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 [CLIFFAÏS] May we meat again

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Everniss
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MessageSujet: [CLIFFAÏS] May we meat again   Lun 31 Aoû - 1:31

(désolée pour le mauvais jeu de mots)
Les poteaux de Mt. Juliet sont couverts de flyers imprimés en noir sur blanc, des visages dans des rectangles, des promotions sur le whisky régional empêtrées sous les couches de papier. Ici ne figure pas le nom ou la photo d’Elizabeth Sawyer, car, s’il s’agit bien d’un enlèvement pour la pauvre rousse, c’est sur les épaules fatiguées de son frère cadet que l’on aimera plus s’attarder.

Il a les restes d’une teinture claire, un semblant de l’évolution urbaine des hommes, des mèches blanches recouvertes par ses boucles brunes et courtes, rasées soigneusement par les mains d’une femme - et on ignore laquelle. Depuis que sa sœur a disparu, il hausse un peu moins souvent la tête sur les autres. Il a l’air d’un rôdeur, comme ça, une fois, Gordon a braqué son fusil sur lui et il a levé les bras très haut, la panique dans les poumons. Là, le groupe s’est arrêté, tout le monde était nerveux, c’était le genre d’apocalypse dont on ne se relevait pas.

Le genre qui vous prend aux tripes tout le long du voyage, les yeux tournés sur un soleil de plomb, des yeux qui piquent la déshydratation, le mal est fait, on n’en doute pas. Cliff Sawyer non plus. Mais le regard le plus austère, le plus appliqué à chercher la vilaine bête, c’est celui d’Andrew Cunningham, chef de meute si on les considère loups en migration vers une planque et de bonnes provisions. Il a les pupilles dilatées, le gamin sur le dos, les doigts agrippés contre ses genoux, et Cliff le surveille. Il est loin devant, son fils qui raconte une de ses histoires de fantômes, encore.

Ensuite il se fait rattraper par Anaïs. Il marmonne souvent qu’elle fait trop de bruit, et c’est vrai elle fait beaucoup de bruit, mais il ne compte plus les fois, où il a senti son maigre déjeuner lui remonter à la poitrine, parce qu’il venait de la foutre loin d’un marcheur. Ou surtout leurs petites envolées, l’un avec l’autre, d’un échange visuel, pour se dire que ça va. Ils ont vingt ans à peine, et pourtant les montres se sont arrêtées, depuis un an bientôt. Ils sont encore là.

Personne n’aime les morts. Personne n’aime se parer de noir, personne n’aime prendre un masque de deuil et de tristesse, aujourd’hui pas de deuil. Il pense que sa sœur est morte, mais s’il le dit à son mari, il sait qu’il ne perdra jamais ses grandes ailes noires, son chagrin que tous peuvent comprendre, mais que personne ne saura consoler. Pas même Anaïs.

Il s’approche d’elle, de sorte que leurs épaules se touchent une seconde. Je me sens mieux, pense-t-il. Il n’a jamais vraiment éprouvé un besoin similaire, avec d’autres, et il s’en veut. Mais c’est comme ça, pas autrement. “Comment il va, aujourd’hui?”

C’est le crépuscule, ils ont repéré un café, ils ont rasé les murs, ont ouvert les portes pendant que Cliff quittait l’océan d’Anaïs et, ils se sont enfoncés, dans un silence religieux, ou plutôt, celui d’un tueur expérimenté.

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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] May we meat again   Mer 2 Sep - 0:09


Elle se souvient. Comment c'était, de passer la porte de son petit appartement, de s'écraser sur le canapé, une bière fraiche à la main, et d'avoir comme seule préoccupation la vaisselle qui attendait sagement dans l'évier. Elle se souvient de ces soirées passées avec Cliff, à jouer à ce nouveau jeu qu'il avait trouvé dans un des magasins d'occasion du coin, et à deux heures du matin ils étaient toujours assis à exploser des cervelles tout en discutant de la dernière fille qu'il avait invitée. Et puis, elle se souvient aussi du jour où plus aucune station ne passait de la musique, il n'y avait plus que des voix calmes qui disaient à la population de ne pas paniquer. De ne pas sortir, de ne pas ouvrir la porte à qui que ce soit, d'attendre. Anaïs attend toujours, aujourd'hui.

