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 Viens on se fuit [Andrew]

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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Mar 11 Nov - 21:34

“Oui je sais”, elle commente à propos de ses couettes alors qu’il l’interrompt de nouveau pour réitérer. Elle baisse les yeux et s’adresse au sol dans sa tête, se refait un peu de leurs disputes longues et anormalement disproportionnées sur ces prétendues affreuses couettes et y reste un moment. Oui parce qu’elle se rappelle les nombreuses courses poursuite durant lesquelles il s’acharnait à vouloir lui retirer ses chouchous de petite fille, et elle ne pouvait pas s’empêcher de pleurnicher. Sa mère lui disait que c’étaient les garçons, qu’ils aimaient bien se lancer des défis débiles, à cette époque tout était tellement futile.

Alors, le contexte était futile, elle se disait que de cette manière ça passerait comme une lettre à la poste, il pourrait juste se taire ou la rejeter peu importe, tant que la douleur était atténuée par les drogues médicinales. Mais vous savez, c’était totalement inutile, en réalité ça ne modifia pas l’impact de ses propres paroles sur la couleur de son visage. A sa réponse, elle amena ses mains à sa figure et resta dedans à chercher son souffle, non ça faisait beaucoup trop plaisir, où était le déclic, on savait plus exactement.
Andrew n’était pourtant plus là et Elizabeth tenait à peine avec sa crédibilité à deux balles, en fait elle était presque sûre qu’il oublierait tout de la journée. Hélas, la morphine n’avait pas ce genre de vertus curatives, et quand bien même elle serait allée voir Mama, elle se serait retrouvée dans la semblable situation, des petits gâteaux pour le Cunningham en plus.

“...Donc.”

Elizabeth amena une main à ses cheveux et, défaisant doucement l’une des couettes, elle continua de le regarder droit dans les yeux “Tu me préfères avec ?”. Elle se mordit la lèvre, ne sachant pas vraiment ce qu’il y avait de si divertissant à le provoquer gratuitement, mais elle commençait à emmerder sérieusement la logique. “Je voudrais continuer à te faire chier.” Pause. "Mais j'ai super mal au visage." Elle se lève et colle presque ses genoux au lit, tapotant nerveuse le bord en plastique, pense. "Tu veux que j'aille chercher un truc au distributeur ?"
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Sam 15 Nov - 19:52

Et si Andrew s'était un jour imaginé lui répondre comme il vient de le faire, il se serait sans aucun doute levé et aurait allumé une clope en se maudissant comme jamais. Pourtant, il en aurait eu, des alternatives de meilleure qualité - si seulement elle ne l'avait pas pris au dépourvu, c'est ça ? Sauf que c'est comme ça que ça marche et qu'il le sait, et la situation s'y prêtait bien, il ne peut pas lui en vouloir d'avoir saisi une occasion qu'il n'aurait jamais su qu'envisager.
Ah mais c'est vrai ça n'a pas toujours été le cas.
Parce qu'en plus de se sentir bouffon ( la morphine n'y est pas toujours pour quelque chose Cunningham ), ça lui semble tout à coup beaucoup moins évident que ça ne l'était dans sa tête et il en vient à se demander si la rousse ne l'a pas simplement entendu comme de très maigres excuses. Alors lui qui, trop concentré par sa propre connerie avait à peine remarqué cette même rousse piquer un fard après avoir parlé, la voit cacher son visage dans ses mains - et le voilà qui sourit pour on ne sait quelles raisons, vous savez ce genre de sourires auxquels on est plus habitué venant d'Andrew quand adressés à Elizabeth.

