c'est que c'était à chier.

Ah non, le pire c'est probablement Elizabeth dans ses bras lamentables de ne pas l'avoir touchée depuis si longtemps, son sang qui s'échappe à travers ses entailles.
Oui ses parents pensaient vraiment que la psychologue avait fait du bon boulot alors plus personne ne s'est inquiété la première fois qu'il n'est pas rentré. Ni la deuxième, ni la troisième, peut-être bien la quatrième. Pardon non, pas la quatrième, ils sont rarement là pour s'en rendre compte de toute manière. Personne s'en est rendu compte, à l'exception de quelques pas-si-pauvres types, et puis lui. Il a bien compris que quelque chose n'allait pas.

En réalité, il n'y a rien qui va chez Andrew. C'est comme un gros bordel, dans sa tête y'a plus un seul truc qui tourne rond, y'a plus une seule chose qui fonctionne. Mais ça a toujours été la même chose, Andrew, il sait pas faire les choses bien, il sait pas fonctionner correctement, comme il faut, comme tout le reste de ce putain d'monde. Andrew, c'est un tout un tas de conneries qu'on a mises ensemble et puis chaque jour on ferme les yeux on pioche le premier papier, c'est un jeu de (mal)chance, c'est d'la merde. Le petit Cunningham il va pas trop bien quand y'a personne pour lui montrer comment faire. Pour aller bien.
Quand y'a pas Elizabeth Sawyer.
Quand elle est pas en train d'crever dans ses bras, quand elle est là, quand elle va bien. Elle.

Dans ce tas de conneries, y'a pas de papier suicide parce que. Mourir c'est trop facile non ? Foutre la merde et puis s'en aller, comme ça sans rien dire à personne, c'est beaucoup trop facile, il a toujours fallu que ça fasse mal avec Andrew.
Que ça soit lui, que ça soit les autres. Que ça soit Elizabeth. Oh Elizabeth elle a souvent eu mal avec Andrew.

Et puis cet idiot il a jamais su quoi faire alors maintenant qu'il a la vie sur le bout des doigts, prête à s'en aller, il panique, il panique tellement qu'il a du mal à respirer, y'a des hommes qui déboulent pour lui prendre la rousse alors qu'elle lui a soufflé quelque chose mais il a du mal, il a mal, comme l'impression de voir trouble, double. Il n'y a que très peu de force dans ses jambes pour l'aider à se relever et se dépêcher à la suite des sauveurs, des vrais. Il y a eux, et puis il y a lui, c'est comme un gamin qui se prend les conséquences de ses conneries en pleine face. Il respire pas très bien Andrew. Elle est étalée sur un brancard, c'est comme si elle était morte, à défaut de l'avoir emballée dans un de ces sac-à-morts, il veut la suivre mais ils lui disent sûrement que non, c'est pas possible, vous pouvez pas rester.




15:37
Il est assis là, sur une chaise, pour une fois ce n'est pas lui sur le matelas blanc, relié aux engins bruyants qui suivent le rythme de son coeur. Pas le sien. Celui de la presque-morte. De cette fille, étalée, pâle, on dirait qu'elle est toujours entre la vie et la mort, les battements sont faibles. Il a la tête posée là, juste à côté de sa jambe, et ses doigts ont arrêté de trembler, ils effleurent le dos de sa main, celle qui n'est pas attachée, en attendant.
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Mer 6 Jan - 1:00

On va pas en faire toute une histoire. C’est une fille. Il lui est arrivé plein de trucs cette année. C’était dur. C’était de sa faute. Et ça a fait des étincelles - ou ça prenait sa tête très fort, si vous voulez. - Remonter quelques heures en arrière, elle se découpait comme on dissèque un cœur, les yeux qui dérivent loins de l’engin organique d’où s’échappe tous les restes d’un être vivant. Tout s’est emporté, sur son île tranquille, on a entendu les sirènes tourner un long moment. La fille a convulsé dans l’ambulance, parce qu’elle avait avalé des tas de trucs, des trucs pas bien méchants mais qu’elle voulait méchants. On dit que c’est psychologique, qu’on développe une sorte d’allergie de soi. Que c’est comme ça qu’elle a fini par se faire exploser la gueule à coups de médocs. Y avait personne cette nuit-là, sauf son frère. Et un garçon.

