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 Talk is cheap [ Elizabeth ]

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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Mer 17 Déc - 22:40

Les premiers coups ne le font pas réagir, il n'y a que le dogue, allongé sur le carrelage de la cuisine, pour remuer un peu de l'oreille. Ça s'arrête, ça reprend, et l'animal finit bien par se traîner jusque dans le couloir avec cette motivation qui lui est propre, le regard rivé sur la porte comme s'il était capable de voir à travers. Et puis avec les secondes qui s'écoulent, il commence à s'agiter, contrairement à l'autre, toujours la tête dans l'oreiller et probablement en train de baver dessus, presque aussi sourd que le grand-père aux réunions de famille, on dirait.
Mais ce n'est pas fait pour durer, les aboiements du chien écrasent les grognements humains alors qu'il tend le bras pour attraper son portable et regarder l'heure. Peut être que s'il avait pensé à baisser la luminosité de l'écran quelques heures plus tôt, il ne serait pas là à replonger face la première dans le coussin, et surtout, il aurait une réponse à cette question.

On retrouve cette même motivation chez Andrew lorsqu'il se lève avec toute la peine du monde, qu'il enfile le premier pantalon qu'il trouve en tentant de calmer l'animal à coups de << C'est bon putain j'arrive, ta gueule ! >>, lancés de sa voix rauque pas-trop-réveillée du matin. En réalité, il a l'impression de s'arracher les cordes vocales alors que c'est à peine si Nagoya l'entend. Alors qu'il s'éclate à moitié le tibia en cherchant quelque chose à mettre par dessus, il n'arrête pas de se demander qui serait capable de le réveiller aussi tôt, alors que la journée n'a même pas commencée - parce qu'il est clairement convaincu qu'il est trop tôt pour venir 'marteler ma porte comme un dingue', bien que ça reste relativement correct. Et puis il se dit que ça ne durera pas, qu'il n'aurait qu'à faire comprendre à la personne de revenir plus tard ou de préférence plus jamais et qu'il pourrait retourner dormir quelques heures de plus, il interrompt donc ses recherches pour sortir de sa chambre, s'arrêter aussitôt parce que ses yeux supportent mal la confrontation avec la lumière. Il faut dire que ces dernières semaines, ses journées ne commençaient qu'aux alentours de midi, et encore.
Mais Andrew n'est pas comme ça, il ne se laisse pas décourager par l'existence du soleil ni par celle de son chien qui n'en a toujours pas fini avec ses aboiements. Oh c'est à peine irrité qu'il descend les marches et qu'il s'approche de la bête, lui ordonne de rester et soupire lorsque ça n'a absolument aucun effet – après tout, il s'y attendait un peu.

Toujours est-il qu'il parvient plus ou moins à s'en débarrasser et à atteindre la porte, qu'il ouvre sans plus attendre, avec une hâte malsaine de tomber sur l'odieux personnage qui a osé l'arracher de ses rêves – de très beaux rêves au passage – et de lui faire passer l'envie de recommencer. Mais son regard part chercher trop haut, il le baisse un peu et c'est quand il aperçoit les couettes rousses qu'il oublie son agacement pour laisser place à quelque chose de plutôt proche de l'étonnement, enfin, c'est assez dur à déchiffrer au premier abord.
<< Oh, c'est toi. >> Il pousse un peu la porte qu'il n'avait fait qu'entrouvrir avant. << Qu'est ce que tu fais ici ? >>
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Jeu 18 Déc - 21:49

Tell me you care


Cliff débarqua dans la chambre de sa sœur aux alentours de sept heures. Une canne à sucre dans la main, il s’assit sur le fauteuil près du bureau, ouvrant l’ordinateur, sans faire attention au bruit. Elizabeth était, sans exagérer une dormeuse impertubable. Il le sait puisque faute d’avoir mit le feu à un torchon au début de l’année, elle n’avait pas du tout réagi au quart de tour au milieu de sa sieste, mais plutôt par des grognements plaintifs argumentés d’un à peine compréhensible “arrête de foutre les sandwichs dans le toaster, ça crame.” Enfin, au moins, elle restait lucide dans les vapes. On ne pouvait pas reprocher à Cliff Sawyer d’être un fouineur de première, en fait il cherchait simplement à imprimer son devoir d’anglais au plus vite avant de se faire tirer les oreilles par le paternel pour tout rédiger en début de matinée, par flemme, ou par rébellion adolescente. Il était à peine en sixième, en fait. Il n’avait pas franchement l’aspect d’un voyou de onze misérables années, plus celle du sage élève habillé en pull même par vingt-cinq degrès à l’ombre, des cheveux corbeau, qui montraient sa grande différence avec sa frangine d’adoption et des yeux de biche, littéralement. En apparence, une parfaite victime, mais voilà. Il adorait Mortal Kombat, héritage personnel du grand-père - grand-père ceinture noire de x art martial et puis quoi encore, grand-père fasciné par les nouvelles technologies, avec toutes les SEGA du monde dans le fond du salon surtout ! - et du coup, il passait son temps à se bagarrer.

Enfin. Il remarqua les dossiers rangés à la perfection de la maniaque rousse qui bougeait pas de sous les couvertures, Cliff pencha doucement la tête sur le côté en remarquant le fond d’écran, c’était une estampe japonaise assez jolie, avec des cavaliers, dans une forêt. Thème assez classique d’il ne savait quelle ère. Cliff appuya aléatoirement sur les fichiers, la souris produisant un cliquetis habile. La souris couine, et Elizabeth remue. Enfin, voilà. Il se doutait qu’elle cachait quelques photos. Il ouvra, trouvant lesdites photos classées par nombres et dates, la dernière en question… datait de 2006. L’image était un peu lisse, sans doute n’avait-elle pas eu la patience de scanner les photos, mais Cliff l’avait reconnu. Cunningham. Le frère d’Anaïs. Punaise il était loin de son aspect actuel. Pas qu’il aie l’œil à juger ou quoi que ce soit, mais disons qu’aujourd’hui, Andrew, du nom que lui donnait la rousse - quoi, un frère ne respecte jamais le nom des douchebags, d’accord - était plus du genre à vous faire des regards de la mort parce que vous menaciez sa poule. Et Cliff se souvient d’une fois, où il sortait avec son kaway et les devoirs pour Anaïs sous le bras, l’époque où il était encore à l’école élémentaire avec elle, d’ailleurs. Andrew l’avait tout simplement évincé de son champ de vision. Donc, Cliff se méfiait du brun, ses grandes pupilles se rétractèrent à trop s’approcher de l’écran dans le noir, le jour encore endormi.

Il se leva de la chaise, ouvrit la fenêtre, regarda dehors, la nuit, lentement envahie. Il détourna les yeux, les posa sur sa sœur et s’avança, déclenchant l’alarme, avant de fuir en courant. Non, Cliff n’approuvait pas du tout que la rousse se fasse tant de mouron pour une brute épaisse en apparence - “brute épaisse”, il y allait fort, Cunningham avait que le regard pour assassiner - Elizabeth dormait peu. En fait ça se voyait parce qu’elle somnolait en classe. C’était son impatience d’avoir des nouvelles d’Andrew, mais entre eux, le vide était intergallactique. Le soir, elle s’installait à côté de Cliff, ils se refaisaient Star Wars ou Harry Potter. Elle disait que ça ne l’ennuyait pas, mais lui remarquait très bien que si.

En fait. Elizabeth était très vexée.
------THE WESTERN TRAIN, JUST BY THE SIDE OF AMSTERDAM.

Une main vola, flanqua une claque au réveil qui atterrit à deux mètres du lit. Comme tous les matins, depuis approximativement dix-huit jours. Elizabeth étouffa un petit cri de douleur dans l’édredon, se hissa jusqu’au bord du matelas et fit se rencontrer pieds et sol. Elle alluma la lampe sur la table de nuit, examina son poignet qui avait eu droit à une grosse éraflure, vu la puissance du coup envoyé au radio-réveil. Dieu qu’elle détestait la fonction radio-réveil, même si elle adorait Imagine Dragons. S’extirpant de là, elle se traîna à la salle de bain, ayant attrapé des vêtements au préalable.

Cliff la toisa dans le couloir, elle fit un geste de dédain, retourna à sa salle d’eau. Les yeux à moitié fermés, il fallut s’armer de courage, mais consultant son téléphone, elle réalisa qu’on était enfin Le Lundi. Oui Ce Lundi. Et pour une raison étrange, son cœur fit un bond, elle se hâta, elle enfila tout ce qu’il restait à enfiler, même sa culotte avec des snoopy étoilés dessus. Elle pencha la tête en avant pour attacher sa crinière de plus en plus affreuse, faisant tout ce qu’une fille de son âge faisait pour se sentir un peu moins zombie le matin. Prenant une seconde pour faire un bandage simple au poignet, Elizabeth fixa son reflet, passant un doigt sur la peau plus foncée qui formait la cicatrice de l’incident passé. Et puis elle sourit. Là, à se regarder, elle se sentait plus à l’aise. Elle se sentait plus… elle.

Mais ce n’est pas pour autant qu’elle délaissa ses couettes, non. Elles étaient peut être plus ondulées, parce que la gamine s’était encore endormie les cheveux mouillés. Pas insomniaque. Juste impatiente. Quand on parle Du Lundi, on parle de ce que sa prof principale lui rabâche depuis la semaine d’avant. Andrew n’est plus listé comme élève excusé pour “les traumatismes de la vie”, vas-y ramène-le en cours. Qui d’autre aurait les couilles.

