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 [CLIFFAÏS] Can't feel my face

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Everniss
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MessageSujet: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Mar 8 Sep - 1:44

Son père était flic. Il perturbait sans doute la ligne à rester scotché au combiné du fixe en attendant Anaïs qui finissait de bouffer - mais eh, qui ça dérangeait, il était jamais là, leur “figure paternelle”. Elizabeth risquait pas de faire du bruit, elle était cloîtrée dans sa chambre depuis la fin des cours pour cause de syndrome de la fille obsédée par sa première année de fac (et oui c’était comme une zone de quarantaine, fallait pas entrer, sauf si le couloir, ou le chien prenaient feu.) Ils avaient pas de chien. Elizabeth était allumée. C’est pour ça qu’il préférait la sœur de son copain, Andrew, ouais c’était de suite moins dangereux. Anaïs était pas flippante. Elle était… normale. C’était le mot. Normal.

T'es un fumier quand tu t'y mets Sawyer. Cliff était branché sur un de ces jeux rétro en ligne où y a deux équipes, à chatter avec Dylan, qui faisait du judo dans son club et se goinfrait de tortillas en l’insultant à la caméra, ce qui laissait à Cliff toute la plénitude du monde, entre l’absence de l’autre et l’accent americano-mexicain incompréhensible de Dylan. Dernièrement Cliff était relativement tranquille, il venait de fêter son quinzième anniversaire et son père avait oublié de regarder son bulletin. Cela dit Eliz avait incliné la tête, dubitative avant d’abandonner parce que: Il était pas idiot, il était juste pas en cours. Elle lui avait offert une deuxième manette pour jouer avec “ses copains” et il avait rigolé. Son copain c’était Ana. La fille normale.

La friture s’installa au creux du téléphone et puis le brun se gratta le crâne sur le moment en retirant son casque pour vérifier que c’était pas une hallucination auditive mais bien des cris de truie qu’on égorgeait en fond. Heu Dylan j’vais te laisser j’crois.

Quand ça tournait épineux chez les Cunningham, Cliff réfléchissait pas vraiment. Il manquerait pas à grand monde ce soir et, il voulait pas passer le lendemain à écouter Anaïs débiter mot sur mot la dispute du couple le moins fiable du quartier. Vous voyez ils aimaient se gueuler dessus et pour Cliff, c’était un signal: soirée pyjama improvisée d’urgence. Elle allait pas tarder à faire comme si de rien n’était en reprenant le téléphone en mains. Dylan disait “qu’il était gay pour Anaïs” et Cliff lui déboîtait l’épaule. Littéralement.

Mais dix minutes plus tard, il se glissait avec des rations de sucre par la fenêtre d’Anaïs. Cette idiote fermait jamais.

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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Dim 20 Sep - 23:05


Il est vingt heures trente-sept et il y a une femme aux cheveux joliment attachés en arrière qui quitte la table alors que son repas est à peine entamé, lâchant des paroles incompréhensibles car à moitié murmurées et. En fait, cette femme c'est la mère d'Anaïs. Mme Cunningham, enfin, la quarantaine, de petite taille et pas un seul cheveux gris en raison de ses nombreux passages chez le coiffeur, les gens du quartier ne la voient pas très souvent mais on en parle toujours. ( elle adore qu'on parle d'elle, même si c'est pour se plaindre de ses airs trop pompeux ou de sa voix grinçante ) Elle a toujours cette expression sérieuse plaquée au visage, au point où son coiffeur ne lui sert plus à rien quand il s'agit de camoufler ses premières rides.

Maintenant, c'est son père qui repose sa fourchette et se met à hausser le ton. Vous savez, il a un tempérament beaucoup plus calme que sa femme. De l'extérieur on pourrait penser que c'est elle aux commandes, mais le problème avec leur couple, c'est qu'ils ne peuvent jamais se mettre d'accord. Parfois Anaïs se demande pourquoi ils sont toujours ensemble après tout ce temps mais elle se souvient que sa mère ne divorcerait jamais, si ce n'est que pour préserver son image ( oui elle est ridicule ).

Tout ça c'était ridicule. Ils ne mangent pas très souvent tous les quatre et pourtant, comme la prière en début de repas, il y a la dispute à la fin, c'est un enchaînement presque logique quand on confronte leurs deux caractères, ils ne l'évitent que très rarement à vrai dire. Andrew, on a dû le forcer à descendre, et encore il ne mange pas. Et plus ça s'agite, plus elle essaie de capter son regard, mais il faut croire que les voix qui s'arrachent l'intéressent moins que son bout de viande, en tout cas elle ne le voit plus ces derniers temps. Même le dogue est parti se cacher dans un coin du salon.
Elle a un sursaut quand sa mère apparaît à sa droite pour prendre son assiette alors qu'elle n'avait pas terminé, elle la suit du regard jusqu'en cuisine, où elle l'imagine jeter la nourriture rageusement dans la poubelle.

Bon. Ils en sont arrivés aux vieux reproches qui datent d'avant sa naissance et elle décide que de toute façon, elle n'avait plus faim, et qu'elle ferait mieux de quitter la table avant qu'ils se mettent à se jeter des assiettes ( ce n'était arrivé que deux ou trois fois mais elle n'en garde pas très bon souvenir, parfois elle se dit que sa mère le fait exprès parce qu'elle veut changer de vaisselle ). De toute manière, Cliff attendait.
Alors quand son père a fini par se lever pour continuer à gueuler dans la cuisine, elle en profite pour se lever, jette un dernier regard à Andrew qui ne semble pas avoir remarqué que tout le monde a quitté la table, et disparaît dans le couloir.