Ce n'est pas si long cependant, par décence ridicule, et il la regarde retirer un de ses élastiques sans comprendre, jusqu'à ce qu'elle parle et qu'il pense que "J'aurais dû m'en douter" : il la connait si bien après tout, c'est ce qu'il prétendait non ? << J'ai dit qu'elles sont pas dégueulasses, pas que je les adore >> Il les aime mais de façon très modeste et elle le sait. Et puis elle continue, se lève et s'approche, il hésite d'abord. << Tant que c'est pas au poulet ou au brocoli j'veux bien ouais. >>
Les vieilles habitudes et la faim qui, cette fois, commence vraiment à se manifester, veulent que c'est trop dur pour le grand Cunningham de lui dire qu'il préfèrerait qu'elle reste à le faire chier, donc il doit bien se contenter de cette réponse - et ça lui ferait de quoi remplacer ses foutues clopes l'espace d'un instant.
C'est dans les situations pareilles qu'il regrette un peu.
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Sam 15 Nov - 20:57

La rousse est prise d’une timidité complètement craignos. Ah ce serait bien le mot correct, elle pousse en silence le visage d’Andrew le hater des brocolis, ouais ça fait du bien punaise. Voilà le genre de conneries qu’ils se lanceraient aujourd’hui si y avait pas eu bien trois ans de chaos sentimental. Elle en profite et ne fait que jouer avec ses mèches éparpillées de partout sur l’oreiller avant de hocher la tête et de se reculer, à petits pas, les mains derrière le dos.

“Oh je suis quasiment sûre que y a pas de barres chocolatées au brocoli.” C’est très dommage, on ajouterait, mais à la place on lance un petit soupir et puis jetant un coup d’œil à ses sandales, on renonce, y allant plutôt à pied, parce que ça vaut pas franchement le coup survet’ d'hôpital en sandales… Non ça elle s’en fiche, elle préfère juste y aller en chaussettes et sans croiser la fille du petit coin de garde de nuit parce qu’on risque de lui poser des questions et alors elle perdrait son objectif de vue ! Ramener un truc sans poulet/brocoli au Cunningham.
C’est qu’elle ne sent pas sa poitrine battre plus légère en comprenant son cœur qui s’agite ordinaire, ses gestes qui redeviennent simples et ne s’embrouillent plus de sentiments, de panique ou de colère. Elle se dit soudain, c’est fou ce qui peut changer en vingt-quatre heures ! On est chanceux, ou on est tout à fait débiles ?

Ah ça par contre elle ne sait plus bien. Elizabeth se poste contre la machine au bout du couloir et sort son porte-monnaie de sa poche, sans faire attention à l’heure sur son écran, elle dodeline sur la droite et puis enchaîne les pièces, habile, tapotant le numéro le plus évident avant d’hésiter. - Hum petits on mangeait pas spécialement de trucs du genre - eh bien que prends-tu Sawyer.
Elle se décide pour des barres, comme elle avait dit au début, dommage que l’emballage soit pas fait avec un brocoli qui danse dessus, ça craint un peu. La jeune femme sourit, un peu blasée de se voir douter sur quelle friandise choisir et puis le téléphone vibre et elle regarde ses messages.

Un instant elle a cru que ce serait Amber, contactée par les parents d’Andrew, mais c’était juste son forfait mensuel qui remontait de cinq centimes avec la sonnerie hollandaise qu’Hippolyte lui avait fait télécharger la semaine d’avant.

“Putaaain Hippo !”

Revenant dans le coin près de la chambre d’Andrew, une aide-soignante de passage lui fit un sourire en tendant des linges de toilette et autre, ce à quoi Elizabeth répondit d’un rictus très embarrassé, puisque apparemment les proches qui restaient s’occupaient du côté “hygiène et confort” de leur si chère victime d’x ou y opération/merdasse advenue pendant qu’eux acceptaient de tenir la compagnie au gens. “ahhh bah oui alors c’est pas que de la compagnie à ce stade.”

Les bras chargés donc, la rouquine poussa la porte et se dirigea, zig-zaguant avec son dawa au bout des bras, les posa sur la table et reporta immédiatement son attention sur Andrew.

“J’ai été primée au rang d’infirmière. Ce que je trouve absolument salace. Elle a bien vu que j’étais une gamine. Enfin. Pourquoi j’te dis tout ça !”