Elle se souvient de l'incompréhension, quand on leur avait dit de ne pas avoir peur. Personne ne se doutait de quoi que ce soit, et pourtant, le jour même, elle avait toqué à la porte de Mme Morrison, et personne n'avait ouvert. Elle avait appelé, elle avait frappé le bois et elle avait tourné la poignée. Un jour la vieille femme lui avait confié qu'elle ne fermait jamais la porte correctement parce qu'elle perdait toujours ses clés. Anaïs avait trouvé ça drôle, à l'époque. Mais elle avait entendu des pas, elle avait entendu une voix, alors elle a ouvert. Ce n'était pas Mme Morrison. C'était un cadavre, enfin, un cadavre vivant. La peau ridée était grise, elle semblait fatiguée de tenir son visage déformé, sa mâchoire s'ouvrait, se refermait, et s'ouvrait. Elle avait cru voir un dentier quelque part sur le sol, mais son regard suivait les membres lents qui s'approchaient d'elle, et sa voix. Mme Morrison avait toujours eu une voix douce et rassurante, parfois soulevée par quelques plaintes parce qu'un jeune homme ne lui avait pas tenu la porte, enfin, là elle était rauque, ce n'était pas elle. Et l'incompréhension s'était mêlée à la peur, parce que, ce n'était vraiment pas elle, c'était un cadavre. Elle avait l'air d'une morte, mais elle ne l'était pas, puisqu'elle se traînait vers la porte, et l'espace d'un instant elle avait cru qu'elle lui demanderait de l'aide. Mais elle avait tendu ses mains glacées vers Anaïs, et elle n'avait pas su quoi faire à part chercher Mme Morrison au fond des pupilles du monstre. Alors il l'avait agrippée.

Elle se souvient de tout ça, de sa vie d'avant, beaucoup ont oublié. Beaucoup, du peu qu'il reste, parce qu'il ne reste personne, à part la mort et puis eux. Et pendant qu'ils avancent et que le soleil réchauffe l'asphalte et leurs visages, que le silence perturbe plus qu'il ne rassure, elle se rattache à ces soirées avec Cliff. Si elle pouvait, elle remonterait le temps, elle retournerait sur son vieux canapé, et elle y resterait. Mais ça fait un an, et ils ont tous perdu espoir. Ils avaient dû battre en retraite parce que les cadavres prenaient du terrain, et ils avaient perdu. Ils avaient surtout perdu Elizabeth, elle s'était volatilisée, elle n'était pas morte. C'est ce qu'Andrew croyait, ou du moins, se forçait à croire, parce qu'ils savent tous que les chances. Eh bien, la chance n'avait plus de place dans ce monde, le résultat serait toujours le même, ils finissent tous par mourir.

Cliff. Il souffre, parce qu'il n'y croit pas, et à vrai dire, elle non plus. Elle espère, c'est vrai, mais là aussi, c'est quelque chose de ridicule. En fait, elle ne veut pas penser à ça. Alors elle secoue la tête quand il lui demande, mal. Évidemment, il va mal. Tout va mal, Cliff, tout. Mais personne ne peut le changer ça, alors elle se rattache à ces fichues soirées, et ça va un peu mieux. Et elle a toujours cette boule au ventre quand le groupe s'arrête, qu'elle voit son frère s'avancer vers les battants de la porte, que Gordon frappe. Et le silence n'a toujours rien de rassurant parce que dans ce monde, ça s'abat sur les faibles comme sur les forts, il n'y a plus de règles, c'est simplement là, dans l'ombre, à attendre.

Les premiers entrent, les derniers retiennent les portes et lancent des regards inquiets vers l'extérieur, on n'entend que les pas des vivants, leurs lampes torches éclairant les coins de la grande salle. C'est comme une toile, un peintre fou, des couleurs sombres et les éléments en désordre, on voit à peine les chaises retournées, les tables couchées sur le sol, les bouteilles renversées, les lattes de bois avaient aspiré le liquide et des bosses s'étaient formées, et puis la poussière. Anaïs, elle a son flingue dans la poche et une machette à la main, mais surtout la peur collée au visage, elle ne s'y habituera jamais.


Dernière édition par Andrew P. Cunningham le Lun 21 Sep - 19:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] May we meat again   Mar 8 Sep - 0:44

Anaïs lui passa devant. Anaïs elle se collait à son ombre, et il ne rechignait plus. Il se disait qu’en un sens, qu’elle soit proche, ou pas, ça changerait pas grand chose à la fin de l’histoire: il la perdrait comme Elizabeth. Elle le perdrait aussi, c’était une nouvelle horloge biologique, un cercle merdique, l’apocalypse quoi. Tu fais chier.

Les muscles de son dos se raidirent. Il détestait ça, La façon dont son corps se tétanisait plus que ses propres pensées, ou celles dont les membres du groupe l’enserraient dans une poigne terrifiante à l’entourer et l’étouffer comme si on le saucissonnait dans l’obscurité de l’endroit inexploré. Il se croyait dans un mauvais épisode de Buffy contre les vampires, à croire que les chefs décorateurs ne savaient pas dire aux éclairagistes d’éclairer la scène. Cliff n’avait en soit pas énormément de mécanismes de défense, sinon il se rassurait en romançant l’atrophie du moment: oui on risquait de se faire bouffer par des cadavres sur pattes, non c’était pas si terrible si on mourrait en bon protagoniste cliché qui visait mal avec son pied de biche. C’est-à-dire lui.