Le garçon il marchait pas droit. Il avait un bras rouge, du putain d’sang. Son froc c’était pas mieux. Ses pompes, c’était pas mieux. Il a rien dit mais s’il avait ouvert la bouche il aurait probablement dégueulé partout et - personne veut attirer l’attention avec du vomi, merde. - Lui c’était pas n’importe qui pour la fille, c’est sûr qu’il a dû essayé de la rattraper à un moment, ou au moins ses poignets qu’elle arrête de s’vider. J’comprends c’est terrible. Les humains ça fout la trouille, parfois ils s’transforment en bombe à retardement.
Elizabeth Sawyer. C’est pas commun sa tête, ses cheveux roux, sa beau blafarde, ses petits membres ridicules, elle tiendrait pas debout, même intacte. Mais c’est vrai peut-être que s’il lui était pas arrivé tout ça alors ça irait. Vous savez on parle pas d’un cœur brisé pour rien? Il s’est cassé dans sa poitrine, ça a percé ses poumons, son foie, ses reins. Alors elle a fait tout son possible mais c’est ce qu’elle a senti s’déchirer quand elle est tombée contre cette baignoire et qu’elle s’est cognée au bord. Eliz voulait prendre un bain et se noyer - ça serait mieux passé? -  Elle en a pas eu l’occasion.

Y a plus eu beaucoup de bruit dans la maison. Ils sont tous partis sans un manteau sur le dos. Y avait plus rien pour Elizabeth. Y a eu un battement de cils à l’arrière du véhicule, un des gars s’est penché vers elle, elle a essayé de remuer la main mais on l’a lui a bloquée. Elizabeth n’était plus libre de rien. Elle aurait fini par prendre un scalpel pour se retailler les veines. Ils arrivaient pas assez vite, ils arrivaient pas, passaient le voyage à se dévisager en silence et voulaient comprendre ce qui s’était passé. Quand on a expliqué la situation à l’accueil, ils étaient plusieurs à la regarder qu’avait replongé.

Si Eliz avait rêvé, c’était pas important. Parce qu’elle a oublié. ( Mais demain elle voulait encore lui écrire un mot, elle voulait dire des trucs qu’elle retirerait du champ message, elle voulait dire que ça allait pas. Pas du tout. Plus du tout. ) La chambre elle est petite. Elle est petite et isolée. Le père d’Elizabeth est passé plus tôt mais il est pas entré. A travers les battants, on l’a vu se frotter les yeux et boire un café, en discutant avec une des infirmières. C’est ça le truc. Qui veut voir un presque cadavre, qui veut regarder la fille? Elle est pas tombée d’un toit, elle allait bien hier. Elle allait pas bien le jour d’avant, et peut-être que la semaine passée, elle avait commencé à y penser.

On veut pas les regarder, les enfants qui se perdent. C'est comme ça.
La mort? C’est quoi? C’est comment? Est-ce-que c’est bizarre d’y penser souvent? Oui, oui on va vous dire. Va consulter, on va vous dire. Elizabeth - elle est tombée amoureuse il y a longtemps. - Elle s’est attachée à ce sentiment, mais pas assez, c’était Andrew. Ouais ça la dépassait. Avec le temps, il voulait qu’ils restent amis mais. De cinquante messages à l’heure, il y en a eu dix. Elle a souri d’abord. Ils se téléphonaient plus, jouaient plus ensemble le soir, sur Skype. Tous ces trucs débiles qui paraissent naturels au début.

Pourquoi ça descend les humains, pourquoi ça les ruine?
Tout est beau dehors. Tout est calme, tout se couvre l’après-midi et le monde continue de tourner. Mais ils ont pas bougé de cette chambre, tous les deux. Ses doigts ont remué vers dix-sept heures.
Le garçon il était là, avec ses cheveux en bordel, avec sa main contre la sienne. Les yeux d’Elizabeth s’étaient recouverts d’un disque sombre et, elle pouvait sentir la fatigue. Elle osait pas bouger, était pas sûre qu’il y ait quelqu’un avec elle. Deux grands yeux, on disait en la décrivant. Clairs et bruns, on disait. Ils s’agitent dans tous les sens, elle a quelque chose qui lui tient la nuque, elle a des fils qui l’étouffent partout. Elle voudrait voir dehors, elle voudrait juste tourner la tête.

Les doigts d’la fille, viennent chercher les phalanges du garçon, l’appellent à l’aide. Sawyer, tu pleures.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Dim 10 Jan - 23:44


C'était long. C'était putain d'long, en salle d'attente, devant la chambre, puis dans la chambre, près d'elle, tout près d'elle à la voir soulever sa poitrine de temps en temps, pas assez. Andrew n'a jamais été très patient vous savez. Petit il ne dormait pas la veille de Noël ni même le soir d'avant parce qu'il était beaucoup trop excité et puis, attendre c'est nul comme concept. Alors il faisait les cent pas dans sa chambre puis il descendait dans le salon voir si le père noël n'était pas venu examiner la pièce ( car oui il était persuadé qu'il venait le jour d'avant afin d'établir un plan stratégique ), il vidait un paquet de biscuits et puis il remontait jouer avec le train qu'il avait reçu à son anniversaire,  enfin, c'est le genre de rituel qu'il maintenait jusqu'à ce qu'il atteigne les 10 ans et que Gordon lui apprenne qu'en fait, le Père Noël, c'est du mytho, et que ceux qu'on voit dans les magasins c'est des clodos auxquels on paie 2£ l'heure pour qu'ils se laissent prendre en photo, des gamins sur les genoux.