Qui d’autre qu’Elizabeth, pour se douter que le dogue est plus réceptif à ses coups à la porte que celui dans sa tanière, depuis deux semaines et demi - je vais le tuer, pense-t-elle, je vais le clouer à la porte - Et puis il ouvre. Son expression se décompose dans la seconde. Parce que vous comprenez, ce n’est pas son corps exposé à la demi-nuit. Ce n’est pas sa voix empâtée, ce ne sont pas ses cheveux, envoyés de chaque côté. C’est juste lui. Et ça a l’air de faire un siècle. Elizabeth lui passe sous le bras, le tirant de ses mains, avec le sac toujours à moitié sur le dos. “Sérieux enfile un truc on est à la bourre, là.”
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Mer 24 Déc - 16:24

Andrew la transperce presque du regard, à ce stade, de ses yeux ridiculement petits à cause du peu de lumière qui vient réveiller l'île – et le 'peu' de sommeil qu'on lui a accordé, surtout. Mais il ne dit rien, il s'attarde sur les couettes, sur l'uniforme toujours aussi soigné, le sac et puis la cicatrice sans jamais en penser quoi que ce soit, l'esprit brouillé par la présence d'Elizabeth devant sa porte et devant lui.

- Ah tiens, elle vit encore, elle.
Ça doit faire une éternité qu'il ne l'a plus vue ailleurs que dans ces épisodes qu'il ne demande pas à voir mais qui se rejouent dans sa tête quand il s'y attend le moins, ou tout simplement quand il a l'impression de ne plus savoir où ils en sont ou de quelle couleur ils sont, ses yeux. Une éternité, oui, très proche de cette vingtaine de jours qu'il a passés sans nouvelles, aucune.
Voilà, c'est ça, de l'amertume. Certains lui avaient rendu visite, d'autres lui avaient envoyé le message type de la connaissance qui s'en fiche de ce qu'il s'est passé mais qui veut pas avoir mauvaise conscience pour autant, et une autre encore était passée par une dizaine d'intermédiaires pour prendre de ses nouvelles sans avoir à montrer que ça lui importe un tout petit peu.
Il se souvient avoir pris son portable, un jour, et avoir composé le numéro d'Elizabeth dans un élan de. De quoi, il ne saurait pas dire, sûrement qu'il en avait marre d'attendre sur ce qui ne semblait pas vouloir 'bouger son petit cul' jusque chez lui, et qui en plus de ça lui manquait – mais le minimum syndical évidemment, n'allons pas jusqu'à croire que.
Toujours est il qu'il n'a jamais appelé. Pour lui dire quoi, déjà ? << C'est quand tu veux que tu te souviens de mon existence et que tu viens prendre de mes nouvelles parce que c'est putain de compliqué de venir chez toi alors que j'ai du mal à aller pisser tout seul, t'as pas d'excuse. >> Oui il a commencé à perdre patience dès la première semaine, c'est bien malheureux.
Alors il avait préféré s'abstenir. C'était soit ça, soit quelque chose qui le mettait mal à l'aise rien qu'en y pensant – ah parce qu'après la fameuse scène de l'hôpital, et il lui semble qu'il ne l'oubliera jamais, ça a changé un peu, n'est ce pas ?

Pourtant, elle est là à le dépasser et à le tirer en balançant quelques paroles dont il se fiche, et lui il a le visage figé dans cette expression mi agacée mi ennuyée qu'il connait bien. Au final, non, c'est toujours la même chose.
Et puis. Il n'est même pas sûr que ce soit toujours le bon numéro. << À la bourre pour quoi ? >> Et son regard se pose à nouveau sur ses couettes et son uniforme et son sac et enfin sa cicatrice - oh, ça. Ça paraît évident maintenant. << Tu parles du bahut ? >>

Il secoue la tête et referme la porte avant de se laisser entraîner par la rousse avec le même manque flagrant de motivation qu'auparavant - voyez, il dort encore à moitié. << Tu t'es déplacée pour rien, Sawyer, j'ai pas l'intention d'y retourner pour le moment. >>
Le dogue s'est calmé, on n'entend plus que sa respiration, lourde, alors qu'Andrew s'est arrêté. Passe une main dans ses cheveux, comme un réflexe plutôt que dans l'espoir ridicule de les dompter. Une éternité, oui. S'ils voulaient ils seraient presque comme deux camarades de classe, à se regarder dans le blanc des yeux, simples. Mais c'est moins que ça. Elle a changé quelque chose à ses couettes mais il ne saurait dire quoi.
<< Et puis Nagoya est malade alors faut que quelqu'un s'en occupe. >>
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Ven 26 Déc - 2:02

"Maybe it wouldn’t hurt if I kiss you,” he whispered.


Le dogue s’arrête et les tennis d’Elizabeth frottent le parquet dans un supplice indécent. Bien sûr, elle a tout planifié les jours d’avant, sans calculer la variable Andrew. Elle la connait bien, la variable Andrew, elle n’a juste plus l’habitude. Leurs rentrées ensemble étaient assez chaotiques, partagées entre sarcasme et flirt incompréhensible, on ne pouvait pas les considérer comme ennemis… non. En fait, Elizabeth Sawyer faisait peur à la majeure partie de la bande d’Andrew et, un jour, elle leur a même sorti toute fière le middle finger, pour avoir couvert Andrew, ses habituelles occupations suspectes et Amber. “Alors comme ça, Sawyer n’est qu’une nana de plus qui veut se faire Cunningham ?”

C’était beaucoup plus compliqué, et les larbins d’Andrew ne pouvaient pas se mettre en tête un tiers de la reconnaissance d’Elizabeth. Elle a grandi dans l’entre-deux, jusque le rencontrer, il était le seul lien réel qu’elle aie jamais eu avec le côté britannique de son île. C’est lui qui a fait toute sa culture, en dehors des poissons d’eau douce. C’est lui, qui lui a apporté le plus, et ça l’a toujours démangée, ça lui a toujours donné envie de le rendre anxieux.
Pour elle.

Enfin. En arrivant en Terminale, elle arrivait au stade final, et rien ne pouvait lui occuper l’esprit autre que ses études, surtout pas lui. Andrew Cunningham n’avait toutes ces années après tout été qu’une distraction à ses réelles capacités. Elle parviendrait à s’en défaire, parce qu’on la connaissait comme ça. Son statut cruel sur une échelle de un à dix monté jusque neuf ? C’est parce qu’elle ne s’acharne pas, elle n’a jamais été combative. C’est une fille peu curieuse qui vit de ce qu’elle apprivoise déjà, elle a peur de l’inconnu.. A votre avis, pourquoi Stephen King et puis c’est tout ? Mais Andrew était sa balance entre le connu et l’étranger. Il la jetait dedans, peu importe son avis. Elle avait le droit de se plaindre, mais ses yeux finissaient par la trahir, tant le sentiment de découverte était enivrant pour elle.

Alors, pourquoi faire la fille déçue qu’on ne rappelle pas après trois jours ? - c’est bien votre tradition, vous les garçons, non. - Elle a peur. Mais riez, parce qu’elle est allée jusque le provoquer en le touchant partout où il était possible de toucher un homme… Andrew Cunningham, de toutes les aventures qu’a pu faire Elizabeth Sawyer est la plus indispensable. Comme lui, elle ne se laissera pas aller aux ‘t’es mon oxygène’, mais elle comprend un peu mieux toutes ces gamines névrosées dans les séries interminables qui se tournent et se retournent dans leurs lits pour trouver sens à leurs sentiments si imbibés de besoin amoureux. Elle n’irait pas dire qu’elle a besoin de sa présence en permanence, sauf qu’il y a maintenant une image, sur tout ce qui paraissait absurde le mois d’avant. Elizabeth est à moitié hantée, à moitié tétanisée par les retours d’Andrew dans sa tête passé minuit. Les sensations qui se rejouent et qui se glissent au bord de sa peau jeune et si inaccessible, jusque présent. Elizabeth ressent le manque, l’amour, la passion et la jalousie qui se rencontrent, insupportables dans sa gorge.

Elle si silencieuse d’ordinaire, fulmine quand le jeune homme s’arrête et elle se retrouve, au milieu de ce couloir encore fichtrement sombre. Son sac tombe à terre, elle le regarde à peine tomber, happée par son regard qui trouve magistralement le sien, salaud.
A la simple idée que d’autres aient pu le contacter avant elle, aient pu lui parler, aient pu faire état de ses multiples hématomes d’imbécile alité. Elle bouillonne. Contre elle-même, contre eux, contre lui !
Ses ovales claires glissent et suivent le schéma implicite du brun entre son bras nu et ses cheveux, elle vient mordre l’intérieur de sa bouche, inspire et se raccroche à l’argument-Nagoya-révolutionnaire pour se taire encore cinq secondes.

“...Andrew.” Silence. C’est si étrange de l’appeler simplement par son nom, comme si derrière l’impatience venait le brin d’inquiétude fugace. “Est-ce-que tout va bien, ici ?” fait-elle, à tâtons en joignant deux doigts comme elle testerait un mec saoul et à moitié dans le vague, elle finit par tripoter le pansement tout neuf.

“On m’a dit de te ramener, aujourd’hui… les examens sont dans quelques semaines et…”

Et ça ne sert à rien de détailler t’es pas son vice-délégué, Elizabeth.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Dim 28 Déc - 10:30

Quand le sac d'Elizabeth rencontre le sol, Andrew est très brutalement ramené à la réalité. Il s'était perdu entre les reproches qu'il lui adressait silencieusement parce qu'elle n'est pas venue jusqu'à présent, et parce qu'elle est finalement venue mais au mauvais moment et avec de très mauvaises intentions – une semaine de plus ou de moins, qu'est ce que ça change, si on considère son manque d'attention flagrant en cours tout aussi conséquent au bon déroulement de sa scolarité que son absence prolongée, qui est après tout reposante pour lui comme pour les professeurs, les pions et en particulier les cuisiniers. Trois semaines sans avoir à s'énerver parce qu'on a charcuté quelques poulets anonymes, et quand Dean lui avait ramené un sachet sorti tout droit de son fast-food préféré, celui-ci avait tiré un trait sur ses propres nuggets, si ça c'est pas de l'amitié.