Bon boxeur. Mauvais tueur de cadavres. C’était ironique non, tuer des morts. On se serait cru dans les vieux films des années soixante-dix que tout le monde aimait parce que ça faisait “peur” mais aujourd’hui Cliff ne distinguait plus grand chose de ce qui lui prenait le bide à chaque porte passée. Il voudrait là tout de suite être confortablement installé dans son canapé, avec sa copine, sa bière, en train de lire des comics débiles sur une planète qui se fait envahir par un tas de zombies… oh attendez c’était en train de se passer.

Il évita d’aborder le sujet avec Anaïs. Il évita d’ajouter qu’Andrew faisait probablement une dépression nerveuse parce qu’il ne lui avait pas trouvé de regard si absorbé par le vide auparavant, et peut-être avait-il passé trop de temps à l’observer pour comprendre qu’il ne s’en sortait pas maintenant. Aujourd’hui il gardait son fils sagement calé contre lui, Gordon sur les talons, des mois de silence accumulés qui le rendaient presque moins humain que les autres, plus sauvage, plus rustre, plus direct, plus assassin quand il assénait le premier coup. S’il y en avait un. Tobias hurla. Tobias hurlait pas, d’habitude mais un sacré zozo devait se tenir devant et Cliff massa sa nuque nerveusement avant de jeter un coup d’œil circulaire à la pièce encore plongée dans le noir et l’humidité. A tâtons il carressa les murs des doigts avec Amber et elle trouva la borne électrique avant ce dernier. Un clac sonore retentit et tous furent aveuglés par des néons décolorés.

S’en suivit un gémissement interminable, et une vague d’hommes morts fondit sur eux, ils formèrent sans un mot un demi-cercle et Andrew fit un geste en direction des deux petits tas qui s’écrasaient vers eux. Et ensuite, ce n’était plus qu’un spectacle macabre de coups plantés dans la chair à vif, leur peau macérée qui s’agrippait aux lames fines, des corps qui retrouvaient le sol, définitivement sans vie.

Il ne fallait pas être un génie des maths, pour comprendre qu’ils étaient encerclés, sans doute une porte qui avait cédé ou une étagère branlante qui s'était poussée et les avaient condamnés à la phase critique qui s’enchaîna derrière quelques essoufflés du groupe qui se lamentaient en continuant de fouetter le vide, une tête ou un bras.

Cliff ne la regardait plus, il tonna, malgré l’urgence, ANA? et puis il vit ses torsades brunes s’enfoncer dans la masse comme si elle allait se faire avaler. Il comprendrait pas, jamais, tout l’intérêt qu’il portait à cette fille imprudente et qui fonçait les joues glacées de terreur.

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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] May we meat again   Dim 27 Sep - 23:49


Les apocalypses, ça a toujours été un sujet sensible. Il y a ceux qui y croient, à la fureur de dieu, et ceux qui en rient, parce que ce genre de choses, ça se passe que dans votre tête et nul part ailleurs. Anaïs, elle faisait partie de ceux qui trouvaient cette fascination morbide plutôt drôle. Les paysages dévastés, les villes abandonnées, la nature qui reprend le dessus sur les débris de leur petit monde trop confortable, et puis beaucoup de morts. C'est toujours le même schéma, un copier-coller grossier avec des personnages différents et des explications tirées par les cheveux, mais tout le monde s'en fichait parce que c'est l'idée de destruction qui était intéressante. Comme si, du jour au lendemain, on pouvait être arraché à notre quotidien tranquille et être expédiés dans un univers alternatif, sans aucun repère, avec un pauvre sac à dos et quelques gourdes. Au final, ce n'est pas si drôle que ça, Anaïs avait bien dû se rendre à l'évidence. Et c'est beaucoup plus dur que dans les films.

On ne l'avait jamais préparée à cette éventualité. C'est vrai quoi, elle avait étudié Aristote et les lois binomiales mais il n'y avait pas eu de cours « Comment survivre à une apocalypse de zombies » dans son programme. Elle se souvient avoir appelé son frère, le même jour, et sa voix avait tremblé au point où elle n'avait pas réussi à lui dire de ne surtout pas ouvrir la porte. Le lendemain, lui et Elizabeth étaient censés retourner sur l'île, et ils avaient passé la semaine dans un joli hôtel pas très loin de l'appartement. En fait, elle avait espéré qu'il lui dise de ne pas s'inquiéter, qu'elle s'était trompée et que ce n'était pas grand-chose, que ça passerait. Mais en fait, il lui avait juste dit de ne pas bouger de là tant qu'il ne l'appellerait pas et de faire attention à elle, avant de raccrocher.