Ah mais pas du tout ça ne lui faisait pas de méchants retours sur leur petite intermède de tout à l’heure, enfin.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Sam 15 Nov - 23:26

<< Doit bien y avoir quelques malades qui aiment ça >> mais il ne hausse pas les épaules, estimant que les brocolis ne valent pas la douleur. Il compte bien sortir de cet hôpital le plus rapidement possible, ne serait-ce que pour enfin pouvoir fumer à nouveau - putain Andrew arrête avec tes clopes à la con ! -, et ce n'est pas comme si lui et son égo appréciaient tant que ça son état de légume abîmé. Il lui manque toute cette liberté qu'il se confère habituellement, et ce n'est pas attaché à des machines bruyantes, entouré d'il ne sait combien d'infirmières et de médecins - ou alors ils sont tous partis ? -, incapable de ne serait-ce que tenter de faire un pas, qu'il retrouvera son indépendance.
En attendant, Elizabeth s'est reculée et est sortie de la pièce pour lui chercher autre chose que du brocolis et du poulet.
Donc le voilà seul.

Oui, mais ça aussi il en a l'habitude n'est ce pas ? Ca fait parti de son indépendance un peu trop chère à ses yeux justement. Allez on va pas tomber dans la plainte bien lourde et les flashbacks d'un passé pas assez pathétique pour une tragédie moderne, il en a juste marre de constater qu'elle était mieux sur son fauteuil que devant un quelconque distributeur à lui chercher de la bouffe. Ah mais ça c'est Elizabeth, ça a presque toujours été comme ça il lui semble.
Et maintenant qu'il y repense, aux heures précédentes - peut être que ce n'étaient que des minutes, il n'a pas pris le temps de s'intéresser à l'horloge qui décore le mur d'en face - tout lui semble assez invraisemblable et il se trouve à se demander si c'est vraiment la morphine qui l'a poussé à.
Et puis il se souvient de toutes les fois où il a commencé à regretter les décisions qu'il a prises, un peu avant de se convaincre que non, tout allait très bien comme ça et qu'il aurait dû tout arrêter bien plus tôt encore. Ces fois là où Elizabeth lui manquait peut être un peu de trop ? Ces trucs cons auxquels il s'était attaché, et puis ses deux couettes débiles, il était là à penser que "Ca fait un moment que je l'ai pas fait chier avec ça".
Alors Andrew sait bien que ce n'est pas la morphine.

Maintenant, son regard est rivé sur l'horloge et il attend.
C'est drôle parce qu'il n'a jamais été indépendant - et avant de nier, on se rappelle le paquet de clope qu'elle balance dans un coin et qui fait mal au coeur.
Eventuellement il se redresse, peut être parce qu'il n'a pas encore assez souffert, on sait pas trop, peut être bien qu'il aime ça et qu'il a des penchants malsains pour le masochisme, en tout cas il tend le bras vers le meuble à sa gauche et attrape son portable, tout en se permettant une grimace accompagnée d'un << Putain >> qui fait mal à entendre, l'allume, attend encore. S'étonne à peine qu'il soit éteint, lui qui est encore de ceux à rire des règlements intérieurs - allez savoir combien d'argent il dépense pour des chewing-gums qu'il ne mâche qu'en cours de façon très exclusive.
Non il n'y a pas de messages d'Amber pour lui hurler tout son mécontentement face à ce qu'il s'est passé dans cette chambre d'hôpital - comment pourrait-elle être au courant, aussi ? Comme si Sawyer s'était empressée de lui raconter, ou que ses parents avaient trouvé le temps de l'informer d'une certaine rousse à moins d'un mètre du Cunningham.
Ah mais Amber s'en fout autant qu'il se fout d'elle, non ?

A vrai dire, à part de médiocres invitations à ce qu'on veut appeler une putain de soirée mais qui n'est en réalité que, et Andrew le sait bien ça, une poignée de jeunes qui se bourrent la gueule sans trop savoir pourquoi et qui se sentent mieux en s'affichant un joint à la main, il ne s'est rien passé et il repose son portable plus ou moins délicatement, à peine agacé par le nombre de personnes qui lui parlent d'Amber. Oui parce qu'apparemment, << elle vient pas ce soir >> et ça devrait lui donner envie de bouger son pauvre cul de victime invisible alors qu'ici, il a le droit à une barre chocolatée du distributeur.
Justement, elle revient, une pile de linge dans les bras qu'elle pose sur la même table qui porte le vase, et se tourne vers lui.
<< J’ai été primée au rang d’infirmière. Ce que je trouve absolument salace. Elle a bien vu que j’étais une gamine. Enfin. Pourquoi j’te dis tout ça ! >>
<< J'en sais rien, c'est pas mon délire de toute façon, les infirmières. >> il lâche très naturellement pour quelqu'un qui… pour Andrew en présence d'Elizabeth ?
Et maintenant il réalise qu'il est plutôt dans la merde s'il a besoin de pisser alors qu'il n'est même pas en état de se lever.
<< T'as pris quoi ? >>
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 16 Nov - 1:18