Toujours est-il que la rousse est bel et bien présente dans la couloir sombre de la jolie maison des Cunningham. Et elle ne parle plus, Andrew s'est arrêté pour la détailler pendant un moment, s'arrêtant encore et encore sur la cicatrice, comme si son regard était attiré par ce qui le ramène quelques semaines plus tôt – ah, non, il glisse sur le carrelage, conscient d'être un peu trop insistant sur le côté 'je te fixe dans un espoir désespéré de créer un tant soit peu de tension sexuelle'.

Elizabeth Sawyer, oui. C'est la fille toujours plongée dans son Stephen King ou son livre de maths, à tel point qu'elle passe à côté des meilleurs plaisirs de la vie. Il dirait même qu'elle ne connait cette notion de plaisir que dans sa dimension théorique, sûrement qu'elle a lu tout un tas de belles choses à ce sujet dans un de ses bouquins, une vraie limite. Alors, non, il ne peut pas clairement associer la rousse à ce genre de tensions, ça serait... ridicule.
Et pourtant ! Parlons de ces dernières semaines, des épisodes plus ou moins fictifs qui se déroulent dans sa tête comme un film de série B, très mal assemblés et sans aucune cohérence les uns avec les autres. Ce n'est pas obsessionnel, il dirait même qu'il s'en détache sans grande difficulté ( quand ses clopes sont là pour le soutenir ), mais avec les évènements récents, c'est de plus en plus fréquent qu'il la voit alors qu'elle n'est pas là.

C'est un schéma qui se répète, au final.

Il avait refermé la porte ; au lieu de l'inviter à partir comme son bon-sens lui dicterait, il l'invite à rester. Comprenez, ça fait longtemps qu'il attendait sur sa visite en particulier, et il en avait eu marre d'être déçu à chaque fois qu'on sonnait chez lui – il avait viré le facteur dans un excès de colère aussi, il a encore ces réactions de gamins amoureux en ce qui concerne Elizabeth, ramené aux seules années passées avec elle qu'il avait trouvées vraiment épanouissantes.
Alors il ne veut pas qu'elle parte, et le sac qui s'est écrasé au sol, c'est le plus grand soulagement qu'il ait connu depuis qu'il reste cloîtré chez lui.

Ou, plutôt, qu'il reste officiellement cloîtré chez lui. Andrew a toujours été en mouvement, et ses parents diraient même que contrairement à toute attente, il est devenu plus turbulent avec l'âge. S'attendre à ce qu'il reste sagement enfermé dans sa chambre sombre, bien qu'en compagnie de Nagoya et de ce qui le tient connecté à la pseudo vie sociale sans qu'il ait à y prendre part, c'est incroyablement naïf. A partir de l'instant où il a pu faire quelques pas sans trop de difficulté, il était redevenu ce qu'il a toujours été – turbulent, mais pas idiot, du moins, pas au point de fréquenter les endroits les plus bondés de l'île pour tomber sur son médecin ou un de ses amis les professeurs, il avait pris soin de rester bien loin du centre et des plages habituellement remplies de monde. Il avait aussi évité très volontairement les places qu'il connait être un refuge à Elizabeth Sawyer, dans la plus grande crainte d'une confrontation à laquelle il n'aura su se préparer.
D'autant plus qu'elle aurait été capable de chercher à le ramener en cours comme elle le fait en ce moment même.

Mais il s'en veut un peu, aussi. De ne pas avoir eu les couilles d'appeler ou de laisser un message. Ca ne lui ressemblerait pas si ça ne concernait pas cette rousse en particulier, et il déteste retomber là dedans.

<< Nickel, ouais. >> Il a l'impression de répondre une éternité après qu'elle ait parlé. << J'sais pas, t'as qu'à leur dire que j'ai chopé la crève ou un truc du genre. >> L'argument des examens, il en rit silencieusement, qu'il aille au lycée ou non, il n'aurait commencé à 'revoir' ses cours que deux trois jours avant celui, fatidique, des grands contrôles, plus pour avoir bonne conscience que pour travailler. << J'suis pas comme toi, j'ai pas besoin de la grande satisfaction d'être le meilleur élève de tout le niveau après avoir passé des mois, non pardon, des années à bosser le programme en avance pour faire un sans-faute aux examens. Alors si je loupe une semaine de plus ou de moins, ça changera rien à ma note. >>

Il marque une pause. << Mais tu le sais, ça. >> Sourit, et son regard glisse volontairement. << Dis le tout de suite si je te manque. >>
Regard qui s'arrête sur le bandage de son poignet droit. Il ne dit rien.
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Lun 29 Déc - 1:48

Baby, you can have whatever you like


“Je sais, ça” Eliz répète, machinale, chuchotant.

Sa proximité est hilarante, puisqu’elle se voulait si loin de lui (sans vouloir donner de raison) mais c’était à but expérimental, la connaissant. Elle avait toujours pensé que les connexions, d’humain à humain ne se faisaient pas correctement dans son cas. Peut être que les trop nombreuses heures dans des bouquins rasoir avaient fini par la rendre totalement stupide, quoique pour être à ce point timbrée, fréquenter Cunningham suffisait largement - regardez Amber et venez me dire le contraire - Enfin ce serait bien malheureux. Un genre de remix Romeo & Juliet, mais passé au micro-onde avec du plastique… Oui forcément le résultat serait dégueulasse, hein. Ils sont pas amants maudits non, ils sortent pas d’un film post-apocalyptique où trois quarts de la population se saquent pas entre eux ! Je vais vous répondre moi (parce que je suis une narratrice bien sympa, faut l’avouez). Ils sont amoureux; je sais pas depuis combien de lustres ça cogite au dessus de vos têtes, mais je vous vois là à vous agiter comme la gamine de Sia dans Chandelier et ça me chagrine.

Ils ont toujours été comme ça, pas fichus d’être clairs l’un avec l’autre. Elizabeth elle a simplement peur qu’il la rejette après tout, elle a pas compris que ça existait, les vrais trucs qui vous prennent à la poitrine et vous secouent sans gêne, elle a pas compris ce que ça faisait de pas être capable de bouger d’un matelas pour piquer un échange brûlant et cliché photographiquement à sa fraîche petite copine. Mais lui n’est pas bien doué non plus, suffit de voir son acharnement à se rapprocher d’elle comme si elle allait se jeter au bahut plutôt que sur lui. Y a une partie d’elle qui lui hurle de se casser avant de faire une bêtise de plus et qu’il finisse encore avec des béquilles. De l’autre côté, elle se répète, avec beaucoup de fierté, tiens, que c’est une maison et qu’à part avoir un Cliff dans la cuisine, c’est difficile de se faire laminer par un incident au hasard, au milieu du couloir, ce serait vachement injuste, hein.

“T’es en manque de contact humain, Cunningham ?”

Parce qu’il a pas besoin de l’installer la tension, ça fait des années qu’elle est là, le petit jeu des paroles, c’est qu’une partie des préliminaires. Appelez-les tout ce que vous voudrez, c’est Andrew et Elizabeth. Franchement, pourquoi encore cette obsession pour les petits détails. Elle s’inquiète à remarquer les marques au bord de son sourire, ça la perturbe encore plus que ce qui trace son chemin contre sa figure, animal et impatient, le souffle du brun. Elle se retient, elle fait que ça, il l’embobine sans aucune difficulté, de toute manière c’est tout ce que la rouquine demande. Voyez la seule différence, c’est qu’elle l’a déjà atteint, d’un simple index contre sa joue d’enfant farouche qui veut déjà fuir le quotidien. Arrêt de mort signé en quoi, trois minutes. Vous inquiétez pas, généralement avec eux, ça se finit bien.


Dernière édition par Elizabeth Sawyer le Jeu 1 Jan - 21:09, édité 1 fois
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Mer 31 Déc - 20:54

Evidemment, il aurait pu nier, faire comme s'il n'avait pas remarqué qu'il ne fait que se rapprocher de la rousse depuis qu'elle a mis un pied dans son couloir, mais, pardon, il n'est plus sous influence de la morphine et il n'est pas non plus du genre à se craquer des joints à tout bout de champ, encore moins à sept, huit, neuf heures du matin, il ne saurait pas dire.
En fait, il est totalement conscient de ce qu'il est en train de faire, même à moitié réveillé seulement. Après tout, il ne pense pas pouvoir compter sur elle si ce n'est que dans le but de le traîner de force jusqu'au bahut – et il sait qu'elle en est capable, ça ne serait pas la première fois d'ailleurs, même si ça remonte à longtemps, vous savez quand ils n'étaient pas encore à se détester en apparence ou à... va savoir ce qu'ils sont en train de faire, là, en tout cas elle a son doigt qui cherche le contact brûlant de sa joue, à le provoquer comme on provoque un animal.
Ah, pardon, c'est d'Andrew qu'on parle.

<< On peut dire ça, ouais. >>

Mais t'étais où, Sawyer, putain ?
À vrai dire, il l'a un peu à travers la gorge, qu'elle ne soit pas venue plus tôt et qu'elle ne soit pas venue pour lui mais à cause de lui – c'est toujours ça, en apparence, et Andrew a du mal à voir plus loin que ce qu'on lui tend sous le nez, inscrit taille 24 en gras et en rouge, parce que n'importe qui d'autre se serait dit qu'elle le connait assez pour savoir que s'il ne vient pas en cours, c'est qu'il ne veut pas aller en cours, et dans ce cas elle ne serait pas là à passer son index sur sa peau dans un mouvement essentiel.
Alors oui, ça fait trois semaines qu'il attend cet instant. Enfin, après un moment il avait fini par se convaincre qu'elle était parvenue à oublier le même chemin qu'elle avait pris un million de fois dans une autre vie, ou tout simplement qu'elle préférait, pour telle ou telle raison propre à Elizabeth Sawyer et que personne d'autre ne peut comprendre, l'éviter comme on évite la peste.
Au fond, il espérait encore, mais c'était très léger.