Quelques jours plus tard, il avait rappelé. Faut qu'on bouge Anaïs putain faut qu'on s'casse d'ici, dis à Cliff de prendre ses affaires on vient vous chercher.
Peut-être qu'Andrew avait été atteint par l'hystérie générale et qu'il avait cru que son rêve ridicule de devenir protagoniste de sa série préférée s'était enfin réalisé, aujourd'hui elle se dit que c'est probablement ça qui les a sauvés.
C'est étrange parce qu'il n'a jamais eu la carrure d'un chef de groupe. Il est impulsif, Andrew, il ne se contrôle pas et n'a jamais été très bon lorsqu'il s'agissait de prendre des décisions. Il faut dire que ça lui est tombé dessus sans prévenir, et que de toute manière il n'a pas vraiment eu le choix.

Au final, ça avait l'air de bien marcher. Ça fait un an et ils sont toujours là. Il y a eu beaucoup de morts, oui mais ils sont toujours là.

Tous, sauf Elizabeth. Elle sait très bien ce qu'il pense, et elle a beau lui dire que ce n'est pas de sa faute, est-ce qu'il l'écoute seulement ? Son regard est toujours braqué sur la route et il a Tobias sur les épaules, parfois il ne se rend pas compte mais il le tient fort et elle lui tapote l'épaule. C'est probablement lui qui a le plus peur, après tout.

Le groupe s'enfonce un peu plus dans l'obscurité de la grande salle. C'est oppressant, ce silence et puis l'odeur de la mort mélangée à l'alcool, la poussière lui chatouille le nez et elle doit se retenir d'éternuer. Ça ne change rien, au final, Tobias crie et puis ils finissent par voir pourquoi. Des cadavres, pour changer – oh il y en a trop pour les compter, et puis de toute manière ils s'avancent vers eux en lâchant des grognements qui, même au bout d'un an, lui hérissent toujours les poils.

Vous savez, l'idée d'enfoncer des crânes à coups de machette, ça ne plait pas à tout le monde. Mais dans tous les cas, ce n'est qu'une idée, et elle n'avait pas eu le temps de s'y faire quand elle s'était retrouvée complètement tétanisée face à un de ces rôdeurs. Et si Sydney n'avait pas été là pour l'achever à sa place, elle aurait probablement fini dans le même état de décomposition que la masse qui se jette sur eux en ce moment même. C'est toujours compliqué de lever le bras et d'abattre son arme sur ce qui était, quelques mois plus tôt, une personne aussi vivante qu'elle même, mais c'est justement là toute la complexité du problème : ils ne le sont plus. Vivants.

Aucun d'entre eux n'a eu le choix après tout. Alors quoi, elle doit bien aller à la rencontre de ces corps malades, si elle veut survivre, Andrew lui avait dit, c'est la seule solution. Elle l'a cru, elle le croit toujours, et puis elle voudrait fermer les yeux mais c'est plus possible. Elle ne ferme plus souvent les yeux, Anaïs. Entend la voix de Cliff qui étouffe les geignements insupportables, tandis que Sydney est toujours à ses côtés ( elle se sent un peu rassurée quand il reste près d'elle depuis cet incident, sans pour autant l'admettre, enfin il a l'air d'avoir compris ), sa lame s'enfonçant dans les fronts mous qui s'avancent vers lui.

Ça a l'air de durer une éternité, comme à chaque fois.
Ça fait un peu plus mal que les autres fois, par contre. Elle a tout juste le temps de tourner la tête pour voir des dents noires plantées dans son avant bras.
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] May we meat again   Ven 2 Oct - 20:01

Tout allait un peu plus vite depuis la fin du monde. Y en a qui avant ça se plaignaient des hommes pressés mais depuis le temps ces hommes s'acharnent et tentent de vous trancher la gorge, ou du moins extorquer un maximum de votre chair jusqu'à ce qu'on vous dise qu'il ne va plus être possible de vous sauver maintenant. Cela dit libre à vous de devenir un de ces cadavres purulents. Et puis je vous parle pas de fièvre, parce que tout de même c'est une putain de fièvre. Alors oui, là tout de suite c'est probablement ce que voit Cliff défiler en grandes bandes de film d'épouvante dans sa tête si sa lame voulait bien se dégager du crâne de la version zombifiée du mec de Loïs Lane. Superman. Ah oui.