Il y a cette intimité qui était partie pendant quelques dizaines de minutes, ou peut être beaucoup plus qui revient. Elizabeth n’est plus au courant de sa tristesse, ne se préoccupe pas de ce qui se passera ensuite, ne cherche pas à en vouloir à Henriette pour ne pas avoir prit la peine de répondre à ses nombreux messages. Pourtant elle avait eu peur, elle avait appréhendé, dans la salle de bain, mais ses doigts continuaient de taper malgré tout l’idiot malheur de Andrew Perceval Cunningham, son ex-petit ami, celui qu’elle voulait tant pour elle. Oui juste pour elle au point de la considérer comme une chose inutile au milieu de son chemin qu’il suffit de balayer d’un coup pour échapper à la conséquence. La conséquence dont elle ne parle pas, celle qui dépasse tout entendement et qui la secoue de spasmes depuis l’incident, lui interdit de rentrer chez elle.
Mais Elizabeth prévoyait de s’en aller et de suivre les pas honteux de son paternel en se cachant sous les couettes rassurantes de sa petite maison au sud de l’ïle. Elle n’en aurait pas bougé, pendant des jours, des semaines, des mois, ç’aurait duré encore et encore.
C’est un acte lâche, n’est-ce-pas ? Toutes ces années à le voir très loin, elle ne s’était pas questionnée, pas une fois demandé ce que les parents penseraient d’une personne comme elle. Pour les gens de l’île elle était une étrangère atterrie chez les natifs qui a réussi à grandir loin des étales et plus dans la fierté de son père. Et la voilà aujourd’hui qui n’est que l’objet d’une tromperie. Le couple d’Amber et Andrew qui semble si précieux aux yeux de la famille Cunningham et elle, tentant de se cacher dans sa petite robe si souillée pour une bien heureuse pulsion adolescente. Ce que bien sûr elle ne sait pas gérer. Tout ça lui passe au dessus et elle en fait abstraction, ignore pourquoi mais le désire plus qu’un quelconque retournement de situation. On est déjà bien silencieux depuis leur départ. Difficile de penser qu’on était l’un au dessus de l’autre, en train de se détailler si longtemps qu’il fut complexe de dissocier plaisir de réalité. Et puis on y est de retour.
Peut être bien que c’était trop brutal, alors le choc nous a dit d’agir comme des enfants, de se regarder, calmes, de ne plus bouger et de retenir tout ce qu’on peut retenir. Qui sait quelqu’un pourrait la sortir de force de la chambre, la traîner dans les couloirs en lui remettant du même coup le titre de péripatéticienne parce qu’après tout… elle l’aurait bien cherché.
Sauf que voilà, vous avez affaires à deux enfants, deux gosses qu’on a séparé volontairement, qui du moins l’ont voulu l’un pour l’autre, qui se retrouvent soudainement et se jettent dessus sans songer à la suite, puisque c’est tellement bon. Assez bon pour ne plus réclamer rien d’autre que l’attention de l’autre, son toucher, son visage entre vos mains et la chaleur de vos corps qui s’accorde juste pour votre glorieuse “survie”. Et au délà des brocolis, évidement vous aimez ça. Vous aimez tellement ça qu’il n’y a aucun mal à vouloir paraître cette gamine maladroite qui se ramène avec des cochonneries en main et qui s’achète le silence pour la nuit par des soins qu’elle prendra soin d'exécuter seule. Avec lui. Elle se dit qu’il sont passés à travers trente six mille phases et que ça ne va pas changer grand chose de l’aider à se nettoyer un peu. C’est comme si rien n’avait changé, un naturel qui leur appartient, propre aux deux, on ne sait comment, par quel rituel sordide. Simplement il se comprennent d’un croisement de l’autre, ils s’acceptent, aussi facile que cela puisse être en apparence. Elizabeth est terrifiée car si dépendante… Ses fichues clopes.