Aujourd'hui, elle est là, et Andrew ne sait pas vraiment ce qu'il est censé faire avec sa rancune et l'envie non négligeable de répondre à ce contact. Dans quel ordre les ranger, s'il ferait mieux de tirer la gueule jusqu'à la fin des temps ( il a des manières de gonzesse parfois, mais d'après sa théorie bien personnelle, c'est parce que sa petite sœur l'avait un jour convaincu à lui prêter ses mains pour s'exercer à la pose de son nouveau verni rose fuchsia – l'énergie féminine aurait réussi à s'introduire dans son organisme, et le voilà à emprunter la toute nouvelle crème hydratante de sa mère parce que ça rend la peau 'grave douce en fait' ) ou de profiter qu'elle soit finalement venue.

À croire que c'est la deuxième qui l'emporte, ils sont déjà si proches qu'il n'a pas à s'avancer beaucoup plus pour que leurs lèvres se rencontrent, il lève sa main et glisse son pouce contre sa joue, frôlant les cheveux roux du bout de ses doigts. Mais ça ne dure que quelques instants, c'est pourtant avec difficulté qu'il s'en détache – il passe sa main le long d'une de ses couettes et, lui offrant le plus innocent de ses sourires, il tire sur l'élastique jusqu'à l'en défaire.

<< J't'ai pas demandé, tu veux boire un truc ? >> il fait en se redressant, avant de se diriger vers la cuisine sans attendre de réponse, l'élastique toujours dans sa main.
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Jeu 1 Jan - 21:04

Waiting Game.


Il n’a pas le droit. Il n’a pas droit à un si long silence, si c’est pour parcourir le chemin parfait jusqu’elle, et il n’a pas non plus le droit de faire ça. Ce n’est pas leurs lèvres qui devraient se rencontrer, c’est un enchaînement à moitié incompréhensible sur les explications, à l’absence, au manque qui ne se comblait pas, à la distance malgré la proximité, au pardon, malgré toute la rancune, à l’amour qui s’installe, à sa juste place sur leur autel en bordel complet. Non, il n’a pas le droit, il n’a vraiment pas le droit qu’elle aie à se retenir de le pousser plus loin dans son étreinte, de le plier à sa demande d’un autre baiser de sa part, d’encore ses lèvres ici, pour pouvoir en profiter, ou ailleurs, quelle importance, pour elle. Si cruelle, de ne pas intervenir d’un ‘désolée, j’aurai vraiment voulu t’appeler, mais j’avais la trouille, parce que tu sais comment je suis. Non tu sais, comment on est, Andrew.’

C’est toxique, de savoir combien je te veux, et je comprends tout ceux qui se languissent d’un homme ou d’une femme, je comprends tout ceux qui se font violence pour ne pas courir dans la direction opposée, et je comprends ceux qui aiment, à se déchirer brusquement en deux pour se recoller, ensuite, comme des moitiés indissociables, du jour au lendemain. Elles qui se foutent des conséquences, royalement.

Elle aurait pu dire un tas de choses, un tas de choses qui s’achèvent en même temps qu’Andrew qui se faufile, fauve dans la cuisine, le dogue les regarde du bout de couloir, n’a pas bougé, ne bougera pas. Il y a longtemps qu’Elizabeth Sawyer n’avait pas franchi ce seuil, il y avait longtemps qu’elle ne s’était pas dépêchée de le rejoindre dans une pièce où on ne les entendrait pas faire leurs conneries habituelles, sauf qu’ils étaient seuls. Totalement seuls. Elle devrait le ressentir pareil qu’avant, la même impression de danger, à se retrouver isolés dans une maison qui ne lui appartient pas, à trop avoir regardé Scream, avec lui. Le téléphone pourrait se faire décrocher sur une voix monocorde, les envoyer se cacher dans un placard, pour qu’au final Andrew se moque d’elle, mais, aujourd’hui, elle l’a simplement suivi en silence, les cheveux ridiculement lâchés sur une de ses épaules, le col de sa chemise envoyé balader dans le mauvais sens du vêtement.

La rouquine sourit et se poste contre le plan de travail, attrape le verre qui se tenait déjà là, initialement. Elizabeth n’a jamais vraiment fait attention aux quelques billets de banque que laissaient les parents d’Andrew ici, sous le verre, mais maintenant, elle est égoïste, c’est tout. Elle ne veut pas qu’il regarde autre part que dans sa direction, elle le veut rien que pour sa petite personne, voilà pourquoi il le fallait en cours, sur le chemin du lycée et partout dans les couloirs ensuite. Et comme les éperdus de ses feuilletons, elle ne réfléchissait pas à la suite.

“J’ai pas soif” Elizabeth ferme le frigo. "...Faut vraiment que tu viennes... avant qu'on soit en retard. Je veux pas que tu aies d'ennuis... tout ça" Tout ce dont je me fous, bordel.

“Tu me manques.” il faudrait qu'elle rajoute, mais elle ne répondrait plus de rien.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Sam 3 Jan - 19:54

Ca fait quoi, vingt quatre jours qu'ils se sont pas vus et Andrew prête plus d'attention à l'élastique qu'il tire un peu dans tous les sens, qu'à la rousse, appuyée contre le plan de travail. Il aurait presque été plus intéressé par les trois clémentines laissées seules dans la corbeille à fruits, s'il ne mourrait pas d'envie de "déraper du regard" et soutenir le sien pendant si longtemps qu'elle aurait eu à baisser les yeux la première - c'est le genre de petits jeux qu'il aime bien, allez, va savoir pourquoi, il fait beaucoup dans la provocation.
Ça aurait pu être une façon de dire 't'avais qu'à pas m'oublier écoute' mais à vrai dire, il il fait ça tout le temps et n'a pas besoin d'une situation significative avec des flash-backs en noir et blanc sur le contexte familial pseudo-dramatique. Alors c'est simplement… Cunningham.

Du coup, il joue juste avec l'élastique comme si c'était la première fois qu'il en avait un en main, adossé contre le mur près de la baie vitrée. Bon, c'est celui d'Elizabeth, et elle ne le laisse jamais trop approcher de ses couettes, il se souvient l'époque où le seul but qu'il avait dans la vie c'était de lui défaire sa coiffure. Il aurait été fier de voir qu'il s'est exécuté sans grands problèmes, aujourd'hui.

Il relève la tête quand elle se met à parler et lui sourit, mi moqueur mi 'putain même ça ça m'a manqué c'est dingue' sans se rendre compte que son quota de sourires par heure augmente considérablement tout à coup. << Tu t'es déjà montrée plus convaincante que ça, j'suis un peu déçu faut dire. >> Il finit par viser le plan de travail contre lequel elle s'était appuyée plus tôt, et fait voler l'élastique à travers la pièce comme il l'aurait fait dix ans en arrière.
Et puis ça fait coulisser la baie vitrée et passe la transition, glisse une main dans sa poche pour sortir briquet et clope avant de se retourner vers la rousse.

<< T'inquiètes pas va, j'ai jamais d'ennuis tu m'connais. >> il lâche après avoir tiré, << J'me démerderai pour les examens, comme d'habitude. >> Maintenant par contre, il ne la quitte pas du regard - pas de façon indécente comme on s'y attendrait venant de la part d'un type dont la vie sexuelle est ridiculement inexistante, c'est beaucoup plus léger que ça. Plus dans le but de la faire suffoquer mais uniquement parce qu'il ne l'a jamais regardée de cette manière.
Il hausse les épaules. << J'viendrai pas. Et toi tu risques d'arriver en retard si tu continues à essayer de me convaincre. >>

<< Même si d'après moi ça te ferait du bien de sécher les cours pour une fois. J'dis pas ça pour que tu restes avec moi hein. >> Encore un sourire.
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Dim 4 Jan - 13:44

Le dogue se lasse et disparaît à côté. Ah si ça pouvait être simple. Aussi simple que de s’échapper sur la crique, que de s’installer au bord de l’eau sans rien avoir à dire, parce qu’on sait que c’est normal, de cette façon. Elizabeth voudrait qu’aujourd’hui fonctionne comme hier, ou qu’il se taise, ou qu’il détourne le regard, ou qu’il rigole de sa coupe à demi défaite par ses impertinences. Mais elle récupère son élastique, au bord du plan de travail, soupire et en fait le tour, traînant la main, hésitant à l’attraper pour attacher ses cheveux une deuxième fois. Il y avait cette époque révolue, où elle se plaignait et lui courrait après, ne s’arrêtant qu’avec son trésor entre les mains. Elle s’en fichait pas mal, là. Elle s’en fichait parce qu’il se trimballait devant elle avec son air désinvolte qui se teint d’une douceur improbable, qui la cloue sur place, la tétanise, la remet en plein milieu de son incapacité maladive. Elizabeth se tait, range ce qui lui sauve habituellement la vie dans sa poche arrière, reste devant les portes vitrées, tente de regarder ailleurs.

La première bouffée tirée, ses yeux se lèvent, s’envolent sur ce qui traverse l’air à coup de nuages intoxiqués. Elle appuie sa tête contre cette limite, entre lui et elle, regarde sa montre, observe qu’il lui reste du temps. Très peu, mais elle se connaît, elle le connaît ausi, il y aurait eu des vagues, comme d’habitude. Elizabeth imagine ce qu’aurait été sa première journée, et les gens qui l’auraient entouré, maintenant qu’Andrew n’était plus dans sa classe. Elle sait que c’est les derniers temps de sa solitude avec lui, elle sait que bientôt il retournera à son quotidien, sans elle et, elle justement, perdue dans ses obsessions habituelles. Pour couvrir le manque bien entendu, pour ne pas feindre à sa propre nature, pour se préserver un peu, avant de complètement s’abandonner dans leur rivière qui décidément prend de plus en plus de chemins houleux, bouscule beaucoup trop.