C'est le genre de situations qu'elle déteste. Ils se voient quasiment pas et ils trouvent quand même le moyen de s'énerver l'un contre l'autre pour pas grand-chose au final. Et le pire, c'est que c'est toujours la même chose. Elle aurait dû s'en douter, en fait, elle se serait réchauffé un bout de la pizza aux anchois qu'elle avait commandé la veille et elle serait remontée dans sa chambre. Et puis, elle a encore faim au final.
Alors quand elle ouvre sa porte et qu'elle voit Cliff, debout dans un coin de sa chambre, les yeux rivés sur l'armoire où elle avait plaqué quelques photos, elle n'est pas vraiment surprise, en fait elle secoue la tête. Un jour tu vas glisser et pendant qu'on te conduira à l'hôpital, je devrai expliquer à ma mère pourquoi un des Sawyer a essayé de grimper à ma fenêtre passé vingt heures. Elle sait pourquoi il est là. Intérieurement ça la fait sourire mais elle ferme simplement sa porte avant de raccrocher son téléphone, toujours en train d'appeler, eh bien, Cliff. Ils me saoulent, elle soupire simplement avant de se laisser tomber sur son lit.
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Everniss
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Mer 23 Sep - 0:04

Les couples en pleine dispute, ça c’était une chimère pour Cliff Sawyer. Lui c’était un peu le gosse qu’on avait planqué longtemps dans un placard comme le fils du facteur, et doucement il s’était ouvert au monde. Puis, avec Cliff ça ne fonctionnait pas bien, les autres, il les regardait d’un air vide d’une quelconque empathie. Cette dispute, était le début d’un très long mécanisme d’adaptation, auquel il décida de renoncer très vite. D’abord parce que, si le silence s’entrecoupait d’une longue tirade du père ou de la mère, il restait Cliff derrière cette porte qui passait pour un étranger. Un voyageur clandestin, descendu sur le mauvais quai. Il avait planté ses écouteurs immédiatement, écoutait un style alternatif assez anarchique où les choristes hurlaient déjà mieux que Madame Cunningham. En y repensant, d’ailleurs, ce n’était pas la première fois.

Ensuite, Anaïs. Il ne pouvait pas se justifier concernant la brune. C’était son amie, sa seule amie. Cliff s’était en quelque sorte “adapté”, mais pas exactement comme s’y prendrait un garçon de quinze ans, qui s’intéresse un minimum aux filles. AnaÏs était devenue très vite “Ana”, c’était plus court, une syllabe de moins à prononcer, un regard de moins aussi, car ils n’étaient pas des rois de l’échange visuel tous les deux. Plus des compagnons de silence. Oui, exactement, se voir pour eux, c’était jouer au Roi du Silence, en s’accordant quelques bonus: par exemple les jeux vidéos, ils en profitaient au volume 12. Alors on entendait les princesses ancestrales de leur partie de Mortal Kombat gémir pitoyablement, et parfois l’un des deux pouffait, ou grognait.

Deux animaux qui se supportaient disons. Mais…. pas ce soir. Ce soir il prit le temps d’éteindre son ipod, il leva les yeux au plafond, rien. Il jeta un regard en coin au lit, une peluche maximum, quelques crayons sur le bureau, des photos un peu partout, un vieux mobile pendu entre deux poutres. ( cette chambre lui rappelait Elizabeth. Sa sœur, sa fierté, ou plutôt l’alien qu’il n’avait pas croisée depuis une semaine. Parfois il se risquait à approcher la porte, mais il entendait la chaise, ou le parquet couiner, et puis il s’en retournait à sa console. Deux jours avant, Cliff a crié à Elizabeth “Il s’est passé un TRUC?” et puis, elle s’était décidée à sortir, un plaid sur les épaules, et un pull bizarre avec un ananas dessus sur le dos “Rien pourquoi?” et puis il avait deviné, à ses yeux rouges et son petit mouvement pas discret du sourcil qu’elle avait rompu avec le gars bizarre qui lui servait d’oreiller humain. Enfin, il pensait qu’il servait d’oreiller humain: Andrew. Frère d’Ana. ) Vous voyez maintenant, le schéma compliqué qui se forme devant lui, lui, qui n’a pas une seule fois en quatre ans, ouvert un seul livre de maths! Confronté à un tel problème!

Il décida d’adresser la parole à Anaïs Cunningham, ce soir. Il avait sans doute, cet élan d’humanité qu’on ne lui connaissait pas vraiment. Ils nous utiliseraient comme argument de contre-attaque, pour leur dispute ultime, et au divorce, je serai un motif de garde exclusive par l’un ou par l’autre. “Vous laissez votre enfant dormir avec un individu de sexe masculin!” Cliff s’était laissé tomber à côté de la fille, la fille qui s’était tue. Il venait de réaliser n’avoir pas été très subtil, mais ce n’était pas son truc, alors il tourna la tête, et la dévisagea.Tu veux qu’on se dispute? C’est une sorte de psychologie inversée, soigner le mal par le mal? Ou alors je te tripote, mais ça je suis pas chaud-chaud. Comme t'es un mec, lâcha Cliff dans un sourire, seule chose qu'il faisait approximativement bien.