Oui ce jour là, on l'a déçu. Et puis l'an d'après Andrew a dormi douze heures et pour la première fois il est pas descendu en courant, il a même pas essayé de piéger l'imposteur en se cachant derrière le canapé toute la nuit, c'est pour dire. Au fil du temps il a fini par comprendre que c'est comme ça que ça marche, c'est très magique quand on dépasse pas le mètre trente mais ça finit toujours par s'écrouler un jour parce que les choses bien ça dure pas, c'est comme ça.

Ce jour-là, c'était un samedi, il avait neigé la nuit précédente mais Andrew était trop occupé à baiser salement pour s'en rendre compte ( c'est dommage, il est comme un gosse quand il neige ). Salement oui c'est le bon mot parce qu'il s'est senti très sale le lendemain matin, quand il s'est rendu compte que c'est pas son lit ni la bonne fille étalée nue contre lui. Quelques battements plus tard, et alors qu'on lui explosait le crâne à coup de marteau piqueur il s'est retrouvé devant Elizabeth, la face agitée et les joues rouges d'avoir couru, sans veste. C'est là que ça a commencé à s'effondrer et les jours suivants elle n'a eu aucune nouvelle d'Andrew, il aurait pu crever dans une ruelle de la ville que ç'aurait été la même chose, il s'est éclipsé, a laissé ses affaires et surtout ses responsabilités sur une pile dans sa chambre et il a essayé de disparaître, le temps de comprendre ce qui lui arrivait.

Elle voulait qu'ils restent amis. Evidemment, ils étaient avant tout amis. De très bons amis. Mais pour Andrew c'était différent, pour Andrew la voir tous les jours c'était pire que de ne plus la voir du tout alors il a fini par s'effacer lentement de sa vie, il lui envoyait moins de messages, ne se connectait plus sur skype, leurs discussions étaient aussi fades que la bouffe à la cafète du lycée. Il y a beaucoup de choses qu'il aurait dû lui dire ce samedi-là, ou même plus tard. Des messages qu'il n'aurait pas dû effacer dix fois de suite, des boutons 'Appel' qu'il aurait dû appuyer. Mais ça faisait mal, sur le coup, alors il a préféré ne rien faire, parce que ça, c'est des petites douleurs en continu, jusqu'à ce que ça explose un jour – trop tard, ça a explosé, mais pas chez lui, chez Elizabeth.

Elle est allongée sur le matelas, dans sa robe blanche de patient endommagé. Il y a quelque chose chez elle qui a changé. Il n'a que trop fait attention aux bandages autour de ses poignets, à ses pommettes qui saillissent trop sous cet angle, à son corps endommagé, mais c'est pas ça, c'est différent. C'est comme un voile, c'est sombre et ça s'étend au dessus du lit au dessus du corps, c'est la mort qui attend qu'il s'en aille pour la lui prendre.
Mais eh, qu'il soit là ou pas, ça change plus grand-chose.