Alors il veut se distraire, hein.
Les impressions diffèrent, en une seule journée c’est pas mal de choses à assimiler alors elle inspire et se tasse sur la chaise que les linges sur la table camouflent. Là, en écoutant Andrew, elle réalise que sa remarque sur ses fantasmes personnels la ferait presque sourire et lui tend le paquet de twix/mars, autres choses assez cool selon la conscience actuelle qui essaie de se défaire du souvenir de la machine infernale qui demandait à choisir entre le 36B et le 27H à savoir un paquet de cacahuètes enrobées d’un truc sucré écœurant et un autre truc tout aussi écœurant. Oh et merde dis pas ça tu voulais juste vérifier qu’Henriette allait pas se pointer et puis toi disparaître comme la bonne héroïne que tu t’es promise d’être… Au lieu de ça tu restes, c’est tout.

La fille se lève et se pose devant lui, qui tient le paquet. Elle ne fait que regarder, dévisager, sans rien dire, rien que le muet entre eux pour laisser l’air passer. Car elle se sait si têtue, si peu délicate avec les mots qu’il faut bien un peu de temps au Cunningham. Alors, elle procède par étape, qui sait.

“Je me suis imaginée plein de fois comment ce serait d’avoir une discussion normale avec tes parents.” Pause. “Je crois que c’est mal parti. Tu ne t’intéresses qu’à mes foutues couettes. C’est très dommage.”
Elle lui sourit, docile, n’a jamais eu beaucoup d’humour. “Tu sais je ne veux vraiment pas que tu en parles à Amber quand. Vous vous rabibocherez.” Lève les yeux, toujours coudes appuyés contre le matelas et le coussin au sol pour les genoux. “Je suis triste sans toi. Je suis toujours triste sans toi et je ne peux rien y faire. Je suis triste quand je ne sais pas quoi faire pour te calmer parce que tu frappes des cons, je suis triste de ne pas appeler Amber parce que je ne veux pas, je ne peux pas, je suis triste de ne pas savoir quoi prendre au distributeur et je suis triste de ne pas fantasmer sur les gars aux côtes fêlées autant que sur toi et tes côtes fêlées. Triste c’est même pas le bon mot d’ailleurs j’essaie juste de retarder le moment où- faut revenir à Upapany. Ce qui attend dehors. Tout. Il n’y a que toi pour réguler les choses. Stupide Andrew Perceval de mes deux Cunningham.”
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 16 Nov - 15:18

Si on peut appeler ça un 'merci' ? Peut être pas, peut être que le silence est trop considérable pour qu'il ne prenne la peine de le briser avec des formalités inutiles - parce que suivre une étiquette trop contraignante dans sa grande liberté, c'est inconcevable pour Andrew Perceval Cunningham, on le connait assez pour le dire. Mais peut être qu'il n'y pense même pas, comme dans ces années où l'insouciance est presque glorifiée par ces espèces de silhouettes grises et mornes de par leur nostalgie et le ridicule regret qu'elles éprouvent quand elles réalisent que "oh, c'est vrai, c'est bientôt la fin".
Il n'a jamais été de ces personnes sucrées, lui, mais avec quelques côtes de fêlées, un mal de crâne à la limite du supportable, un esprit un peu embrumé par la morphine il lui semble et la présence d'une autre Elizabeth perdue quelque part dans cet "ensemble d'hosto bleu vert dégueulasse", il peut bien se permettre ce genre dextravagance - et puis, remplace nicotine par endorphine et regarde le s'agiter dans tout ce bonheur surfait, c'est un sourire, et lui même il ne sait pas d'où il le sort, qu'il lui donne en échange du paquet - et pourtant il l'ouvre dans une vitesse modérée pour quelqu'un qui a refusé les pauvres brocolis qui maintenant s'éternisent sur la table. Bien loin.