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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Dim 27 Sep - 19:37

Cliff, c'est le petit frère d'Elizabeth. La copine du garçon aux pantalons à carreaux, enfin, son frère, celui qui ne semble plus très enthousiaste à l'idée de sortir de sa chambre ces derniers temps. Ou alors il disparaît pendant quelques jours et on ne sait pas dans quel coin de l'île il est allé se perdre, en tout cas les fois où elle avait essayé d'en savoir plus, il avait dit que c'était la fatigue et puis c'est vrai que les cernes sous ses yeux clairs tranchent plus que d'habitude.
Voilà, le truc c'est que Cliff, c'est le frère de la rousse avec laquelle il sort et parfois c'est un peu gênant de se dire qu'au moment même où ils martelaient les boutons de leurs manettes, les deux autres étaient en train de faire des choses un peu ridicules que les gens font quand ils sont en couple. Se tenir la main dans les rues, se donner des surnoms mignons et puis s'embrasser devant le coucher de soleil parce qu'elle sait très bien qu'Andrew aime quand c'est cliché. Oui c'est gênant quand elle l'accompagne chez sa copine parce qu'elle habite au même endroit que son partenaire de jeux vidéos  ou simplement son partenaire de silence. En fait, elle préfère largement jouer à la console parce qu'elle ne se sent pas obligée d'engager la conversation.

Les conversations avec Cliff, c'est des échanges pas très dignes des romans pour adolescents qu'elle a lu et rangé aussitôt dans un coin de sa chambre, elle a déjà remarqué que ça a l'air beaucoup plus facile sur papier que ça ne l'est dans la vraie vie. Ça a l'air de venir très naturellement et puis ils ne se contentent jamais vraiment du silence, dans le pire des cas ils s'embrassent pour faire passer le temps.
Parce que oui ils aiment bien s'embrasser dans les bouquins. A croire que c'est une constante chez les adolescents de se galocher entre eux jusqu'à ce qu'ils se rendent compte qu'il faut respirer aussi de temps en temps. Parfois elle se demande s'il y a un truc qui cloche chez elle ou si c'est les auteurs qui idéalisent la vie des collégiens/lycéens parce que la sienne se limite à ses devoirs, quelques soirées pyjama avec ses amies et les après midi passées avec Cliff.
Et puis elle se souvient que c'est de la fiction et que même si la plupart des filles de sa classe avaient déjà eu un copain, ça n'avait jamais assez duré pour que ça soit digne d'une trilogie romantique.

Donc au final, c'est plutôt pas mal comme ça, même s'il y en a toujours quelques unes pour lui demander ce qu'il y a entre elle et ce garçon, là, celui aux boucles brunes. Alors il faut bien qu'elle rigole, parce qu'à part une poignée de pixels et des paquets de chips, pas grand-chose. De toute manière, et il n'y a pas d'amertume dans ces mots, Cliff ne la considère pas de cette manière mais plutôt comme il considèrerait son meilleur pote. Oui, voilà, il ne la tripoterait pas parce qu'elle est un mec et qu'il ne tripote pas les mecs. C'est dommage. Il n'a jamais été très doué avec sa parole et Anaïs, elle s'y était habituée, n'ayant pas d'autre choix, ça avait fini par la lasser de s'énerver contre ses maladresses. Et puis, ses parents ne divorceraient pas, et ils ne se tripoteraient pas. J'aimais bien l'idée moi. Elle lui rend son sourire, comme il a l'air particulièrement bavard ce soir-là, ce qui est plutôt rare, peut être qu'il s'est dit que ça serait un bon moyen de couvrir le bruit de fond, enfin les cris des deux adultes. Avoue, c'est juste que t'aurais pas supporté que ça soit moi au dessus.

Voilà, une poignée de pixels, des paquets de chips et puis des discussions occasionnelles qui ne sont vraiment pas dignes des romans pour adolescents.
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Jeu 1 Oct - 0:18

Cliff c’est le gamin qu’on regarde pas trop. Enfin c’est peut-être les mèches de mouton noir négligées qui lui tombent dans les yeux, depuis le temps il a dû se faire une réputation de gothique décérébré. Mais pas vraiment, puisqu’il est doué pour jouer Casper dans les couloirs, c’est pas quelqu’un de très drôle ( et y a que les filles pour aimer son sourire alors. ) C’est vrai vous avez déjà vu Dylan fondre devant ce sourire digne des plus grandes séries américaines? Car c’est tout ce qu’il pouvait voler au stéréotype plastique du ken, au-delà, Cliff, il était calme. Calme comme la mer, tôt le matin, et calme, au milieu d’une maison-tornade, celle des Cunningham. Non enfin, je m’en fous c’était pour couvrir leurs hurlements.

Il semblait s’exercer à la pratique difficile de l’indifférence spontanée: oui tout le monde gueule derrière cette porte, et oui, on parle de se peloter pour passer le temps, mais gardons l’air le plus plat possible pour faire retomber la vague. La proximité avec eux, c’était tout à fait relatif, ils ne s’adressaient pas la parole en cours, à raison d’avoir une année de différence, mais il ne rechignait pas quand le paquet de super crunch crackers était à côté de son corps de fille, et il se redressait pour la dépasser. Y avait ses cheveux de fille qui tombaient au bord de son visage en cascade, on aurait dit la sirène qui sert de boss au niveau le plus élevé de Donjons & Dragons: L’Atlantide Edition. A ce moment-là il se rappela les paroles sages de Dylan et fit volte-face, gobant les crackers, attrapant pitoyablement la manette.

Non il n’était pas gay. Non il n’était pas gay puisque c’était une fille! Vous savez, Cliff se désespérait des humains qui paniquaient autour de questions aussi débiles, mais il se les posaient quand même, à croire qu’il était humain lui-même. En fait sa plus grande préoccupation était de savoir s’ils auraient assez de merdes alimentaires pour tenir toute la nuit. Généralement il s’endormait un peu après Anaïs, mais ça ne voulait pas dire, ARRÊTEZ IMMÉDIATEMENT, qu’il l’a regarda une seule fois dormir les fois passées.