De toute façon quelqu'un comme Anaïs Cunningham finira par vous décevoir, forcément. Parce qu'elle aura beau avoir les yeux grands comme ça! Un cœur gros comme ça! De belles pensées comme ça! Bah ça reste la fille que vous aimez, un peu trop vite. Ouais c'est le seul humain dans votre entourage qui semble avoir gardé toute son humanité, tout ce qui la fait trembler encore. Aussi fort qu'il aimera cette Anaïs, il pourra pas se retenir quand son prénom traversera les contours de sa bouche, et c'est vrai il parlait plus beaucoup. Mais faut que Sydney le retienne, honnêtement faut qu'il lui attrape les bras parce que Andrew s'est occupé de choper sa sœur et de la pousser plus loin. Tout va très vite depuis la fin du monde.

Et il changera pas ce que ce merdeux a fait à Anaïs. Et c'est pas comme cette fois où un petit con lui a volé une partie de sa vie. Ce jour-là c'est sans aucun doute sa vie tout court. Non vraiment Cliff, c'était pas le moment de jouer au gamin. Vous étiez sortis avec Sydney. La chaleur de dehors happait sous le toit en plexiglas. Andrew n'avait jamais été figure d'autorité pour Cliff. Après tout c'était le premier à lui avoir foutu un pain dans la gueule sans trop broncher. Bon fœtus Cliff faisait pas dans le dégât.

Fallait arrêter de croire que dans cette version détériorée du monde on comptait buter que des cadavres parce que le groupe s'était retrouvé dans maintes situations délicates mais c'était pas une raison non plus pour perdre la tête aujourd'hui, Cliff. Pas bien stable mais. Ce gosse se démerdait voyez. A vrai dire aucun d'eux n'avait été physiquement ou mentalement préparé pour ça donc on va pas s'amuser à les appeler les Chevaliers de l'Apocalypse ( non on se calme. )

Parfois Cliff se rappelle de l'Anaïs d'avant qui venait le matin lui embrasser le cou. Il aurait aimé aujourd'hui qu'elle enfile une armure qui recouvre sa nuque, qu'elle ne fasse pas mieux que ces héroïnes de fantasy à la poitrine encombrée d'un métal excessivement lourd. Et c'est vrai qu'il l'avait tirée plus fort que Sydney par dessous les épaules. Il n'en pouvait plus de cette trouille qui le prenait là. Alors qu'il s'en foutait du reste, de se salir les mains, mais Anaïs.

Andrew leur avait dégagé la voie, du coup ils étaient sortis avant les autres. Cliff pas vraiment sûr de vouloir comprendre ce qui allait se passer maintenant. Il la tenait et ils s'étaient rapprochés des pompes à essence parce que c'était le café-restaurant typique d'autoroute. S'ils pouvaient récupérer des conserves ils partiraient vite. Cliff supportait pas que tout aille si vite. Elle portait sa machette à bout de bras maintenant, le revers traînait sur le bitume, coupait la ligne blanche de stationnement. Un an plus tôt vous auriez jamais vu ça. Jamais. Pas de fille agonisant entre deux bornes qu'acceptaient la Master Card et refourguaient diesel et 98 à tous les gogos du pays. Pas de fille par terre non. Pas Anaïs.

Sydney le toise, l'œil fou de Cliff qui tranche avide le bras foutu d'Ana. Pardon Ana.

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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] May we meat again   Dim 1 Nov - 23:18


Oh mon dieu. Plusieurs fois elle s'est demandé ce que ça fait, d'être mordue. Vous savez, elle a vu tellement de personnes se faire arracher des bouts de peau, et s'ils étaient assez rapides pour échapper aux morts qui claquent des dents, ils finissaient tous par perdre la tête, mourir, revenir et puis se prendre un bon coup dans le crâne qui les laissait immobiles, définitivement. La première fois elle avait rendu son déjeuner, enfin le bout de pain et quelques haricots en boîte donc au final elle n'avait pas rendu grand-chose mais quand même. C'était difficile à supporter parce que souvent, dans les séries post-apocalyptiques, il y a toujours la bande principale pour survivre aux pires emmerdes, alors quand elle a vu son ancienne meilleure amie se faire déchiqueter par un vieux rôdeur au pantalon déchiré, elle a perdu la tête.