Regardez-la, plongée dans les océans du brun à ne plus rien y comprendre et à s’avancer. Il a le regard d’un loup, d’un loup tendre, pourtant affamé, le bras accoudé, la cigarette en main, la mort en main. Ça bien sûr, elle déteste, il y tant de choses qui ne collent pas, et un tas d’autres qui vont. Mais elle ne veut personne d’autre, en fait elle n’a jamais voulu qui que ce soit, si ce n’est lui. C’est dingue, c’est con, pourtant ça se tient devant elle, et bordel ce que ça peut être patient pour une fois. La fille s’arrête se prend les effluves meurtrières droit dans le visage, retenant son souffle déjà irrégulier, arrachant le bâton qui fauche sa vie à petites doses, l’écrasant contre le parterre de la terrasse, se redresse. “Il va falloir me distraire, alors.”

Son sourire illumine son visage, presque railleur, pendant que la rousse passe une main, docile dans la crinière inégale d’Andrew. “Ah… ça m’a manqué, ça.”
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Dim 1 Fév - 21:50

Never thought of calling when you had a few
Cause i always do



Plus d'une fois il a songé à arrêter. Il n'est pas totalement dépourvu de bon sens, le jeune Cunningham, il est plus que conscient de l'impact néfaste que ses si chères cigarettes ont sur sa santé – si ce n'est que sur son haleine ! Quoique, en cette heure si matinale, ça ne peut être pire que les miracles de la nature, n'est-ce pas ?  
Pardon, sans s'égarer maintenant, Andrew n'est pas du genre à s'adonner à ce genre de dépendances, au contraire, il préfère mille fois sa liberté à l'état brut que parsemée de telle ou telle contrainte illégale. Alors le pincement au cœur qu'il ressent quand Elizabeth agrippe sa bien-aimée clope de huit heures trente le matin, pour aller l'écraser par terre, est, ô malheur, bien paradoxal lorsqu'opposé à ce qui a été dit plus tôt, et ce qu'il défend avec tant de ferveur en temps normal.

La première fois qu'il avait inspiré, il s'en souvient très bien, il avait tellement pris sur lui pour ne pas laisser entrevoir un centième du dégoût qu'il éprouvait quand la nicotine se tapissait au fond de sa gorge, qu'il s'était dit « Plus jamais, plus jamais je touche à cette merde putain ». Et ses potes avaient rigolé parce que sa voix était partie en couilles quand il avait voulu dire que « Tranquille les gars, c'est rien ça ». Il l'avait un peu mal pris, mais à choisir entre l'effroyable arrière goût que ça lui laissait dans la bouche et ça, il n'y avait pas de quoi prendre son temps pour réfléchir.
Le soir même, un de ces soirs où ses parents n'étaient pas là parce qu'ils ont toujours mieux à faire que d'assurer une nutrition équilibrée à leurs enfants – du coup ça se contente de lasagnes à réchauffer, ce qui est déjà pas mal vous me direz -, Andrew avait passé quelques minutes en tête à tête avec le fameux paquet de clopes. Il aurait dû le jeter, mais pourquoi ? Parce que c'est dégueulasse ? Parce que ça nique les poumons et jaunit les dents ? Parce que ça fait puer de la gueule ? Parce que c'est dangereux ?
Parce que c'est engendrer une dépendance, et qu'il déteste ça ?

Les raisons, il se les était répétées mille et une fois mais pourtant il avait sorti son nouveau briquet et avait allumé sa deuxième cigarette.
Aujourd'hui il n'a pas encore mis le doigt dessus, mais quelque chose l'avait convaincu que c'était mieux.
Mieux que ce qui s'abat sur lui sans qu'il ne s'y attende et sans qu'il ne le demande.
Ça, au moins, il contrôle.

Ah, non pardon, c'est juste Elizabeth, ça, qui entre sans jamais réellement sortir de sa vie, comme là où elle joue la grande salvatrice des maux humains en le séparant de sa cigarette.
Evidemment, il n'apprécie pas.
“Il va falloir me distraire, alors.” Elle lui offre un beau sourire et joue avec ses cheveux – lui la foudroie du regard plus qu'autre chose.

<< C'est pas que j'ai pas les moyens mais ça commence à faire pas mal de clopes que tu me dois, là. >>

La distraire. Il aurait été tenté de sortir la bonne vieille 'Y'a un UNO dans le placard si ça te branche' mais finalement, il se tait.
Ne l'embrasse pas pour autant parce que ça serait bien trop simple – elle n'attend que ça non ?
<< Ok. D'abord tu réponds à ma question. >>



<< T'étais où ? >>
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Mer 4 Fév - 1:35

Begging for thread.


“J’étais… j’étais en train de me demander comment passer ta porte ce matin sans te rappeler de mauvais souvenirs encore trop frais. J’étais chez moi à penser à toutes les fois où je n’ai pas voulu de toi alors que j’aurai pu vouloir de toi. J’étais occupée aux erreurs d’avant, les erreurs que je peux pas réparer parce que c’est pas cassé, c’est juste loupé. J’étais là, à te voir partout sans vraiment te voir, à presque halluciner. A réaliser que t’étais ici, que j’étais là. Et me voilà.”

Elizabeth lui laisse son silence, s’accommodant à ce qu’elle vient de lui dire dans toute sa franchise, elle faisait du bien, la franchise. Le ciel est couvert violet, ou mauve, elle ne saurait pas dire, ça se teinte de tous les côtés, et c’est bien la première fois que son envie ne va pas à la palette de couleurs et à un pinceau proprement rincé la veille. Ses yeux se baissent sur la clope écrasée et elle la ramasse, la fiche dans le cendrier. Ses mains s’enfilent dans les poches de son uniforme, elle lui accorde un regard qui ne finit pas, inspire longuement.

Le paquet passe de sa main gauche à la sienne, elle en extirpe une cigarette, l’allume, détend le bras le long du corps. - la minute est interminable - quand, finalement, toujours droit dans les ovales claires du jeune homme, elle montre ses lèvres épousant le papier filtre, la fumée qui s’échappe en même temps qu’elle enchaîne - inspire et expire. - Tu vas pas la fiche au sol pour ça si ? C’est une grande fille, maintenant, elle tire autant de coups qu’elle veut. Pardon pour le double-sens atroce. Non mais regardez-la cogiter, débile comme le chihuahua d’une blonde acerbe. Elle se sent Rizzo dans Grease, elle se sent prête à lui foutre le monde sur la gueule, elle se sent prête à le détester. Suffisamment pour l’aimer, folle.

Alors, il peut bien la foudroyer, il peut l’envoyer valser aux quatre vents, il peut l’oublier derrière, il reviendra. Enfin leur histoire est un boomerang insolent, qui se plait à balader les deux, pas encore amants, seulement amoureux. Faites la différence, la chair se touche tantôt sauvage, tantôt docile, la clope s’effrite sans les pétales retirés à la marguerite. Elizabeth était fichtrement conne, elle aurait préféré tousser fort un coup et lui promettre un paquet de Camel pour son anniversaire. Mais son anniversaire, là tout de suite, elle se souvenait plus du premier cadeau qu’elle avait bien pu lui faire. Enfin, si, souvent ils le passaient devant le petit poste télé, ils attendaient les émissions de philosophie de deuxième partie de soirée, plutôt que de passer d’un porno à chasse et pêche. Elizabeth avait passé tous les stades, avec Andrew. Andrew pareillement. Elle avait été une chose, une morveuse, une fille, une amie, une meilleure amie, un fantôme, une épaule, une sauveuse, une fille devenue femme, une amie, un… amour. Il était un triste, un gosse, un pote, un ourson, un fou, un solitaire, un ami, un véritable ami, un inséparable, une phase, un mur, une arme, un con, un fou, un impatient… un amour. Peu importe les définitions, elle s’accumulent, se ressemblent ou ne se ressemblent pas. Que ferait-elle sans lui, que ferait-il sans elle.

“Mais après tout tu es peut-être comme les autres. Tu veux du compliqué, du blessant, du blessé, du bonheur, de la perte, des retrouvailles… J’étais là, j’ai toujours été là, je voulais juste t’accorder le bénéfice du doute Andrew.”

Ses doigts quittent le mégot, quittent le bobo, son bandage maladroitement défait puis remis, elle peine. Eliz saisit les quelques doigts libres d’Andrew, rectifie le geste, y ajoute les siens, affectionne l’autre d’une action moins inégale, peu dérangée par ses pas à l’envers, elle le tire vers l’intérieur, se tente à passer la porte sans trébucher, réussit, s’arrête quand il appartient encore à son rituel matinal. “Je suis désolée. Je suis presque venue, trois fois pour être honnête. Tout ça me fiche la trouille.”
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Dim 5 Avr - 17:57

Le nuage de fumée s'échappe d'entre ses lèvres, elle peine à venir se mêler à la petite brise matinale, celle qui vient s'attaquer au torse d'Andrew sans retenue, qui l'englobe et le relâche aussitôt, se fraie un chemin à travers les mèches courtes et peu dociles du brun.