Les ambulanciers n'ont pas voulu le prendre, trop préoccupés par la fille presque inconsciente ou presque morte, qui se vide sur le chariot ; on l'a laissé là, presque par terre à plus comprendre ce qui lui arrive, et son cerveau trouve ça drôle à dédoubler les véhicules, et puis il a quatre mains cet idiot. Ah il est plus bon à rien, sa sœur a dû lui tirer la manche, lui dire quelques paroles qu'il n'entend pas, c'est à peine s'il la voit encore. Plus tard on l'a vu entrer dans l'hôpital, les vêtements encore sales d'avoir essayé d'aider, toujours aussi tremblant qu'avant, il a à peine eu le temps de se laver les mains. L'eau était devenue rougeâtre, il a tapé dans le distributeur de savon et a frotté, une, deux, cinq presque dix minutes, il a frotté presque dix minutes et c'est comme si le sang ne voulait pas quitter ses mains, il peut pas, il peut pas. C'est des restes d'un gamin secoué qui s'approche d'une infirmière et lui demande où ils l'ont amenée, ce qu'ils lui font, si elle va s'en sortir, s'il peut la voir. Non, en fait il a perdu la tête à presque crier sur la trentenaire, qu'on le laisse entrer, qu'on le laisse la rejoindre. Il a eu de la chance qu'ils ne l'ont pas fait sortir de force. Alors ils l'ont fait s'asseoir dans la salle d'attente presque vide parce qu'il ne se passe pas grand-chose sur cette petite île, si ce n'est une jambe cassé et une visite habituelle de la vieille femme qui a Alzheimer. Il a attendu. C'était une torture. Eventuellement, Mme Jacobson, une des infirmières qui a l'habitude de s'occuper de lui est venue, lui demandant de la suivre. Il pensait vraiment qu'elle l'emmènerait à la chambre d'Elizabeth mais c'est elle était vide, il n'y avait qu'une pile de fringues vertes qui l'attendait, elle lui a dit de se changer. Il a arrêté de trembler aussi furieusement quand les taches de sang avaient disparu. Elle lui a proposé un verre d'eau, il est allé se rasseoir. On l'a rappelé, quelques heures plus tard, on lui a dit qu'elle est pas morte, la rousse, elle a pas crevé dans l'bloc opératoire, allez tu peux respirer. Ils lui ont interdit l'accès à la chambre. C'était pas l'heure des visites. Il a insisté, on lui a dit de poser son cul sur la chaise devant sa chambre, il pourrait la voir à travers la vitre si c'est ça dont il avait besoin pour arrêter de gueuler. On ne l'a plus entendu ensuite.

A 14 heures pile on l'a laissé entrer.
Il s'est arrêté au pas de la porte, et un instant il s'est dit qu'il y arriverait pas. Rentrer, s'asseoir, attendre qu'elle se réveille et lui dire à quel point il est désolé. Evidemment qu'il y arriverait pas, c'est Andrew.
Il est entré dans la salle, la porte s'est refermée derrière lui, il a respiré une fois et puis il s'est pété les articulations contre le très blanc mur de la chambre. Il est resté debout comme un con pendant un bon quart d'heure ou peut-être que c'est juste quelques secondes il en sait rien, mais il fait rien, il fait rien du tout.
Quand il s'est finalement assis, il n'a plus bougé. Il a posé sa tête sur le matelas, n'a pas fermé les yeux, ou peut-être que si, mais sa main, celle qui fait mal, il l'a posée sur la sienne. Et il a attendu.

Lorsqu'Elizabeth se réveille, il regarde ailleurs parce que ça fait mal de la voir comme ça. Il regarde ailleurs jusqu'à ce qu'elle bouge ses doigts et puis son regard s'éclate contre son visage mouillé, il se redresse, il a plus d'voix. Plus rien, y'a plus rien chez lui qui fonctionne. Ils m'ont dit qu'il y aura pas de brocolis ce soir. Même ses cordes vocales tremblent, y'a une boule au fond de sa gorge qui grandit et il a peut-être envie de pleurer lui aussi. Il le fait pas. Elizabeth. C'est dur, ça chamboule tout dans sa tête, il est putain d'faible dans son costume vert, les doigts secoués, quelque part en la regardant il revoit du sang sur ses joues, sur ses mains, partout. Eliz.
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Sam 16 Jan - 19:11

Les gyrophares envahissent l’intérieur des petites maisons par série de flashs, ça fait du bruit, personne aime ça. La turbulence, les incidents, pourtant ils regardent dehors et se demandent ce qui a bien pu se passer? Une fois qu’on leur dira qu’une gamine rousse a été sortie de chez elle sur un brancard, ça va devenir sans intérêt. Tout est devenu calme d’une minute à l’autre, surtout quand son dos a buté contre la table en fer, ils se sont tous fixés avec cette trouille étrange que ressentent les médecins à chaque fois - parce qu’ils viennent de sauver une vie. - Ouais ça leur fout les boules qu’une fille de dix-neuf ans aie réussi à se buter aux médocs non-prescrits et avec la lame d’un rasoir vous comprenez? Avec les heures on dirait que la ville a pris une autre couleur, que les ombres qui dansaient sur les murs ont arrêté de ressembler à des hématomes géants. ( C’est une petite ville, on dirait que tout le monde sait tout quand quelque chose arrive. )

Mais Andrew et Elizabeth, ils sont restés là où il fait noir. Cliff a ramené une veilleuse, parce qu’il sait qu’elle a peur du noir. C’est qu’une gamine, pourquoi elle est dans un lit tout blanc avec son amoureux tout blanc, aussi? Mais Cliff sait bien que c’est pas aussi simple que ça. Ils ne sont plus amoureux, ils sont destructeurs. Alors il se dit que c’est bizarre parce que, dernièrement il avait l’habitude de rentrer dans sa chambre et de la voir en train de dessiner sur le papier-peint. Il se dit qu’elle allait bien. Il sait pas ce qui s’est passé.