C'était la première du groupe à mourir et Anaïs a passé des mois à se dire que c'est de sa faute parce qu'elle avait renversé une bouteille vide sur le carrelage, ce qui avait attiré les monstres dans la cuisine. C'était allé très vite, en fait, et sur le coup elle n'a pas réussi à s'en aller à temps parce que son regard était fixé sur ces dents sales qui s'enfonçaient dans la chair  de son amie, Andrew a dû la tirer vers la sortie parce qu'elle y serait passée aussi. Alors elle s'en voulait. Elle s'en veut toujours, aujourd'hui, et c'est à Lucy qu'elle pense quand la créature avait mordu son bras. Elle devait être jolie, avant tout ça, maintenant ce n'est plus qu'un cadavre trop agressif, oh elle ne sait pas ce qui est plus douloureux, la mâchoire pourrie refermée sur son bras ou le bruit étouffé de ses grognements qui ne s'arrêtent pas de résonner dans sa tête, même si une lame s'était plantée dans son crâne mou et qu'elle avait arrêté de bouger depuis quelques temps déjà. Et puis, comme l'autre fois, ses yeux sont rivés sur la plaie, elle ne remarque même pas que c'est son frère qui l'a poussée dans le seul coin de la pièce où il n'y a pas de rôdeurs.

Parfois, ces nuits où elle ne dort pas, elle se dit que finalement c'est pas si grave, de mourir. Que ça serait une jolie façon de partir, une balle dans le crâne, le corps intact. C'est pas long, c'est pas douloureux, et au moins, elle aurait pu choisir à quel moment ça s'arrête, tout ça. D'accord elle a envisagé de se tuer plus d'une fois et elle n'en a pas honte, même si elle n'en a parlé à personne ( évidemment elle ne voulait pas qu'Andrew lui interdise d'approcher aux armes ), ça lui semblait être une décision plutôt sensée. Après tout, ils savent tous qu'ils finiront par y passer un par un, qu'il faut mourir pour sortir de c'merdier. Ça sert à quoi de rester alors, autant être propre et faire les choses bien.

Et puis à chaque fois quelques heures plus tard, quand le soleil finissait par se lever et que son regard croisait celui de Cliff, elle se résignait. C'est bête, maintenant qu'elle y repense, ce n'est que Cliff. Mais elle s'était dit qu'elle ne voulait pas mourir alors qu'elle pouvait encore passer un peu de temps avec lui, même s'ils le passaient à tuer des morts. Et c'est bête qu'elle pense à lui maintenant qu'elle sait qu'elle va crever bientôt parce qu'elle n'est pas prête du tout, il y a encore plein de choses qu'elle voulait faire. Entre autre lui dire que ça ira. Elle lui disait souvent que ça ira, aujourd'hui elle ne lui a pas encore dit. Oh il y a trop de choses qu'elle ne lui a pas dit mais bon, tant pis, il n'a pas l'air de vouloir écouter alors qu'ils sont sortis et qu'il la traîne vers la pompe à essence défectueuse ( en fait elles le sont toutes ).

Il fait chaud dehors mais elle est quasiment sûre que la chaleur qu'elle ressent est la réaction de son corps face à la morsure et que le soleil n'a pas grande importance à présent. Il y a Sydney, il y a Cliff. Andrew arrive aussi et depuis tout à l'heure elle l'entend dire des choses incompréhensibles ( il articule mal quand il panique ). Anaïs, elle a juste mal et très peur parce que c'est effrayant de se dire qu'on a merdé et qu'il y a pas trente-six mille solutions. Elle ne sait même pas s'il y en a deux. Elle sait juste que son frère va très mal le vivre si elle crève maintenant, déjà qu'il a perdu Elizabeth. Et Tobias, il est où Tobias. Faut pas que Tobias voie ça.

Elle veut pas voir ça non plus mais elle n'a pas vraiment le choix, à ce stade, ils l'ont mise par terre et il y a toujours Andrew pour parler, à croire que sa voix va guérir son bras, enfin elle sait bien qu'il parle énormément quand il panique. Elle c'est différent, quand elle panique elle rigole. Sydney, il a des tics nerveux. Cliff, Cliff déconne quand il panique.

Cliff tu fais quoi là? Elle a arrêté de rire, de toute manière ça n'allait pas trop avec les larmes qui coulent le long de ses joues et surtout, ce n'est pas drôle, Cliff qui maintient son bras contre le sol alors qu'il soulève sa lame. Elle a le temps d'entendre sa voix une dernière fois avant que la douleur ne deviennent insupportable, Anaïs voit tout juste la lame s'enfoncer dans sa peau et puis après, elle ne voit plus grand-chose.
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] May we meat again   Dim 8 Nov - 18:54


Il n’était pas en colère, il n’était pas fou, ou lâche, ou pressé, ni blessé, ni inquiet, pas violent, pas sûr, il paniquait. Paniquait de savoir qu’on pouvait lui retirer quelqu’un d’autre, qu’il vivrait encore un départ, qu’il connaîtrait un autre deuil, incomplet car injustice. Il voulait leur île de nouveau, leurs plages de sable noir, leurs après-midi tièdes, leurs ciels violet et prune la nuit, leurs nuages bas, leur air humide, ou l’appartement avec ses poutres grinçantes, ses larges fenêtres où déboulait la pluie toute la nuit durant, le canapé en vrac, leurs idées en vrac, leurs épaules collés, leurs bouches attachées. Il la voulait elle, en vie, qu’ils s’enfuient, qu’ils partent. Il paniquait.