Parce que c’était pas un de ces trucs clichés ou les deux personnages tombent subitement amoureux…. eux c’était bizarre. Super bizarre dans le genre, à se dessiner des trucs sur les bras toute la soirée et, en retournant en cours ils étaient obligés de mettre des manches longues. Le pire c’est que ça plaisait à Cliff, parce qu’Anaïs était vachement plus pratique que ses autres potes: elle faisait pas chier. Elle était normale. Normale et… bizarre.

Voilà, tout le problème, ce n’était pas… qu’il soit gay pour Anaïs Cunningham, mais plutôt, qu’il soit un gros con avec Anaïs Cunningham. Ce soir c’était le plus bizarre des soirs, et il sait qu’avant celui-ci, tous les autres étaient relativement normaux. Ils jouaient ensemble à un jeu d’horreur qui ne faisait ciller ni l’un, ni l’autre ( la dispute dans le salon étant encore plus terrifiante. ) Et c’est là qu’il mit le jeu en pause, après un screamer tout à fait prévisible, à la réflexion que, oui ça l’aurait dérangé d’être en dessous. Tu penses que je suis bizarre?

Puis quand il parlait, il avait ce timbre doux et ralentissant qui caressait les épaules des gens, mais ça, le cliché de roman pour adolescent, on connaissait, et puis, il étaient toujours séparés par de la bouffe en sachet de toute manière. T’as déjà eu un copain?

Mais vraiment, il était incapable depuis son plus jeune âge, de mener une conversation un tant soit peu cohérente.

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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Dim 11 Oct - 0:24


Non Anaïs Cunningham n'est pas quelqu'un d'amer et encore moins quand il s'agit de Cliff. Parfois il l'appelle « gars » et elle a un moment d'hésitation avant de se rendre compte qu'il n'y a personne autour et que c'est juste Cliff qui la prend pour un de ses potes de jeux vidéos. - En fait c'est à peu près tout ce qu'elle est, à l'exception du pénis, mais ça il ne semble pas prêt à l'accepter.

Dans sa classe, il y a cette fille, Samantha ( elle préfère qu'on l'appelle Sam ). Elle a toujours ce sweatshirt trop grand avec le logo du MMORPG auquel elle joue tous les soirs jusqu'à deux heures du matin, un vieux jean délavé par le temps et des grosses baskets qu'elle garde pour les cours de sport. En fait elle est plutôt jolie mais la plupart des filles font un grand cercle autour d'elle et dans les toilettes, elles aiment parler de ses cheveux courts et de ses grandes lunettes, ou même de ses amis qui sont exclusivement du sexe opposé. A midi elle mange toujours avec ces trois garçons, et ils n'ont pas l'air de la trouver bizarre, au contraire ils rigolent avec elle autant qu'ils rigoleraient avec quelqu'un d'autre. Il y en a même un qui est amoureux d'elle, et ça malgré son trop grand sweatshirt, ses cheveux courts ou le fait que même Anaïs l'ait prise pour un garçon le premier jour.

Mais Cliff n'est pas amoureux d'Anaïs. La vérité c'est qu'il aime les vraies filles, pas les moitiés de fille comme elle, et elle ne sait toujours pas ce qu'elle fait de travers pour ne pas être considérée de la même manière que les autres, après tout elle est plutôt normale.
Quoi, évidemment qu'elle n'est pas amère arrêtez un peu.

C'est juste qu'elle ne le comprend pas toujours. De toute manière les Sawyer sont pire que la 421ième énigme du dernier professeur Layton, et si elle a déjà eu du mal à cerner Elizabeth, ça n'a vraiment rien à voir avec celui qui s'amuse à escalader la façade de sa maison quand il est tard. Honnêtement? Parfois elle a l'impression de le saisir, mais Cliff est pire que ses exercices de maths et elle a fini par abandonner l'idée qu'il remarque qu'elle a arrêté de le fixer bizarrement pendant qu'il se concentre sur son jeu débile. Oui. Anaïs a toujours pensé que Cliff est bizarre mais ça ne la dérange pas. Elle l'aime plutôt bien comme ça.

C'est quoi cette question encore? Sa main plonge dans le sachet et elle en ressort une poignée de chips excessivement salées. Il mettait rarement le jeu en pause pour parler, alors ignorer ses indiscrétions à peine embarrassantes en reprenant la partie n'est pas une solution envisageable, c'est dommage parce que de toute manière la réponse était non. C'est dur de se trouver un copain alors que la seule personne à peu près intéressante la prenait pour un mec.

Non, Anaïs Cunningham n'est définitivement pas quelqu'un d'amer, et encore moins quand il s'agit de Cliff.
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Lun 12 Oct - 1:04

Un jour Anaïs l'a croisé dans le couloir du collège et sans se l'expliquer, il est passé à côté d'elle comme s'il n'avait rien vu. Même pas la fille avec laquelle il partageait des hobbies bizarres en l'apostrophant de surnoms pas moins bizarres. Cliff se mettait pas dans la case petit ado obnubilé par la vie des autres et pourtant il n'assumait pas que peut-être il se soit fait une amie. Quelqu'un qu'il ne fixait pas avec des yeux vides, à qui il portait un intérêt suffisant. Il pouvait dire que leur relation prenait un tournant different des autres car la plupart de ses potes le jugeaient salement. Par salement je veux dire rouler des yeux quand ils se font des longs regards suggestifs qui disent « c'est pas vrai on est pas gay l'un pour l'autre et oui en effet Anaïs est un homme, remettez vous. » Alors il ne veut pas vraiment briser le silence quand elle admet que oui, il est étrange et il était soulagé que quelqu'un soit honnête avec lui. C'est ce qu'il y avait de sympa avec Anaïs Cunningham, vous ne vous demandiez pas si elle vous cachait des choses parce qu'elle avait cette étrange habilité qui l'empêchait de débiter trop de mensonges en une seule journée. Aussi il aimait son odeur, ce qui maintenant qu'il y songeait le rendait davantage flippant dans ses heures les plus sombres. Il additionnait les avantages de l'amitié fille/garçon. En revanche et c'est là qu'il bloque... Cliff revenait encore et encore aux remarques appuyées de Dylan sur l'attention qu'ils se portaient tous les deux à l'heure âge.