Ce jour-là, c’était un samedi. Le sol était couvert d’un blanc immaculé, on aurait dit que personne avait songé à se promener depuis que le ciel s’était décidé à pleuvoir des flocons, alors bien entendu elle l’avait fait. Il faisait froid, même à l’intérieur, elle était passée à la boutique tout de suite, pour prendre le poster parce qu’elle savait que bientôt, il serait plus affiché, jeté à la poubelle ou un truc du genre. Mais Elizabeth ça l’impressionnait toujours, de voir la collection d’Andrew et comme sa chambre se noyait sous les affiches. -- Peut-être qu’il était un peu idiot, mais c’est pour ça qu’elle tenait à lui. --

Y avait rien de parfait chez Andrew, pas vrai? Quand ils étaient pas très heureux, les gens de l’âge d’Eliz trouvaient des distractions, et oui ça fait longtemps que le côté de sa main est couvert de fusain, qu’elle a accumulé des portraits de ceux qu’elle aime -- ou ceux qui retiennent son attention. -- Il y a eu Andrew à un moment donné de sa vie. Elle n’était pas très heureuse. Et lui non plus. Avoir ce garçon, posé là comme un oiseau sur un rocher, au bord de sa plage, elle a eu comme un déclic. Pour la plupart des gens, on appelle ça un ami, Elizabeth pensait se trouver un sauveur. Une distraction, un truc pour égaler la douleur.

Quand on a huit ou quatorze ans, c’est dur de deviner qu’on mal. Et ça n’allait pas mal, au début. Au début on ne pense pas beaucoup, on début ils avaient cet air immortel cloué au visage qu’on donne aux enfants parce que leur sourire est incassable. -- Ce n’était pas facile de se retrouver à dix-neuf ans les bras déglingués. -- C’est comme Andrew ce soir, il est déglingué. Si son petit corps remue, il suffoque, si sa tête bouge d’un quart de centimètre, il suffoque. Elle ne respire pas que dans son imagination, pourtant ils ont tous la tête a être en train de préparer son enterrement. ‘Ne la laissez pas toute seule.’ disent les mains d’Andrew qui s’agitent entre ses coudes, sa peau pâle comme du lait, son visage de porcelaine.

C’est parce qu’Andrew pleure qu’elle sort du monde des morts. Ou plutôt, elle a senti son pouce glisser et saisir un petit bout d’elle. Et sans vraiment penser à quoi que ce soit elle s’est acharnée a être douce, à tourner du bout des doigts contre son bras, elle supporte pas de l’entendre chialer, mais ça veut dire je t'aime. -- non c’est pas ça, c’est qu’il lui fait peur. -- Elizabeth a la bouche pâteuse, les yeux qui piquent et cette sensation de manque. Il a neigé hier aussi. Mais non, idiote on est au mois de Novembre. Qu’est-ce-que t’en sais en fait? T’es probablement morte. La rousse serre ses doigts, pourquoi il pleure, pourquoi? -- Mais non il pleure pas du tout. C’est parce que t’as pas ouvert les yeux, en fait, il fait que se décomposer, doucement, et vraiment, ça te brise le corps en deux. -- T’as mal partout. Pourquoi t’es… là? Qu-Qu’est-ce-que tu fous là?
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Lun 18 Jan - 0:56


C'est quoi un suicide. Quelqu'un qui part, d'autres qui restent. S'il est parti, c'est qu'ça faisait trop mal non ? Et ceux qui restent, ils ont pas mal eux ? C'est d'la merde, voilà, c'est d'la merde parce que y'a toujours quelqu'un pour avoir mal, et venez pas m'dire que tout le monde s'en fout. Ça serait putain d'facile s'il s'en foutait, s'il avait appris la nouvelle de quelqu'un d'autre, s'il s'était dit 'bah, c'est pas trop grave, des gens qui crèvent y'en a partout'. S'il s'était contenté de déposer des fleurs, de parler aux infirmières, de dire, c'est bien dommage, c'est quelqu'un de bien.

Quelqu'un de bien. Evidemment Elizabeth c'est une bonne personne, déjà qu'il y en a pas beaucoup, on va pas encore les regarder se suicider sur les dalles froides de leur salle de bain !