Les portes éclatèrent sur les côtés et quelques cadavres déboulèrent entre les deux, Andrew en poussa un à terre et les autres s’extirpèrent en hâte avant de jeter des regards affolés à droite, à gauche. Cliff se tenait là, le goudron fumait, la nuit ne tombait pas. Oui c’était trois minutes qui étaient passées sans vitesse aucune, oui il avait merdé et merdé comme il faut. Ça pour pisser le sang, ça pissait bien. Sydney la souleva, pendant que cet abruti aux boucles défaites bougeait pas, il fixait le vide, ou la flaque de sang qui stagnait là pour le narguer sans vraiment d’forme. Gordon se précipita et vint aider le gosse qui avec son accent australien avait du mal à s’faire comprendre, mais on le voyait très bien lancer de mauvais regards vers le blond qui s’était figé en plein milieu du chaos ambiant. “PUTAIN CLIFF, PUTAIN.” Le Sydney avait un tempérament bien particulier, aussi se fit-il traîner jusque le camping-car par Gordon, sans trop de mal. “Calme-toi Syd! ” Gordon avait été quater-back dans un autre temps, une autre vie.

Quand il marche vers vous, il a ce regard rempli de tout ce qui va pas avec l’univers, sur le moment vous êtes engourdis aux trois quarts des membres, la boule dans la gorge et l’arme levée, le coude pointant, un peu tremblant, les lèvres sèches, vous assenez le premier coup. Il ne flanchit pas, vous si. Il est mort, vous non, mais le tuer une deuxième fois est à peu près cent fois plus létal que la première fois, alors vous vous acharnez et éventuellement l’amas de chair pourrie et d’os bombés vous tombe dessus, ou en arrière. Le facteur chance de la tartine, vous connaissez?

Andrew Cunningham est en chemin, le gosse refourgué à Katia, bras droit de ce dernier si ça peut s’appeler comme ça, il fonce sur Cliff, c’est une putain de mauvaise idée: J’suis désolé, il lui déballe, droit dans les yeux, la confrontation tout de suite, mais faut qu’il lui explique comment garder sa sœur en vie, alors qu’elle se vide totalement de tout ce qui la garde humaine et pas mangeuse de chair humaine. “T’as foutu quoi?” disent ses deux yeux clairs et étouffés d’une tempête à venir. Si seulement Elizabeth était là, pense Sawyer, qui se recule alors. Si Eliz était là, si Eliz était là elle le ferait fermer sa gueule. Il est revenu, voilà il a pigé ce qu’il vient de foutre. Dans une merde noire, voilà où t’es Cliff.
Mais ils discutent pas, non, Andrew le chope par la chemise, le pousse jusqu’aux véhicules, ils montent, démarrent, les moteurs brûlent sous le capot, et puis une fille devant compte les vivres regroupées dans une grande caisse d’usine en plastique recyclé. C’est fini, c’est fini il respire, il s’retourne et se voit, occupé à bander le bras amputé d’Ana. Il a eu un moment d’absence, alors qu’il est supposé la garder éveillée, Andrew la tient, les deux se taisent et déglutissent beaucoup trop d’fois par minute pour compter, dans un silence de mort… elle va pas mourir pas vrai. Cliff tapote sa joue, il pensait vraiment qu’on l’aurait déjà tué à ce stade, mais non. Pour une fois, c’était pas si con, sa solution de dernier recours.
En même temps c’était Anaïs.
Et ça c’était qu’un bras.
T’endors pas, t’endors pas Ananas.
Putain comment tu l’appelles là?
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: [CLIFFAÏS] May we meat again   Lun 31 Oct - 23:25