Andrew sourit beaucoup, vous savez... Correction, il souriait beaucoup. Enfin ça dépend si on considère le rictus de l'insolent comme un vrai sourire, parce qu'elle l'a bien dit, l'autre, il a des tendances de grand gamin incompris et presque niais, comme quand il s'excite devant les cuisiniers qui ont l'audace ! de servir du poulet à midi - ah oui et son attachement à Nagoya, n'en riez pas il est très sensible à ce sujet.
Mais Elizabeth le connait et elle sait tout ça, n'est ce pas ?
Justement, elle se lève et s'approche, le regarde sans rien dire et il répond à son silence tout en ne pas savourant la barre chocolatée parce que finalement ça ne pourra jamais remplacer le goût acre de. Non on avait dit qu'on arrêterait avec ça Andrew. Il saura totalement s'en contenter, parce qu'à choisir entre ça et brocoli/poulet - ça ne s'appelle plus un choix.
Et puis finalement elle parle.
<< Je me suis imaginée plein de fois comment ce serait d’avoir une discussion normale avec tes parents. Je crois que c’est mal parti. Tu ne t’intéresses qu’à mes foutues couettes. C’est très dommage. Tu sais je ne veux vraiment pas que tu en parles à Amber quand. Vous vous rabibocherez. Je suis triste sans toi. Je suis toujours triste sans toi et je ne peux rien y faire. Je suis triste quand je ne sais pas quoi faire pour te calmer parce que tu frappes des cons, je suis triste de ne pas appeler Amber parce que je ne veux pas, je ne peux pas, je suis triste de ne pas savoir quoi prendre au distributeur et je suis triste de ne pas fantasmer sur les gars aux côtes fêlées autant que sur toi et tes côtes fêlées. Triste c’est même pas le bon mot d’ailleurs j’essaie juste de retarder le moment où- faut revenir à Upapany. Ce qui attend dehors. Tout. Il n’y a que toi pour réguler les choses. Stupide Andrew Perceval de mes deux Cunningham. >>

Andrew est devenu poli, il l'écoute jusqu'à la fin, toujours là à manger lentement ce qu'elle lui a apporté. Il la regarde alors que ses coudes s'enfoncent toujours un peu plus dans le matelas avant de tout relâcher dans un mouvement défaitiste qu'il n'aime pas voir chez elle. Et puis quand elle a fini, il ne parle toujours pas. On aimerait que le silence soit fourbe et révèle tout ce qu'il ne dit pas, que ça soit l'ultime échappatoire à la parole absurde mais non, c'est juste qu'il ne sait pas comment répondre aux demi-accusations de la rousse aux deux couettes - et alors il n'y en a plus qu'une.
<< T'es vraiment bête. >> Et ça lui semble la meilleure façon de commencer un discours poignant quand signé Cunningham. Il froisse l'emballage et le jette sur la table parce que dans cet état, se prendre pour Tony Parker et viser la corbeille à l'autre bout de la pièce serait ruiner le peu de crédibilité qu'il lui reste. << Je pensais que t'avais compris mais apparemment y'a qu'en maths que ça marche bien là dedans. >> Et il devrait se rappeler que Sawyer a pris congé et qu'il est en face d'une Elizabeth triste - ça faisait longtemps, alors il soupire. << Y'a de ses potes qui m'ont dit qu'elle veut qu'on se remette ensemble. Je sais pas si c'est vrai, mais elle a arrêté de me fusiller du regard, c'est déjà ça. >> Il s'arrête et son regard se porte sur l'écran de son portable qui vient de s'allumer, bien sur que ce n'est pas elle. << Vous êtes graves à avoir une fixette l'une sur l'autre,  sans déconner. >> Maintenant il s'arrête pour la forme, vous savez il faut maintenir cet aspect un peu théâtral et on en rira dans deux ans. << Mais. Ca n'arrivera pas, Eliz. On va pas se "rabibocher". J'ai pas l'intention de ressortir avec Amber. Tu comprends ça ? >> Il pourrait le lui dire de mille façons différentes qu'elle ne comprendrait pas, il pense. << J'veux dire, elle pourrait se mettre à genoux devant moi que je dirais non parce que. J'te l'ai déjà dit, je préfère quand tu souris. >> Et la logique veut que quand elle est triste, Elizabeth Sawyer ne sourit pas. << J'peux te faire un dessin si t'as toujours pas compris. Ca fait, je sais pas, quatre, cinq ans que j'attends que ça arrive et toi t'as rien de mieux à faire que de me parler d'Amber comme si elle allait vraiment venir alors qu'elle doit être en train de remplir son septième placard de fringues pour m'oublier. >>