Ça fait mal, très mal. Ça a pas arrêté de faire mal depuis qu'Andrew est allé de travers et s'est dit qu'il arriverait à se débrouiller tout seul. J'ai pas b'soin d'aide, j'ai pas b'soin d'elle. Peut-être qu'elle avait besoin d'aide, peut-être qu'elle avait besoin de lui et qu'il n'était plus là. Il a beau se dire, si seulement elle avait appelé, si seulement elle lui avait dit quelque chose. Si elle lui avait parlé, si elle l'avait laissé l'écouter. Et on a beau lui dire que c'est pas sa faute. Il sait qu'il n'aurait pas décroché. Que son portable aurait vibré contre sa table, qu'il aurait regardé la photo s'afficher et qu'il n'aurait pas pu. Non il n'aurait pas décroché, il n'aurait pas été là.

Sauf que personne lui a dit que c'est pas de sa faute. Personne lui a adressé un mot depuis qu'il a déboulé devant chez elle, si ce n'est les infirmières pour lui dire de s'asseoir et d'attendre. Il est seul, putain d'seul à regarder la fille qu'il aurait peut-être pu sauver. Peut-être. C'est facile de dire peut-être, peut-être qu'elle aurait pas essayé de s'tuer à coups de rasoir s'il avait pas disparu avec les quelques feuilles qu'avaient survécu à la fin de l'automne.

Elle et lui, c'était quelque chose de doux. La première fois qu'ils se sont embrassés, ça avait l'air de rien. C'était deux bouches qui se sont rencontrées sans trop savoir où aller, c'était un peu maladroit, mais c'était doux, si doux qu'il avait pas arrêté d'y penser, et à chaque fois qu'il la voyait dans les couloirs c'était comme si elle était là, juste là – comme s'il n'y avait plus rien entre eux, mais. Souvent, il s'est contenté de détourner le regard. Parce que c'est ça, depuis toujours, du moins depuis qu'Andrew a essayé de se relever tout seul.
Elle et lui, c'est surtout quelque chose d'amer. Ça s'accroche au palais, ça reste à travers la gorge, c'est pas très beau quand il lui parle. Non ça n'a rien de beau et souvent ça fait mal, souvent ça s'est cogné à son crâne encore et encore la nuit quand il essayait de dormir, ça a cramé toutes ses cigarettes quand il arrivait plus à se retenir et que ça lui couvrait le goût, un peu. Ça a brûlé sa gorge plus d'une fois pour qu'il puisse oublier, juste une heure, une petite heure.

Mais c'est ridicule Andrew, c'est qu'une fille.

La fille, elle a ouvert les yeux, et y'avait lui, gosse qui tient sa main depuis des heures. Et il l'a regardée, il a pas arrêté de la regarder parce qu'il voulait pas qu'elle s'éteigne encore une fois. Elle a pleuré, cette fille, et pourtant il a l'impression que c'est moins lourd à porter – ouais, les morts ça pleure pas. Pourtant ça fait putain d'mal, de la voir, de l'entendre. Qu'est ce qu'il fout là ?

Elle et lui, ça a plus été doux depuis qu'il est parti, encore une fois. Et quand il est enfin revenu, qu'il a osé lui faire face une dernière fois, elle était étalée sur le sol, y'avait du sang partout autour d'elle, des gosses qui pleurent, le bruit du film qu'Anaïs et Cliff avaient lancé dans l'autre pièce, mais Andrew, il avait rien entendu de tout ça. Y'avait plus un bruit, même pas un souffle, un battement, rien. Tout s'était arrêté de vivre un instant, une éternité, presque. C'était effrayant. Ça a secoué son corps comme une tornade c'est à peine s'il tenait encore debout.
Quand Elizabeth n'était plus qu'Elizabeth et rien d'autre, ça lui a fait mal. C'était pas un pincement, c'était pas un coup dans la mâchoire, c'était pas des lames qui taillent des veines, ça a simplement fait mal.

Mais quand il est entré chez les Sawyer et qu'il s'est précipité sur les dalles presque rouges, qu'il l'a regardée partir. C'est là que ça a vraiment fait mal. C'était comme s'il allait crever avec, il avait dû poser des yeux agités sur ses poignets plus d'une fois parce qu'ils s'étaient mis à saigner dans sa tête. C'est que, ça n'a rien à voir avec des promesses qu'il n'a jamais tenues, rien à voir avec des appels manqués, des messages lus, laissés sans réponse. Rien à voir avec Elizabeth laissée sans réponse – sans nouvelles, sans excuses, sans remords.

Les remords il les avait sous la peau.

C'est qu'il l'a laissée se tuer.
L'a tuée. Presque.

Je voulais être sûr que tu te réveilles. Que t'ouvres les yeux, que t'aies pas crevé.
Je voulais être là, Elizabeth, je voulais être là pour une fois.
Je voulais pas que tu sois seule.
Je voulais pas partir encore une fois.
Putain Eliz je voulais être là.

Je sais pas. J'me suis dit que. Regarde moi. J'me suis dit que j'te dois biens ça. Pour toutes les fois où t'es venue me voir à l'hôpital.