Il ne comprend pas, et pourtant elle parle et ne s'arrête pas. Le temps passe et les gens changent, les relations se transforment, se mutent en des souvenirs inavouables et aujourd'hui, qu'on assume ou pas, le résultat est le même : une Elizabeth, clope à la main, paroles qui pendent aux lèvres, qui viennent se faufiler et creuser une fosse dans son crâne à coup de pelle rouillée. Il se voit déjà lui arracher ce qui, à défaut de lui être aussi précieux qu'une certaine rousse, défend convenablement sa place de remède à tous les soucis qu'elle traîne derrière elle.
Ici, son seul souci c'est ce qu'elle lui souffle, ce qu'elle en fait, et ce qu'elle est – pour le Cunningham d'hier, qu'un proche souvenir.

Personne ne comprend bien leur relation ; parfois on voit Andrew et Elizabeth se parler, parfois on les voit détourner les regards et faire comme s'ils n'avaient jamais rien vu. Ni l'un ni l'autre ne fait le premier pas, ils finissent juste par croiser les chemins et se concéder une pause de cinq minutes histoire de régler quelques comptes. Et de temps à autres on le surprend à lui jeter des regards, pas vraiment intéressés mais pas dédaigneux non plus, loin de ceux qu'il a l'habitude de lui accorder quand pris par toute cette amertume propre à sa personne, et on se demande à quoi il joue.
Des rumeurs glissent le long des grands couloirs du bahut, ceux qui pensent savoir, ceux qui aiment parler, ceux qui savent réellement ; mais Elizabeth reste un sujet tabou pour Andrew, il n'en parle que brièvement quand on lui pose la question, alors Cunningham, y'a quoi entre toi et elle ?

Rien. Elizabeth Sawyer, c'est rien pour moi.

Aujourd'hui, Elizabeth Sawyer lui tient les mains et le tire, il se détache du mégot écrasé, lamentable, se détache de son petit repos et se détache de tout ce qu'il lui reprochait injustement depuis trois semaines, depuis trois ans.
“Je suis désolée. Je suis presque venue, trois fois pour être honnête. Tout ça me fiche la trouille.”
Tout est toujours si compliqué avec toi, Eliz.

Il resserre un peu ses doigts contre les siens et la fait reculer tandis qu'il passe le pas de la porte, le regard à demi plongé dans celui qu'il s'est s'approprié. Ça lui souffle contre les omoplates, il fronce les sourcils. C'est mon truc de fumer, Eliz. Pas le tien. Ça lève un peu la main de la rousse et s'attarde sur le bandage. Et ça ?

Soupir. Ecoute. Il relâche la faible pression qu'il exerçait sur ses doigts et fait glisser la baie vitrée, ses cheveux ont arrêté de danser sur sa tête. Quelques pas et il s'appuie contre le plan de travail, croise les bras. Ce qu'il y avait avant, ça compte pas. Les erreurs, on peut pas les réparer. Pas après autant d'années, pas après avoir autant merdé, tu comprends ? Et je veux pas qu'on fasse comme si tout ça, ça avait jamais existé. Je sais pas... Je veux juste qu'on arrête de se casser la tête. Ce qu'il s'est passé à l'hôpital, c'était pas une erreur. Ce que j'ai dit là bas, je le pensais vraiment, et je veux pas continuer le même jeu qu'avant. J'en ai marre de faire comme si j'en avais rien à foutre, Eliz, ça me fatigue.

Ça se rapproche un peu. Enfin. T'es là maintenant, et t'as répondu à ma question. J'ai plus grand chose à dire.

Et les secondes s'écoulent.
Impassible. Tu veux monter?


Dernière édition par Andrew P. Cunningham le Lun 6 Avr - 13:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Dim 5 Avr - 23:58

Et les secondes s’écoulent, et il ne sait pas suivre son fil, seulement ses doigts, son regard qui s’attarde, un peu, elle qui sourit, sceptique, hausse des épaules d’enfant, comme elle l’aurait fait pour n’importe quoi d’autre. Etait-ce seulement utile de préciser que la colère l’amenait à être assez stupide pour se blesser toute seule. La fatigue s’échappe à mesure que le tabac oublie ses lèvres. Elizabeth ne connait pas les colères formelles et la nicotine qui se peint au reste du corps, drogue. Elizabeth, elle ne fait que regarder les tentatives détentes de la gachette, Andrew profiter de sa jeune insouciance, lui offrir de quoi lui en vouloir, de quoi courir, de quoi fuir. Elle le ferait si seulement elle voulait.

Mais Andrew,
Il fait jour, où pourrait-elle bien se cacher, s’effacer, sur vos rives; ou observer vos ciels, vos océans, vos hirondelles, vos petits souvenirs si clairs, si utiles, si vitaux ? Elle s’en fiche, elle n’aime plus les voir en face, quand elle les voit, elle se souvient trop de toi, du toi qu’elle ne retrouve pas, ça lui déchire encore plus le sens des rares parties qui semblent fonctionner si seulement elle s’écoutait un peu, si elle prenait le temps de s’écouter. Plutôt que de rester à tenir leur contact indescriptible, leur fougue indélébile, les flots incessants de paroles et les minutes qui s’écoulent dans le fond  du sablier pour tellement, tellement, les ralentir.

Alors il lui parle et elle vient à lui, elle dresse un sourire qui, à bien y réfléchir ne fait qu’appuyer ses pensées peu habiles, son retour égoïste de ne pas s’agenouiller pour ce qui est arrivé, si personne ne le regrette, ça vaut le coup, pas vrai ? Puis c’est sauvage, ça se contente d’une question si banale, on inviterait tout le monde, en haut, si c’était pour se saouler, paraître heureux, du moins tenter de. Mais il en a marre d’essayer, pas vrai ? Elle a raison.
Il veut du concret, peut-être même qu’il la veut et qu’elle le veut aussi, juste de savoir qu’il existe dans leur espace, qu’elle l’attrape à la distance, le fait monter les marches, à le tenir, le guider, l’emmener plus loin encore.

Et là-haut, ils sauront ce que ça fait que de vivre un peu, l’un avec l’autre, Savoir ne plus avoir grand chose à dire. Un petit sourire. "Andrew, tais-toi !" Parle moins.

Puis ne leur dites pas que ce sera facile, c’est bien le gros mensonge pas ça, Elizabeth se le prouve, à la moitié des escaliers, prenant le garçon de court, son visage au bout de ses mains, monter, c’est s’autoriser à ne plus être là, c’est déjà un grand progrès, y a de quoi progresser. Quand elle l’embrasse. Agis plus.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Lun 6 Avr - 13:43

Mais il ne compte pas dire une parole de plus. On entend la respiration lourde de l'animal qui s'est traîné dans le couloir comme un bruit de fond étouffé, en harmonie avec l'horloge, fichée contre le mur de la cuisine, qui laisse échapper ça et là un rappel aux deux idiots des sentiments que le temps ne les portera pas jusqu'à l'étage. C'est la raison pour laquelle ils en sont maintenant à gravir ces quelques marches, la main blessée resserrée sur la main du blessé, même si au fond, il n'ont pas vraiment à se plaindre.

Se plaindre, alors que l'horloge exhale à l'instant où elle s'arrête, tourne les talons, lui fait face. Ça s'approche, ça trace des lignes rouges sur son visage, ça s'approche. Encore, ça se rejoint parce que ça doit se rejoindre, c'est une de ces heures du lundi matin où on arrête de se détruire, où on choisit d'avancer alors qu'on a l'un des vases les plus délicats entre ses mains. Ses reins qui forment ce joli creux qu'il va chercher de ses doigts, les bouches qui s'entrechoquent sans violence, sans rancoeur, juste eux et leur affection ridicule, dans le pénombre des escaliers.

Il n'y a plus le grand lit blanc de l'hôpital, il n'y a plus le tambour incessant des machines qui crisse aux oreilles, il n'y a plus les lumières de l'île qui s'éteignent peu à peu pour les laisser à leur contact.
Il n'y a plus le hurlement de ses os quand ils s'atteignent, il n'y a plus son souffle qui brûle ses faiblesses, il n'y a plus rien de ce qui appartient aux souvenirs flamboyants de cette nuit, si ce n'est les mêmes corps qui se retrouvent mais qui se cherchent encore, les mêmes vibrations qui l'éprennent et le soumettent à ce rêve d'adolescent, la même considération qu'ils ont l'un pour l'autre.

Et quand on l'en arrache, qu'est-ce qu'il se passe après ?
On monte ce qu'il reste à monter, on tire vers soi, on embrasse, frôle, touche, épouse, ne lâche plus.
La porte est restée entrouverte, laissant s'introduire un mince filet de lumière qui s'empare d'une parcelle du lit défait d'une de ces nuits solitaires.
Trois, quatre, cinq ans ; l'éternité.

Qu'est-ce qu'il reste à attendre ?
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Lun 6 Avr - 17:47

Au moins, elle n’explose pas de sentiments quand il la retient et, ce n’est pas comme dans les films. Pas d’ellipse, pas de chute brutale des mots, pas de scènes coupées pour oublier la tendresse qui choque assez pour qu’elle ne sache plus bien suivre les secondes qui tombent les unes sur les autres. Des gouttes, infiniment rapprochées, son corps se recouvre d’amour, c’est littéral, ce n’est pas très habile, ce n’est pas bien logique, ça ne suit pas leurs distances, ça n’écoute pas leurs rages, ça ne veut plus de leurs fureurs respectives. Elizabeth, elle est petite, elle se sent petite, mais pour Andrew, elle est simplement cette fille, qui n’en peut plus de tout rapporter à demain. Demain ça n’ira pas mieux, y aura des jours avec et des jours sans, des jours où ces paumes saisiront les autres, des jours où les acides verbes traverseront la pièce, s’amuseront à les blesser pour les voir, avec empressement se sauver la mise et se dire; je t’aime, je n’ai jamais fait que ça.