<< De toute façon Nagoya t'a toujours préférée à elle. >>
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 16 Nov - 17:46

Elizabeth ne sait pas pourquoi elle parle pourquoi ça ne veut pas s’arrêter, il est pourtant là en train de la voir faire et lui ne dit rien, et ça non plus elle ne sait pas pourquoi. Le film a fini par devenir si imposant dans sa tête qu’il a explosé en plein de morceaux qu’on ne peut pas faire coïncider ensemble et si ça se rejoint ça  la convainc de plus en plus que les choses n’iront pas mieux, empireront et la laisseront à sa solitude habituelle. La à penser qu’Elizabeth Sawyer restera Elizabeth Sawyer et le ramassera une fois sur deux au bord de la route. Pourquoi si illogique, idiote et pas lucide, pourtant ils n’ont fait que se prouver coup sur coup que leur relation les emmenait nulle part, qu’il n’y avait qu’eux au bout et elle ne cesse pas de vouloir se persuader que bientôt, ce sera fini. Mais quoi donc.

Il revient, il revit, peu importe ce qu’il fait, elle glisse sur le papier qui vient de s’écraser en silence contre la table, non c’est pas un caillou Sawyer tu deviens totalement allumée ou quoi ? C’est une de tes trouvailles de plus tôt il fait que les enchaîner sans rien dire pendant que tu lui déblatérais tes petits soucis monstres. Oui je suis vraiment bête, réagit-elle dans sa réflexion volontaire. Non, il faut pas lui répondre qu’est-ce-que tu vas bien pouvoir répondre de toute manière.

Pendant qu’il se lance, toi tu essaies de ne pas fuir le matelas auquel tu es accoudée mais automatiquement tu finis par te redresser et tu tombes en arrière, te rattrapant sur le bout de tes bras. Ah ça je t’avais bien prévenue on joue pas à ça avec un Cunningham. La rousse l’entend qui poursuit pendant que des images par débit infernal viennent, de lui enfant, d’elle enfant, d’eux. Avant. Elle veut se dissimuler quelque part, oui tellement exposée sur le moment que son regard ne trahit rien. Andrew, arrête. Andrew, Andrew. Après tout il n’y a que ça qui te revient et tu ne veux pas réfléchir à tout ce serait trop de pression, tu te tasses petit à petit et.

Non me fais pas de dessin enfin tu sais bien que je suis plus forte qu’un dessin pourquoi tu te moques, pourquoi tu parles des maths. N-Non dis pas tant de trucs à la fois c’est viscéral en fait tu veux vraiment ma mort Cunningham, tu veux que je te gueule dessus ou quoi. Nagoya qu’est ce qu’elle fiche là Nagoya,  pourquoi on parle de Nagoya ?

“Si ça te rassure je préfère Nagoya à Amber.”

La rousse se tait et tente de se concentrer toujours au bord du matelas du brun et chauffant comme un sachet de pop-corn au micro-onde. “Félicitation tu sais très bien me faire chier, maintenant je veux t’embrasser, bordel.” Silence. “J’ai juste pas l’habitude ok. T’aimer et tout. C’est débile mais c’est comme ça. Fais-toi y je sais pas.” Détourne le regard. “Putain je devrais même pas dire ça, franchement.”
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 16 Nov - 19:19

Ah cette fois-ci devrait être la bonne, non ? Parce qu'il se sent à la limite de l'explicite, si proche que ça serait presque impossible pour la rousse de survoler ses paroles comme elle l'a presque fait tout à l'heure - oui elle l'a entendu au sujet de ses couettes mais pas de la bonne façon peut être. Alors Andrew la regarde balancer en arrière et se rattraper à l'aide de ses mains tandis que la sienne plonge dans le paquet pour une nouvelle merveille de ces chocolats discutables, mais toujours la même, vous savez, l'autre n'a jamais été aussi calme et sommeille de l'autre côté du lit parce qu'il ne se voit pas porter ces doigts là à sa bouche alors que.
Donc on réserve cette main pour les choses moins décentes qui n'arriveront pas dans les minutes à venir et avant qu'elle ne rencontre le jet du robinet.