Je voulais juste être là.
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Jeu 21 Jan - 20:34

Y a un monstre à l’intérieur d’elle, il la fait pousser sur ses doigts, toucher ses poignets; pour essayer de s’faire mal. Il la mange à petites bouchées, il a l’estomac d’un colosse et la patience d’un titan. Elizabeth c’est une fille, rien de plus, ses doigts se sont arrêtés, avec les cris rauques de la bête. Elle a levé les yeux sur le garçon. Il a fait taire la bête. Je suis venue qu’une fois. Sawyer, elle jouait de sa bouche sordide, elle baragouinait, tournait la tête vers lui, ses cheveux l’embêtaient, la retenaient, la stressaient.

Être dans ce lit, c’est être préservé, enfin c’est ce qu’ils croient, mais elle peut pas s’empêcher de penser que dès qu’il sortira, elle réessaiera. La rousse se trahit, parce que son index court le long de ses bandages et à l’instant où il a fermé son clapet, elle a entendu son monstre revenir, comme si la drogue n’était jamais sortie de son système.

Elizabeth connaît la dépendance, sa dépendance à lui, doucement le plafond redevient flou, elle est éblouie à force de l’éviter, son regard bleu-cassé, ses joues allumées sans qu’il s’en aperçoive. Il y a plein de filtres transparents qu’elle peut soulever maintenant, lire les sentiments d’Andrew qui se dresse comme des condoléances aux bords de ses yeux et ses grains de beauté ont l’air de s’enfuir comme s’il pleuvait sur les vitres d’une bagnole. Elle s’en veut.

Faire taire la bête, elle aimerait lui demander de faire taire la bête. -- Mais aujourd’hui c’est un long silence qu’ils partagent au bout de leurs mains crevées, de se tenir, immobiles. -- Elle s’est redressée. C’était soudain, trop forcé. Elle a eu le tournis mais a continué de regarder droit devant, des lignes droites pour ne pas croiser Andrew, ça faisait mal rien que de croiser sa route.

Il est venu. Il est venu. - Elle revoit la baignoire, son alliée fatale, sa lame de rasoir, le sol rouge comme un piment, le monde qui prend des allures de foire, avec les roues qui tournent, la foule qui surplombe le champ entier de sa vision brouillée. Mais toujours Andrew.
C’est pas juste, c’est pas maintenant que tu devais venir, c’était pas pour me voir mourir, pourquoi il fallait que tu te ramènes. Est-ce-que c’était une conclusion logique?

Une fois il lui a écrit, ne pleure pas sans moi, fais pas ça, c’était leurs rares messages normaux, c’étaient les seuls qui ressemblaient à avant, il lui disait que ça allait, que tout allait s’arranger, que c’était rien, qu’on était pas tous fait pour vivre avec quelqu’un jusque quatre-vingt ans, s’isoler dans une minuscule maison, avoir trois enfants, un chien, se parler tous les soirs, s’aimer beaucoup d’autres soirs, continuer. Il a écrit plein d’autres trucs; pourquoi tu comprends pas? Eliz répondait jamais.
C’était elle la gamine, qu’avait pas grandi, qu’en était restée aux promesses, aux belles années, aux premiers baisers échangés, sans se dire que ça pouvait se déchirer, et ça revenait, à chaque fois, elle pouvait pas le sortir de sa tête.

Mais c’était pas Andrew sa bête.
Alors qu’Elizabeth fixe ses bandages, elle en retourne à ses serments, c’est la première fois qu’elle le regarde. Ça va faire bientôt un an. Tue-moi.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [FBPKBT] Little Love   Lun 31 Oct - 23:18


Demain, tout ira mieux.
Demain, on y pensera plus.
Demain, quand le soleil s'lèvera, on sera là, tous les deux, et on se dira que tout ça, c'est du passé.
Tout ça, c'est du passé.
- Dis. Est-ce que... je peux te tenir la main ?

Pourquoi est-ce que les gens se séparent ? Pourquoi ils se murmurent de l'amour à l'oreille si c'est pour partir, ensuite ? Est-ce qu'on part lorsqu'on aime quelqu'un, véritablement, au point où il y a quelque chose qui tiraille, dans la poitrine, quand on pense à lui, à elle, à cette chaleur qui embrasse le corps (non le coeur) lorsqu'on est proche ?
Est-ce que c'est la fatigue ? La fatigue d'être heureux, la peur de n'plus l'être, la peur de perdre la seule chose qui t'fait te sentir un peu plus humain ?