Elle ne fait plus attention, elle ne saura pas si c’est bien, ou si c’est mal, si elle déclenchera des colères, si elle fera hurler les masses, de toute manière ce n’sont qu’des masses. Elles sont bien drôles à s’offusquer, qu’est-ce-que ça leur fout d’aimer, elles ? Elle est happée par cette assurance, qui ne lui a pas appartenu depuis longtemps, où elle ne pense qu’à lui, et il ne pense qu’à elle. Elle espère ça, les questions, ça commence à prendre la tête. Puis elle rit, parce qu’ils se cognent à l’encadrement de la porte, et elle n’assume pas tout ce soin qu’elle a apporté à chaque vêtement enfilé. Pas besoin d’insister, ils s’essoufflent à chaque fois, pas besoin d’appuyer, ça s’arrêtera pas, ça continue de se briser, une vague qui se prend le bord de plage, ouais, vous êtes un océan pas bien dans ses gonds, hein ? Elle a ses mains qu’hésitent, à quitter son visage, pour n’plus attendre, pour le tenir, où il faut, mais il porte presque rien, c’est l’plus déstabilisant. Fermer la porte, c’était plus simple, c’était moins effrayant. Un peu maladroit, mais, on parlait d’Elizabeth, après tout.

Tu te souviens quand tu lui a fait le même cinéma, au début de l’année ?
“...J’devrais vraiment aller en cours.”
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Mar 7 Avr - 23:17

Il n'y a rien à comprendre, plus une seule question à se poser, on ne se demande plus si on ne ferait pas mieux de reculer et de sourire comme quand on ne veut blesser ni l'autre ni soi-même ; on ne cherche plus à savoir si c'est la meilleure ou la pire des choses qu'on ait faite durant les trois dernières semaines ; à vrai dire c'est une évidence, et on aime, et c'est tout.

C'est ridicule la façon dont il égare son souffle, contre sa peau, contre ses lèvres, contre les courbes de son visage.

La porte se referme, leur accorde ces quelques instants d'intimité vraie, pas celle que l'on trouve dans la chambre 53 de l'hôpital, où les infirmières et les parents mi-inquiets mi-furieux s'aiment à les interrompre, ni celle de la chambre d'Eliz, où on peut presque entendre Cliff à côté, taper du pied en réponse au vieux CD qu'il écoute en boucle, non, ici il n'y a qu'eux pour se voir et s'entendre.
Alors il en profite, Andrew, on sait tous comme il est, il peut pas s'contenter de ça, de quelques échanges modestes, très loin de la fougue classique de deux personnes qui se sont attendues une éternité et plus encore.

Mais elle lâche quelques mots comme on lâche une bombe, avec les couleurs indisciplinées qui s'arrachent leur place sur son visage – c'est innocent, il a le regard accroché à ses lèvres teintées de passion, comme s'il ne voulait jamais s'en détacher.
Et puis il a ce hurlement qui condamne et qui résonne partout dans son corps alors qu'il lui lâche la deuxième bombe ; vous savez, c'est Andrew, il a toujours aimé ça.
Ouais, t'as raison. Une main passe sur sa bouche pour effacer toutes les traces de sa délicatesse, et puis il vient tirer un peu sur son uniforme pour tout remettre en place.
Tu devrais y aller, ça serait con que tu loupes un cours de maths pour ça.
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Mer 8 Avr - 22:50

Il devait y avoir des planètes pour s’acharner, ou des effets papillons pour les retenir d’un battement d’ailes, ou de quoi les faire se sourire un peu trop longtemps pour qu’ils comprennent. Elizabeth savait. A se retourner, se retrouver emportée par un simple geste, entendant le bourdonnement répétitif de la ridicule lampe allumée dans la pièce, ça sentait le fauve, ici. Un Andrew qui l’attendait, dans sa cage si illicite, les âmes solitaires sont les plus obstinées, il ne bougeait pas de son piédestal, il préférait la provoquer d’un cruel et vagabond retour de flamme. Elle aimait ça. Elle aimait leur jeu, qui finissait par ne plus savoir blesser, les quelques minutes pendant lesquelles elle hésite à hausser un sourcil, à rire de toutes ses dents dévoilées dans la fougue qui précède la claque en plein dans sa figure, un simple, amical, pourtant animal rappel à l’ordre.

Elizabeth, tu es déléguée de classe et ça te va si bien. Mais à lui saisir le visage, tu es encore plus douée. Autant pour vos mâchoires qui s’éclatent l’une contre l’autre que ton baiser indécent déposé à la limite de sa joue, les pouces plantés entre les tempes et le reste, à apprendre de n’importe quel essai vers son ivresse impossible; Andrew si capable ne savait donc pas se taire. Voilà la colère qui monte, les adieux à la raison, les vaines appréhensions et le menton qu’elle embrasse, aussi bien que la nuque, pour le pousser contre son lit, là où les chevilles dégringolent.

Pas autant que ses mains qui s’empressent de défaire son chemisier, son blouson qu’elle peine à retirer et les mèches qui se prennent en plein milieu du visage, elle qui grogne. Elle qui a envie, juste envie, ça la démange, ça la dépasse. Mais ces bretelles qu’elle retrouve, comme une mise à nu, en face. Elizabeth, elle frissonne, une seconde.

“...excuse-moi.”
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Dim 12 Avr - 23:00

Elle ne partira pas.
Il le sait.
Pourquoi elle partirait, Elizabeth, alors qu'on peut voir l'envie teindre son visage et le bout de ses doigts. Pourquoi elle ferait ces quelques pas vers la monotonie quotidienne alors qu'elle a tout pour s'en défaire, alors qu'elle a Andrew pour tout effacer. Et elle redessine par dessus les erreurs, de ses lèvres sur sa peau, lui il a ce sourire plaqué au visage, il en était sûr.
Sauf que la pression qui le fait s'écraser sur le matelas, lamentable, il ne s'y attendait pas, comment il aurait pu ? Eliz, il la connait triste. En colère, agacée, impatiente, inquiète, saoulée. Mais il la connait heureuse. Amusée, soulagée, captivée, généreuse, délicate.

Amoureuse, non. Alors quand elle commence à dévoiler sa peau et que ses vêtements sont laissés au sol, il pense que c'est pas plus mal finalement. Elle est belle, belle à sa propre manière, et cet air à la fois échauffé et hésitant lui confère un charme auquel il ne voudrait et ne pourrait probablement pas résister. Et la folie de l'instant s'empare de lui sans grande difficulté, il est là aux pensées agitées, coudes enfoncés dans le matelas, à embrasser son corps du regard jusqu'à l'en brûler.

Après tout, ça serait qu'une cicatrice de plus à son compte. Viens. Il se redresse un peu. Laisse moi faire.
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Mer 15 Avr - 15:03

Entre quatre murs. Encore une fois. Il y a de quoi se sentir vulnérable, on attend rien de bien compliqué venant d’elle, sinon de lever les yeux. A son apostrophe elle fulmine, y a ses joues qui s’emportent de flammes anodines, des ovales qui s’adoucissent d’un regard môme, de bouts de phrases frivoles qui ne sont que de petits bruits sourds et enlacés de tendresse. Elizabeth reste l’animal empêtré de sensations qui, à force de gestes lacunaires finit par y aller. C’est comme toucher à l’océan pour la première fois, l’épaule du garçon est fugace, son front s’y appuie, elle inspire, expire, se replace. Elle lui remontre les débuts de leur nuit maladroite, sans direction, cette fois, sans intention particulière. Peut-être est-ce la proximité flagrante qui trouble sa vision et les rares moments où elle parvient à le hâter de paupières enchantées. Mais d’un faible sourire, qui se dresse sur les joues, elle secoue la tête, légère, une voix tendre et presque inachevée, dans un second élan, se risque à exister près d’Andrew. “Essaye donc.”

Ce n’était pas sa place initiale.
Ce n’était pas facile de tout vouloir d’un coup, pas davantage de maîtriser les passions qui remontent égoïstes et les doigts qui frôlent un amour indécent si, pour une seconde, on arrêtait de voir le monde partir dans un incendie grotesque. Si on arrêtait de penser. Elizabeth s’assure qu’il tombe au plus bas, qu’il ne se dresse pas contre les enthousiasmes qu’il connaît si bien, elle veut lui montrer qu’elle sait. Qu’elle sait qu’elle n’a pas à s’en aller, les jeux d’enfants, ça ne sert plus, ici. Aujourd’hui elle embrasse son cou de silence et ses yeux d’écarts hasardeux, mordant à sa bouche, comme si de rien n’était, comme s’il lui appartenait.
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Mar 28 Avr - 20:58

Ils sont là, dans ce semblant d'obscurité que déchirent les quelques filets de lumière à travers les faiblesses du volet. Le dessin est chaotique, les traits partent dans tous les sens en suivant le mouvement des fringues éparpillées sur le sol et ailleurs, des piles de papiers décorant un bureau qu'on ne regarde plus depuis des mois. L'apocalypse qui a dévasté la chambre d'Andrew, elle s'est retrouvée dans son crâne, à tout foutre en l'air, il a plus besoin de rien qu'on dit. Y'a l'envie et son regard qui le brûlent, différents de l'autre jour ; c'est bien plus lent, bien moins impulsif, et probablement qu'il préfère ça.