Alors oui, c'est vrai que leur amitié déchantait un peu sur le tard, parce que dernièrement il s'était intéressé de près à une de ses copines quand Anaïs était la fille qu'il rejoignait le soir. Oui, Cliff connaissait les besoins naturel d'un adolescent lambda et, non il ne le vivait pas très bien. Ça faisait plusieurs semaines déjà qu'il pensait à déserter son poste d'élève inutile pour s'aventurer dans le vide de l'enfer des adultes. Il se disait qu'il pourrait se teindre les cheveux, se faire percer les oreilles. Passer pour quelqu'un d'autre, quelqu'un qu'a pas peur de déplaire, d'être ailleurs et là en même temps. Il s'était redressé, avait mis le jeu en pause sans savoir quoi faire d'autre, s'était traîné assez pour rejoindre la fille au bout de son lit et il s'était penché. Penché suffisamment pour se retrouvé en tête-à-tête avec le dessous du lit, son pendentif dans la bouche.

C'était la première fois qu'il se demandait pourquoi il parlait de ça avec elle. Ils n'avaient pas grand chose en commun sinon des frères et sœurs débiles qui sortaient ensemble et des manettes assorties qui leur donnaient des faux airs de couple. Il se souvient d'Elizabeth qui divaguait et lui sortait quelques bons arguments concernant Anaïs et combien il avait l'air calme depuis qu'il traînait avec elle. Mais vraiment il n'aimait pas qu'on se mêle de ses affaires, il voulait faire comme il l'entendait.

Que ce soit bizarre ou non. Il s'était redressé, rattrapant maladroitement son collier, un bras couvrait à moitié son visage et ses yeux roulaient lentement vers elle. Anaïs était jolie. C'est juste. Que eux deux c'était spécial. Cliff restait caché derrière la manche de son pull, en silence il la regardait et il s'en foutait que l'écran figé la mette mal-à-l'aise. Je sais pas trop comment je prendrais les choses. Si tu sortais avec quelqu'un.
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Dim 18 Oct - 21:37


Leurs soirées jeux-vidéo se déroulent toujours de la même manière, d'habitude. Il y en a un pour amener une ration d'« exhausteurs de goût en paquets » comme dirait son père, et l'autre pour préparer la console avec les mêmes jeux que la dernière fois. Parfois ils s'échangent quelques paroles au sujet de la nouvelle version du RPG japonais et de ses personnages trop dévêtus mais les voix finissent toujours par s'éteindre pour laisser la bande son prendre le dessus sur le silence. Oui le silence a fini par devenir rassurant au fil du temps et maintenant, Anaïs aimerait qu'il n'y ait que lui pour leur tenir compagnie, or Cliff n'est pas comme d'habitude aujourd'hui, en fait rien n'est comme d'habitude si ce n'est que les cris des personnes enragées dans son salon, parce que ces personnes s'aiment à se hurler dessus le samedi soir, peut être que finalement, ça les amuse plus qu'autre chose.

Anaïs ne s'amuse plus. Il a mis le jeu en pause et elle entend plus que ses parents et ses pas se traîner jusque son lit. Cliff ne met jamais le jeu en pause pour lui parler, en général il garde le regard rivé sur l'écran et tant mieux parce que ça l'aurait mise mal à l'aise.
Oui en fait c'est ridicule mais Anaïs a perdu un peu de son aise autour de Cliff ces derniers temps et elle ne sait même pas pourquoi. Parfois, elle l'évite dans les couloirs ou alors elle hésite avant de répondre à son appel, et pour une raison obscure, elle ne le considère plus vraiment de la même manière. D'accord, ses amies trouvent ça plutôt drôle d'appeler ça de l'amour mais non, elle n'est pas d'accord, elle n'est pas tombée amoureuse de son meilleur ami.

C'est pour cela qu'elle n'aurait pas dû hésiter à copier/coller son numéro à Lucy, qui le lui avait demandé un soir. C'est vrai qu'elle avait tendance à le regarder quelques secondes de plus que ses autres amies mais eh, il n'y a pas mort d'homme, pourquoi elle s'inquièterait ?
S'inquiéter pour quoi de toute manière, Anaïs n'est pas amoureuse de Cliff c'est ridicule. Mais un matin elle était venue et il y avait quelque chose de différent chez elle, elle ne savait pas quoi mais quelque chose avait changé. Et puis elle n'a pas eu le temps de réfléchir que Lucy lui avait souri et s'était penchée vers elle pour lui chuchoter à l'oreille qu'elle l'avait fait.

Et elle a eu droit à tous les détails.
Détails qu'Anaïs n'a jamais demandé et ne voulait en aucun cas savoir mais maintenant elle sait. Des choses sans importances plutôt embarrassantes et elle s'était sentie comme dans un mauvais bouquin qui n'a pas saisi la notion de triangle amoureux. En fait ce n'est même pas un triangle c'est un gros bordel. Dans sa tête du moins, parce que Cliff n'a pas l'air plus affecté que ça. Qu'est ce que ça changerait ?