Oh. C'est vrai, oui. Andrew, c'est un gosse, un alien, une moitié d'humain, une moitié de bien seulement. Il sait pas quoi faire, de ses mains déchirées, il sait pas quoi faire de bien alors il fait du mal, aux autres, à lui, à elle. C'est une tempête, inépuisable, elle sait faire que ça, tout avaler, écraser, emporter sur son passage, ça a pas d'conscience, une tempête. C'est beaucoup de mal, pour tout le monde, pour pas grand chose. Il en vaut pas la peine.
Il a beaucoup pensé, à ce qu'il se passerait après. Après que la sensation de chaleur se soit dissipée, parce que c'est comme ça que ça marche, non ? Le bonheur, c'est pas fait pour durer, où y'en aurait pas assez pour tout le monde, tout le monde qui s'en languit, de c'bonheur, qui veut se dire que finalement, ces moments dont ils rêvent tous, ils existent vraiment. Et puis, il a compris qu'il voulait pas y croire, à ça. Ç'a toujours été un rêveur, Andrew, quand il était qu'un gamin il voulait déjà toucher les étoiles du bout des doigts, parce que c'est aussi simple que ça au final.
Il a toujours cru, non il a toujours su qu'il trouverait la bonne personne, celle qui lui montrera toutes ces belles couleurs auxquelles il a jamais goûté encore, car trop jeune, trop seul, très seul.

Cette personne, c'est toi n'est ce pas ? Elizabeth, dis moi, quand tu t'es tranché les veines, tu pensais à quoi ? Quand tu as décidé qu'ça en vaut plus la peine, maintenant, d'vivre. Tu pensais à quelque chose ?
S'il te plait, dis moi, dis moi qu'c'est pas ce que je crois, dis moi qu'c'est un cauchemar, que j'vais me réveiller et que tu seras là. Que tu seras toujours là, que je pourrais te tenir dans mes bras. S'il te plaît, mens s'il le faut, mais j'ai besoin d'savoir, est-ce que notre bonheur à nous, il a vraiment pris fin ?
Est-ce que c'est vraiment fini ?
Pardonne moi.

Tout est allé de travers, tout s'est cassé la gueule, ça fait si longtemps maintenant qu'il s'est dit que le temps, au final, ça change rien. Ça fait toujours mal. Y'a rien qui s'est redressé depuis, que des ruines, des sourires étalés par terre qu'on écrase de semelles fatiguées, des bouts d'joie qui s'envolent avec le vent, y'a que les regrets qui collent à la peau, c'est vrai ça.
Longtemps, Andrew a pensé à revenir. C'est qu'il voulait revoir son visage, ne plus a survoler comme si elle n'était qu'un affreux souvenir, il voulait revoir son visage, quitte à c'que ça fasse mal, que ça le déchire de l'intérieur, qu'il se rende compte de ce qu'il a fait. Il avait peur. C'est égoïste n'est-ce pas ? Il avait peur que ça le blesse davantage. Il avait peur putain il avait peur.
Mais Elizabeth, elle mérite pas ça.
Elizabeth, tu mérites quelqu'un d'bien. Tu mérites qu'on prenne soin d'toi, qu'on aille décrocher la lune pour toi, qu'on reste auprès d'toi, qu'on te tienne, qu'on te dise à quel point t'es belle, à quel point tu rends heureux quelqu'un aussi merdique que moi, putain, Elizabeth, j'ai merdé pas vrai ?
Si j'avais été là j'aurais pu t'aider (j'aurais pu t'sauver).
Elizabeth, tu mérites quelqu'un de bien c'est vrai, et c'est pas moi, c'est vrai, je l'sais, j'ai compris, mais Elizabeth oublie pas s'il te plait. Oublie pas que je t'aime merde.

Le bleu de ses yeux, il est pâle, posé sur ses bandages, à s'faire du mal, elle s'fait du mal, Elizabeth. Silence, il a retiré sa main, il se tient un peu plus droit, un peu plus triste aussi. Et puis, elle l'a regardé. Une (presque)morte, sa voix est aussi faible que ses doigts qui tremblent à nouveau contre le tissu de l'espèce de pantalon qu'on lui a donné, il y a plus grand chose qui marche chez ce gosse. La machine disjoncte, il a les océans qui se remplissent, il pleut, ça s'agite, c'est comme si tout allait se déverser sur ce pauvre lit d'hôpital.
(Je veux pas savoir pourquoi.)
(Je veux pas.)

Ses dents qui s'enfoncent dans la peau sèche de sa lèvre, même sa mâchoire frémit, c'est là que ça l'frappe, qu'il réalise ce qu'il vient de perdre.
S'il te plait. Eliz. S'il te plait. Dis moi que t'as regretté, quand tu t'es-... Dis moi que t'as plus voulu partir.
Je t'en supplie.
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