Les ombres contre les draps froissés, il se redresse assez pour sentir son souffle contre sa peau. Ce n'est plus une barrière aujourd'hui, il a ses doigts qui suivent les lignes fragiles de son bras, l'ascension est délicate - dis moi, Eliz, on a l'temps cette fois non ?
Elle ne le quitte plus, comme si sa présence lui était désormais indispensable, maintenant qu'elle y avait goûté, maintenant qu'il n'y a qu'eux pour s'interrompre. Il trace entre ses épaules, sur les collines minuscules qui le mènent jusqu'au peu de pudeur qu'on peut se permettre. Andrew, il a pas le coup de main pour ça, mais après quelques efforts ridicules, les agrafes veulent bien se séparer - elles se retrouveront bien un autre jour après tout. Les bretelles se dérobent, il a la bouche contre sa clavicule, les doigts qui descendent, mais oui on a l'temps, mais pourquoi on attendrait encore ?
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Jeu 30 Avr - 0:38

Non, les filles ça aimait pas être brusqué, vous avez raison. Non, les filles, ça tenait pas bien debout, leurs genoux rougissent vite et leurs visages font des concours de pudeur. Allez, allez continuez. Dans sa tête passaient les clichés affolants des premières fois ratées. Et qu’est-ce-que ça la mettait mal à l’aise, de repenser à Gordon. Maintenant elles se taisaient les filles dans sa tête. Elle a les mains qui n’savent pas où se poser. Elle a l’impression que c’est des oiseaux, qu’ils vont se briser, dans un tir d’ailes. Elle a l’impression d’imploser, que le plafond disparaît, et elle restera clouée au sol, terrorisée. Elizabeth, elle s’est jamais sentie si nue pour être honnête. Des étoiles filantes grimpent le long de ses cuisses, elle pense; c’est terminé, je vais tomber Andrew. Mais il la rattrape si bien. Il la rattrape entre ses bras elle a le menton soulevé de grossièretés, sur le moment elle a envie d’ajouter “putain de merde”, sait pas franchement pourquoi.

Elle voudrait rire.
Il comprend même pas qu’il est doué pour ça. Andrew si tu savais, là-bas t’es le garçon parfait, elle te veulent dans leur lit. Si elle commence à se dire qu’elle est peut-être une de ces connes, si elle commence à se dire qu’elle le veut juste parce que les autres aussi, elle va se mettre à pleurer. Sauf que non. Sauf qu’elle l’aime, elle y met pas de mots encore, elle lui chantonne des trucs au téléphone tard le soir, des vers qui donnent envie de glisser les doigts le long de ses bras, qui donnent envie d’allonger ses reins contre les draps pâles, qui donnent envie de pas s’arrêter. Elle veut pas qu’il arrête, plonge une main dans ses cheveux, amène ses maladresses à son oreille et descend vers sa nuque, et l’appelle.
“Dis. Tu sais que je te fais confiance ? Tu sais que c’est important. Tu sais ?”
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Dim 3 Mai - 18:19

Andrew si tu savais. Mais tu sais pas, c'que t'es censé faire, comment t'es censé l'faire, t'en sais rien, de tout ça. Il a toujours aimé jouer au grand, Andrew, mais c'est qu'un bon acteur ; il était petit devant la flamme destinée aux bougies, petit sur les éclats de verre décorant le carrelage, petit, face écrasée contre l'asphalte, les genoux écorchés. Petit, des impolitesses qui pendent de sa gueule d'animal, à vouloir récupérer un certain bout de papier.
Petit, devant Elizabeth, hier, aujourd'hui, c'est toujours la même chose. Mais là, il s'agit de lui faire l'amour, pas de lui tirer les cheveux ou de prendre la main de sa copine quand on l'aperçoit au bout du couloir.
C'est ridicule.

Oui. Mais cette fille, elle rend les choses évidentes, de sa logique imparable ça s'enchaîne, il a les doigts qui descendent frôler le tissu de sa jupe, et retracer les plis sur ses jambes, pendant que son souffle s'accroche à sa peau, à ses lèvres. Je sais. Et puis elle lui fait confiance, les barrières qui ont résisté jusqu'ici, à quoi elle servent, si ce n'est qu'à la rassurer ? Andrew, c'est à lui de s'en charger, dans son rôle de l'homme viril et protecteur – ah mais c'est vrai, ce sont que des gosses, pardon. Alors il s'en débarrasse, de cette jupe trop formelle, elle sera bien mieux par terre.
Et quand il se détache de sa bouche, qu'il baisse les yeux, il se dit qu'elle est jolie, Elizabeth, qu'il a de la chance.
Mais il sourit. Tu sais, la culotte snoopy ça te donne un certain charme, j'aime bien.
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Mar 5 Mai - 22:32

Retombent le long de son corps des bras hésitant à se tenir contre le brun et colorés par certaines faces. Elle se dit que c’était simple, à côté de ça, de lui courir après, ou de le voir loin, de le retenir dans un coin de sa tête, de s’en remettre à la prochaine pique qu’elle lui lancera. Elle se dit qu’il n’y avait rien d’intime à s’appuyer contre son épaule, en cours, pour envahir la conversation de ses amis, pour appuyer ses petites billes claires sur son visage agacé et occupé à chercher Amber, qu’il prouve à ses copains ne jouer pas au double-ménage. Elizabeth repense aux fois où Sawyer est apparue en renfort dans la détresse. Les jours où elle ne se sentait pas de faire des doigts à l’autre bout de la classe malgré le crayon dans la main s’agitant et hurlant, hurlant à Elizabeth de dessiner l’enfoiré qu’elle ne se sort pas de la tête. "Merci."

Puis le soir tout change et on a les espoirs, une vieille chanson qui composait la liste de se dire que demain, il y aura de quoi supporter les écarts de conduite, les, canines concentrées à énerver l’autre dans un combat en un-un. Il était loup enragé près d’elle mais, préparé à envoyer bec et ongle dans la mâchoire au premier qui toucherait son coude par accident le. Terrible accident. Aujourd’hui ils s’attrapent de pleine volonté, c’est que la solitude les soulève pour les voir enlacés. - Presque nue devant lui, elle a la figure qui monte en dégradés absurdes et sa main couvre une partie de ses lèvres, elle inspire - tu pensais qu’il ne faisait que reprendre ses mauvaises habitudes et croiser ta bouche, inégal, impatient, mais c’était pour retenir un peu plus de toi, tu trembles à la place. Un rire s’échappe de ta gorge sans prévenir, et silence.
Le tirer contre son corps, marmonner quelques douceurs et prendre sa nuque d’impardonnables vices, les sentiments affluent, contre les gestes curieux d’Elizabeth qui le laisse à son lit d’infirme, il y a passé trop de jours. "J’ai un peu froid", avoue la rousse.
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MessageSujet: Re: Talk is cheap [ Elizabeth ]   Jeu 11 Juin - 22:20

Elizabeth, c'est le seul livre qu'Andrew ait bien voulu lire. Il l'a pas jugée sur sa couverture ; les couettes soulevées par le vent et le soleil qui tapait sur ses genoux, elle avait les yeux agités par quelque bonheur d'avoir trouvé quelqu'un avec qui elle pourrait remplir son seau de coquillages. Alors parfois il l'emmenait dans la jungle, munis de sacs à dos et de gourdes, et ils finissaient par se perdre parce qu'à huit ans, tu comprends pas le principe de la boussole, tu l'as juste emportée parce que c'est ce que tu vois dans les films. Le chapeau d'explorateur tombé, ils s'asseyaient près du ruisseau et regardaient les poissons s'affoler. Aujourd'hui, Andrew a les pupilles dilatées, posées sur les charmes de celle qui a été sa meilleure amie dix ans plus tôt, à déboutonner son jean et le dégager. Ça aussi il l'a vu dans un film.

« Elizabeth. »

Arrivé à la moitié, on pouvait plus le détacher de ce maudit bouquin. Quand il se sentait seul, il relisait ses passages préférés, et à chaque fois ça le faisait l'aimer un peu plus encore ; tous les matins il avait les pieds qui cognaient dans un autre caillou, en attendant qu'elle descende. En cours il avait son coude qui frôlait l'autre, et à midi il lui gardait toujours sa place en face de lui. Le soir, quand les grillons commençaient à chanter et qu'ils suivaient les sentiers, il l'écoutait parler. Du contrôle de maths qu'elle avait bien réussi, de Gordon qui n'avait pas été très gentil l'autre jour, de son frère qui entrait toujours dans sa chambre sans toquer ; et elle lui reprochait toujours de ne pas écouter, mais une poignée d'heures plus tard il se faisait sermonner par le proviseur pour avoir 'frappé son camarade'. En réalité, il l'écoutait tellement qu'il l'entendait parler la nuit, et souvent elle lui disait. 'Moi aussi'. Mais ces nuits-là, il était seul. Aujourd'hui, il y a deux ombres qui décorent les draps. Lentes, les phalanges tracent ses amours anciens dans le creux de ses reins, elle lui souffle, elle qui ne l'a pas aimé en retour.

Elle a froid, Andrew.

Mais quand on brûle son dernier démon du feu de sa dernière clope ; les derniers chapitres sont poussière grise. Et toutes ces fois où il la voyait gommer ses traits quand ils ne lui plaisaient pas. Il a fait pareil, il l'a gommée de sa planche. Ça lui a pris son sommeil et ses cigarettes, mais un jour il s'est levé tôt et a suivi les sentiers sans s'arrêter. En cours il avait arrêté de lui demander sa règle, à midi il s'était mis à une table remplie, et la nuit, les étoiles avaient arrêté de lui dessiner son visage. Ça fait moins mal. Sawyer, Sawyer ça fait pas mal. Ce qu'il restait d'Elizabeth, c'était son fantôme - quelques poussières qui l'empêchent parfois de dormir. Mais aujourd'hui - aujourd'hui quoi ? Tout a changé, on oublie les sommeils agités, les colères refoulées, et on baise sur le vieux matelas ?

« Je t'aime. »

Aujourd'hui il a l'esprit remué de ces banalités amoureuses qui ne le quittent pas, une main qui passe sur les étoiles de snoopy, prête à les lui voler, et la poussière, on la lui a soufflé au visage quand elle a toqué à sa porte, trois semaines plus tard. Mais c'est fini maintenant, n'est-ce-pas ? Dis, Eliz, dis moi qu'c'est fini.
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