Elle avait pas plus de cinq piges qu'il s'amusait déjà à la pousser du canapé pour choper la télécommande, il avait le gros rire du gosse qui se sent déjà adulte, du haut de ses un mètre vingt sept, elle se souvient, des égratignures décorant ses genoux, des pansements colorés de bleu et de jaune qu'on lui avait grossièrement collé sur le menton et les paumes. Il parlait fort, à cet âge, il aimait bien la bousculer quand ils jouaient dans le jardin, une fois il avait rasé les têtes de toutes ses poupées, et découpé leurs vêtements, et puis quand elle s'était mise à pleurer, il lui avait dit que c'était pas grave. "C'est la nouvelle mode, tout le monde fait ça aujourd'hui !" Anaïs, elle était toute calme, à l'époque, elle parlait pas beaucoup, ne se plaignait pas beaucoup, ils disaient tous, "Pourquoi t'es pas sage, comme ta soeur ? Regarde-la, elle fait pas de bêtises, elle." Mais cette nuit, elle s'en souvient bien, elle avait grimpé dans son lit et lui a rasé les sourcils, au pauvre gosse, et personne ne voulait le croire, parce qu'il n'était pas sage, lui.
Andrew, il était terrible, comme gamin, comme frangin, c'était un cauchemar - qu'est ce qu'elle donnerait pas pour y retourner, à c't'époque, où y'avait qu'ses barbies rasées pour la faire pleurer.
--- Quand elle lui a dit qu'elle partirait, il a pas voulu, il lui a dit qu'c'était débile, qu'c'était des conneries, de se casser aussi loin quand t'as tout c'que tu veux sous le nez- c'est pas pour lui que tu fais ça, n'est ce pas ? Il n'a jamais été bien d'accord avec elle, apparemment, c'est qu'une gamine qui sait pas se débrouiller toute seule. Mais il était inquiet, ce con, il avait peur, d'plus être là quand ça va pas, quand elle aura pas la force de lever la tête (il a toujours été là, quand elle y repense). Mais il avait raison, ce con, il avait raison d'avoir peur- et maintenant il est là, à tenir sa tête entre ses mains tachées de sang trop frais, trop rouge, et puis à le voir comme ça, Gordon, il savait qu'il était en train de prier.

Au final, il y a quoi de si fascinant, dans l'apocalypse ? Est-ce que c'est la mort, en soi ? Cette idée de karma, d'une destinée partagée, plus sombre que c'qu'on entend à la messe le dimanche matin à neuf heures tapantes ? La fatalité ? Juste une obsession morbide pour tout c'qui réduit l'homme à l'état de proie ?

C'est banal, c'est cruel, ça ronge la chair jusqu'à ce qu'il ne reste rien d'plus qu'un tas d'os puant sur le macadam brûlant. Ça n'a plus rien de fascinant, à ce stade, la peur qui te prend aux tripes quand tu croises le regard nacré d'un de ces affamés, que tes muscles hurlent à la mort, jusqu'à c'qu'ils refusent de coopérer quand tu te retrouves nez à nez avec un de ces rôdeurs, que tu finis par trouver normal que tout c'que t'aimes finisse par crever, que ça t'fais plus peur, d'être seul, sans rien, parce que tu sais que de toute manière, c'est ce qui va s'passer, si tu t'fais pas avoir avant.

Anaïs, elle a pas le profil du survivant, comme on le voit dans les films. De sa petite taille et de ses petits bras, c'est à peine si elle a assez de force pour enfoncer son poignard dans leurs crânes ramollis. Les premiers temps ils ont même refusé de l'emmener lorsqu'ils partaient en ville pour ramener des provisions, elle s'est retrouvée à garder Tobias, avec Emma, parfois Sydney, parfois Elizabeth. Parfois Cliff. C'est dans ces moments là qu'on se demande c'qu'on fout encore là, à vivre dans ce qu'on peut aujourd'hui appeler un semblant de calme, alors que d'autres ont la mort au bout des ongles, tous les jours. Evidemment qu'Andrew s'y était opposé, à ce qu'elle vienne, mais on finit bien par comprendre, ça va tous les rattraper, un jour où l'autre, peu importe à quel point on se sent en sécurité, on a l'impression de bien faire. Alors il a fini par lâcher prise, et à le voir, maintenant, ils savaient tous qu'il s'en voulait - c'est pas ta faute, Andrew, c'est pas ta faute ne t'en fais pas. Elle aimerait bien lui dire quelque chose, mais il fait noir, Anaïs, elle n'est plus trop là, elle s'est évanouie quand le garçon a planté sa lame dans son bras et qu'elle l'a entendu heurter son os, c'est plus simple, comme ça, y'a plus de peur, plus de douleur, pendant quelques minutes.

Son frère a pas bougé d'un poil, Marco, il a voulu prendre le relai mais sa main sur son épaule, c'était pas assez pour le sortir de sa transe, il a pas bronché. Un instant, il a pensé à appeler Emma- elle était douée, pour soigner les blessés, ou juste leur tenir la main le temps qui leur reste, elle était vraiment douée.
Personne ne saurait trop dire combien de temps s'est écoulé depuis qu'ils se soient tous rués dans la caravane, mais elle a bien fini par ouvrir les yeux, la presque morte, dans un spasme presque douloureux, un bruit un peu étouffé, un coeur qui s'emballe et l'adrénaline qui assomme plus rien à présent, elle fait pas long feu, la petite.

Quand elle se réveille une seconde fois, elle a pas le temps de comprendre ce qui lui arrive, c'est que, elle pleure déjà.
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[CLIFFAÏS] May we meat again
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