Pas grand-chose, n'est ce pas ? Comme ça ne changerait rien s'il sortait avec quelqu'un. C'est vrai, elle s'en remettrait, elle est bien trop jeune pour vouloir passer ses soirées à se cacher sous ses couvertures avec quelques peluches et son mp4 rempli de musiques tristes, en fait ça ne l'affecterait pas tant que ça. Peut-être bien que ses sentiments d'amitié pour Cliff ont commencé à se muter en quelque chose de plus délicat encore mais ce n'est rien d'insupportable et avec le temps ça finirait bien par s'estomper. Parce que Cliff est son ami et rien d'autre.

Le jour où Lucy lui avait avoué qu'elle avait couché avec son meilleur ami, Anaïs a ressenti quelque chose de désagréable dans sa poitrine sans trop savoir dire ce que ça lui faisait exactement que d'apprendre que son amie la plus proche avait décidé de perdre sa virginité avec le seul garçon auquel elle faisait confiance. Elle lui fait toujours confiance mais pas de la même manière. Elle ne le regarde plus de la même manière et il ne s'en est pas rendu compte, même s'il a mis le jeu en pause. Tant que je sors pas avec ton meilleur pote, ça devrait t'être plutôt égal non ? Evidemment il ne lui avait rien dit.
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Lun 19 Oct - 0:22

Il aurait toujours ce goût malsain pour l’expérience - ou ce que ça fait quand une fille joue de ses jolis doigts au bord de son épaule en tirant sur le col d’un tshirt au message bizarre… Mais eh, elle s’en foutait Lucy, non? - Bien sûr qu’il savait que ça s’en foutait pas à cet âge, même si ses paupières partaient en vrille quand elle le regardait en face et ses joues… ah ses joues ça finissait de toutes les couleurs, c’était cramoisi, presque. C’était impressionnant, elle ne savait pas l’toucher. Lucy c’était maladroit, c’était pas comme une danse le long de son bras, ça piquait mais, il se contentait de répondre avec son sourire de con, son petit atout mineur qui fait flancher les filles et grogner les garçons. Cliff aimait s’jouer de tout le monde, une époque comme ça avec lui, qui enlace à tous les coups, et pour une fois, il était doué.

( Alors si, elle aussi, se mettait à espérer. ) Non il ne pensait pas ça. Pas Anaïs. Ce serait une apocalypse, une grande perte, le déluge, la fin d’une époque inavouée victorieuse. Anaïs et ses yeux de chat. Son rire de tendre, ses petites mains vernies en noir. Anaïs. Il pouvait peindre Ana rien qu’avec des mots, il l’aurait planquée dans une boîte s’il possédait déjà ce bout de lui-même obsessionnel et puis mauvais. Mais elle avait ouvert la bouche. Fallait qu’elle soit comme sa sœur, que ce soit bourré de sous-entendus maladifs. Ouais toutes les deux, elles pouvaient pas s’en empêcher. Il se tairait pas tout de suite, ses boucles de jais s’agitaient entre le vide et son regard occupé ailleurs sur l’écran. Cliff voudrait finir sa partie et dormir, être un de ceux qui comatent vite, qui disparaissent au profit de leurs rêves.

Cela dit Cliff l’avait pas crié sur les toits, ça avait été assez étrange pour cette nuit-là de. Se planquer chez lui avec Lucy, qu’il connait pas tellement. En plus quand ils l’ont fait, à un moment, il a imaginé Anaïs.
Putain c’était horrible. ( Il espérait, qu’elle soit vraiment pas au courant. ) Sawyer passe une main entre ses mèches, et ses ongles s’emmêlent à des problèmes existentiels. Quel connard, ah mais quel connard! Il préférait pas en parler, il y arriverait pas: pourquoi il lui disait ça? En quoi ça le préoccupait de toute façon de la teub qu’elle choisirait à la fin, qu’est-ce-qu’il pouvait y changer. Oh si ça s’trouve, Ana, pour toi ce sera une fille. Et je te souhaite pas de t’exciter à moitié sur une inconnue, à moitié sur celle plantée au milieu de ton matelas, qui te rend instable et imbuvable. ...Mon meilleur pote c’est- Il s’est arrêté parce que c’était dégueulasse et s’il y repensait à deux fois, il se vomirait probablement dessus à l’heure qu’il est. Toi Ana. T’es bizarre. Cliff avait repris le contrôle avec sa manette, mais, ses doigts avaient glissé au bord des cheveux d’la brune, il savait… plus trop pourquoi il avait besoin de contact. Un truc pas brutal mais normal. Anaïs… et lui, Anaïs, c’était quoi. Ou qui. Qu’est-ce-que ça lui faisait qu’ils se mettent à sortir avec des gens… tout ça, ça ressemblait à rien. Le sexe, les prénoms de ses amies, tout ça, sans aucun ordre, en total bordel, ça le rassurait. Oui, c’était comme lui tout ça. C’était plutôt nul. Il lui parlait comme s’il écrivait un sms, c’était pire. J’sais pas, mais ça marche pas avec les autres. Tout s’casse la gueule Anaïs. Pas toi. Donc t'es bizarre. Je- Non bien sûr tu l'aimes pas ferme ta gueule un peu.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Dim 22 Nov - 17:00


Je parlais de Dylan. Elle a soupiré et levé les yeux au ciel parce qu'évidemment c'est pas ce qu'elle voulait dire. Au final elle ne sait même pas ce qu'elle voulait dire, ça ressemblait plus à une tentative ridicule de lui faire comprendre que, oui, elle sait – si elle a l'air vexée c'est seulement parce qu'il aurait pu la prévenir, lui envoyer un sms pour dire « Salut je suis sur le point de coucher avec Lucy, et euh, elle te passe le bonjour. Bref on se voit demain soir, à plus. » enfin, je sais pas, faire quelque chose. D'habitude entre 'meilleurs potes' ( et Anaïs a finalement compris qu'il n'est pas prêt d'utiliser le bon pronom en parlant d'elle ) ça finit toujours par discuter des exploits sexuels de chacun alors pourquoi il a passé ça sous silence, hein Cliff, pourquoi ?

D'accord. D'accord, elle a découvert dans un moment de faiblesse que oui, elle avait beaucoup de mal à accepter qu'il puisse s'intéresser à une autre fille qu'à elle, même si son intérêt s'était limité à quelques parties de jeux vidéos et des mouvements fatigués de la main, quand ils se croisaient à l'école, éventuellement. Elle avait mis ça sur le compte d'une confusion de jeune adolescente à peine influencée par les attentes d'à peu près tout le monde, et si Cliff avait jusqu'à présent été le seul être humain à la rassurer un minimum, elle se retrouve à présent seule face à ce qu'il y a de plus effrayant dans sa vie, à savoir : tout ( oui à cet âge elle est très anxieuse il faut pas lui en vouloir ). Et puis il y a ces petites merdes, pardon, des sentiments indésirables, qui l'empêchent parfois de regarder Cliff dans les yeux alors que ça l'a toujours calmé, ses yeux. Ils sont beaux c'est vrai. — Mais Cliff, sache que tu peux t'envoyer en l'air avec n'importe qui ça m'est bien égal, tant que tu t'éclates et que tu chopes pas le SIDA ou une connerie du style.

Alors oui, peut être qu'elle s'est sentie un peu mieux lorsqu'il lui a dit que c'était nul, mais c'est bête tout ça et ça finira bien par passer. Elle ne compte absolument pas rire au visage de Lucy lundi prochain, non. Tu ?

Elle aurait jamais pensé que ce genre de choses arrivent en vrai, parce que même dans les livres les gens finissent par tomber amoureux de la bonne personne. Ils tombent pas amoureux de leur meilleur ami, ou alors, ledit meilleur ami ne se trompe pas constamment sur la sexualité de l'autre personne ( heureusement, Anaïs n'y fait plus vraiment attention maintenant ). En tout cas ça a l'air bien plus facile que la réalité.
La réalité, ça a été la douche froide pour Anaïs, c'était comme verser du jus de citron sur une plaie, ou tomber du dernier étage d'un immeuble et sentir tous ses os se briser sous l'impact, sauf qu'elle a rien d'cassé, Anaïs, elle est juste un peu amère.

Tu quoi? Il est plutôt gentil ce soir, Cliff. Elle ne sait pas si c'est à cause de ses parents qui n'ont toujours pas arrêté de hurler, ou juste parce qu'il a remarqué que ça lui est resté au travers de la gorge, ce qu'il s'est passé avec Lucy ( en fait elle en voulait surtout à la blonde qui, contrairement à Cliff, savait très bien pour Anaïs ). Non en fait tu sais quoi ? T'aurais dû essayer avec Emily. J'suis sûre que ç'aurait été un meilleur coup. Elle réfléchit un instant avant de reprendre. Tu veux son numéro ?
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Mer 2 Déc - 22:45

Dylan? Il t'intéresse? Peut-être qu’il était trop petit, ou trop grand pour se foutre de tout. Puis, il débarquait d’un monde où ça s’était effondré et, maintenant dès que ses yeux se posaient quelque part, c’était… oui c’était comme si ça n’allait pas marcher. Cliff détourna les yeux et y avait la chambre d’une fille qu’il ne connaissait pas bien au dessus. Le plafond aurait pu vouloir le manger et le sol aurait pu l’engloutir: il n’aurait pas bougé, serait resté là, à mourir. Est-ce-qu’il faisait partie de ces créatures bizarres, pas secourues, pas encore, qui veulent vraiment pas l’être. Il vit sans vraiment vivre et parle sans franchement parler. C’est toujours pareil, c’est la même chose. Et avec Anaïs, ça marche pas mieux. Mais ils sont allongés là, et pour un peu, il pourrait être honnête. Il a bougé la tête, histoire de croiser ses deux ovales sombres et noyées dans l’écran en face. Il fait un peu barricade, pas tellement envie qu’elle s’enfuie à sa façon, elle a droit à ses propres techniques, si au moins ce ne sont pas les siennes. Pourquoi tu traînes qu’avec des cons?

Abrutis de voyous, gamines volages, des oiseaux en cage, sans doute? Et Ana, au milieu, un peu l’ange, un peu le démon, qui veut se la jouer rédemption. Elle est pas très courageuse, elle ment déjà, il a le mérite de plus se taire, Cliff. Il est pas en colère, qui pourrait en vouloir à cette fille de savoir se mordre les joues? Et ça fait de mal à personne, comme ça. Elle a toujours été droite et fière. Elle a eu des mots à lui glisser à l’oreille et de quoi le renverser, c’est juste qu’il a su rester debout, parce qu’il ne ment pas moins.
Ils ont quinze ans, alors il vaut mieux ne pas faire trop attention. Oui c’est facile de pas répondre à un sms, c’est facile de pas relever les yeux, c’est facile de sourire, c’est facile de dire qu’on aime quelqu’un, à quelqu’un d’autre, c’est facile de renoncer, quand on devrait pas. C’est ça qu’est chiant avec les hommes, ils font tous des choix, et leurs choix les foutent par terre. Le pire? Le pire c’est qu’ils s’en foutent et ils s’disent que marcher dehors en se sentant capable de tomber n’importe quand, bah c’est un effet secondaire! Et ça va passer de toute façon, parce que c’est qu’une petite erreur dans le reste. Le reste c’est souvent le plus important, mais c’est pas grave.

C’est mieux que continuer à s’faire du mal. Il s’est redressé, soudainement, il a joué à l’intéressé, en haussant les épaules. Elle avait des cernes grandes comme ça, et pourtant, elle restait belle, comme je ne sais quoi, ça lui donnait tout ce mal, et tout ce qu’il faut pas, en même temps. En une seule persone, Cliff avait trouvé des tas d’choses, il s’était perdu aussi, et c’était pas arrivé avant, non jamais. Anaïs, elle était bizarre, tordue, pas normale du tout, ou pire que normale, pire. Qu’est-ce-que tu fous? Emily? J’pensais pas que t’étais conne? Qu’est-ce-que ça change? Et pourquoi tu traînes avec Lucy? Ça t’fait pas mal?
C’était pas spécial?


Et si ça va trop loin, si ça va trop loin, pardonne la pourriture qu’il est. Il a pas envie de faire des efforts, il a pas envie. Il s’écoute pas, il s’écoute plus. Il a voulu faire un truc bien, ce soir et ça a duré deux minutes. AnaÏs, c’est quelqu’un de bien, mais il va de travers c’est tout. Mais en fait tu mens comme tu respires.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] Can't feel my face   Lun 31 Oct - 23:42


Cliff, Cliff, qu'est ce qu'il fait, Cliff, à la regarder comme ça ? Elle a arrêté d'y prêter attention, mais les voix se sont calmés, tout est redevenu silence, comme s'il ne s'était rien passé, jusqu'ici - est ce que c'est le cas ? Tout ce silence, ça lui fait tourner la tête pour toiser le garçon d'un regard un peu plus dur qu'avant, à l'écouter enchaîner les conneries, parce que oui, c'étaient des conneries. Ça va. Il est mignon. (elle ne le trouve pas très mignon en fait)

Pendant longtemps, elle s'était demandé ce que ça faisait, de tomber amoureuse. C'est vrai que ça a l'air très doux, comme ça, Anaïs c'est une rêveuse, un peu comme son frère, mais c'est moins destructeur sur elle parce qu'elle s'y accroche pas, elle se contente de regarder de loin, de penser, de loin, d'apprécier (de loin). Mais elle peut pas s'en empêcher, de vouloir un petit bout juste pour elle. Est-ce que c'est vraiment aussi beau que ça en a l'air ? Elle ne saurait pas trop quoi dire ou quoi penser, à vrai dire elle ne sait pas grand chose, juste que ça paraît très joli à l'écran ou sur papier, même quand ses copines lui en parlent, même quand Lucy avait les joues toutes rouges et les lèvres tordues en un sourire un peu gêné, un peu fier, elle s'est dit que finalement, ça peut que être beau.
En fait, c'est très bête, cette histoire d'amour, personne ne sait trop bien quoi en dire, au final. Beaucoup diront que ça fait mal, mais qu'ça en vaut la peine. C'est pas bête ça ? Être heureux à travers la douleur ?
Elle a beaucoup observé son frère, depuis qu'ils se sont trouvés avec Elizabeth, ça n'avait pas l'air de faire mal - au contraire, il avait l'air apaisé, comme si d'un coup, tout ce qui pesait sur ses épaules s'était envolé, et puis il arrêtait pas de parler d'elle, de parler avec elle, en fait elle les voyait déjà mariés, avec deux enfants, Nagoya et un petit chien.


C'est un peu nul non ? Voilà, Anaïs est dans cet âge délicat où elle ne sait pas ce qu'elle veut. Parfois, quand elle croise Cliff dans les couloirs, elle lui sourit, ou quand elle le voit un peu plus loin avec sa bande de potes, elle va pas dire bonjour mais s'il croise son regard elle veut bien faire un geste de la main. Parfois, on la taquine parce qu'elle a de nouveau passé sa soirée dans la chambre du gamin, et elle secoue la tête en rigolant, parce que c'est pas comme ça entre nous. Et c'est vrai, c'est pas comme ça entre eux.
Et puis, parfois elle l'attrape à lui faire un sourire, pas le sourire qu'il ferait à Lucy, ou même à Emily, pas ce sourire là mais un truc un peu plus vrai, un peu plus doux, et ça lui fait quelque chose, à Anaïs, elle saurait pas trop dire quoi. Parfois, elle le fixe un peu plus longtemps que d'habitude, et elle se rend compte que Cliff, il a des jolis traits quand il est pas occupé à se plaindre, parfois elle voudrait même tendre la main et jouer avec ses boucles, bien qu'elle le fait pas. C'est déroutant, ça la fait se demander, est-ce que je suis en train de tomber amoureuse de Cliff ?

Mais en fait, c'est pas aussi facile, parce que Cliff il a rien du meilleur ami dont on tombe amoureux. Il y a pas de raison pour que ça change, tout à coup, il n'est pas devenu plus gentil, plus attentionné, plus souriant, moins... Cliff ?
Avec tout ça, Anaïs a fini par conclure qu'elle n'était pas amoureuse du garçon et qu'elle avait dû se sentir plutôt seule ces derniers temps, que c'est pour ça que son coeur s'est un peu emballé quand il lui prêtait attention.

On est amies depuis le primaire, Cliff. Elle soupire, continue à fixer le garçon. Ça t'arrive de pas t'comporter comme un gros con, parfois ? En fait, en y repensant, tomber amoureuse de Cliff Sawyer c'est même pas possible - c'est triste un peu, non ?
Qu'est ce qui te fait dire que je mens ?
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