Et puis, si elle est toujours aussi obnubilée par cette blonde aux seins qu'il n'a jamais su accepter à leur juste valeur parce que, oh malheur, mauvaise personne, c'est pas vraiment toi que je veux - il pourrait toujours s'y tenter à coups de << Je t'aime >> mais c'est la même personne qui n'y est pas parvenu quelques années plus tôt et qui s'est muré dans une espèce de frustration stupide et destructrice parce qu'incapable. Encore faudrait-il que Cunningham redevienne aussi direct qu'il ne l'était à dix ans, puis à douze, moins à quatorze et dans l'autre sens à seize - n'en attendons pas de trop, de l'handicapé dans son lit de malheureuse victime, ça fait beaucoup de changements en seulement vingt quatre heures pour quelqu'un qui n'a pas son poulet de compagnie pour le rassurer.

<< Si ça te rassure je préfère Nagoya à Amber. >>
Alors Andrew est rassuré.
Elle continue à balancer de ces mots qui le font sourire et - c'est vrai qu'Elizabeth est douée pour ça, il avait oublié à quel point, dans d'autres circonstances moins réjouissantes et ponctuées par leurs échanges plats qui sont devenus une habitude, il en aurait presque été effrayé. Et quoi, est-ce qu'il a vraiment fallu qu'ils se branlent pour que tout se brise et se reconstruit sans même qu'on ne le demande et qu'on ne s'en rende compte ?
Apparemment Andrew tout comme Elizabeth sont... Non il n'y a pas de mot.

<< Tu m'apprends rien là, j'ai toujours su te faire chier. >> Et c'est vrai, il se souvient bien de ces fois où il l'empêchait de faire ses devoirs parce que monsieur s'ennuyait et monsieur ne voulait pas s'entraîner en divisions. Sauf qu'à l'époque il l'embêtait, maintenant il la fait chier - on note le remarquable développement. << Ah mais je m'y suis fait c'est bon. Et à part pour le goût de chocolat dans ma bouche je vois vraiment pas pourquoi tu te retiendrais d'ailleurs. >>
Lui, c'est juste qu'il a peur de ne pas pouvoir se redresser sans lâcher des cris d'animaux persécutés s'il se penche.
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 16 Nov - 20:41

Sans trop savoir comment ils redevenaient Elizabeth et Andrew. Sans trop savoir comment ils étaient à l’aise l’un à côté de l’autre et s’observaient d’ici, de cette proximité, encore en train de s’envoyer de petites piques qui ne font plus mal, qui ne coupent rien du tout. Seulement de l’amitié pure. De l’amitié ? Vous vous trompez sans doute de mot, c’est l’écho qui traverse la pièce avec les identités de leurs personnes passées et leur disent combien il était drôle de les regarder s’embêter l’un, l’autre sans que quiconque puisse les interrompre, mais c’est loin, très loin et Elizabeth ne sait plus où se mettre quand il admet supporter l’idée d’un amour d’elle à lui, elle ne sait pas comment se comporter.

La rousse sourit quand il ouvre la bouche, lève les yeux, à sa remarque. C’est désobligeant, c’est tout à fait Cunningham mais au lieu de se plaindre elle le laisse piocher dans son sachet, elle, à même pas un mètre de son engouement inexplicable pour le chocolat. Non vraiment, rien ne te retient. La jeune fille s’y prend comme un pied mais l’invite à se pousser “pour un malade tu n’es pas très sympa ou coopératif, tu prends toute la place”, elle balancerait habituellement. Au lieu de ça Elizabeth se remet au dessus du garçon pour ne pas lui faire mal et attrape une barre dans le plastique, lançant un long échange au brun qui n’arrête jamais de manger. Rien de sexuel, cette fois à cette position. Sawyer ne fait que couper en deux sa friandise et la mâche sans rien débiter de ses paroles idiotes.
Jusque présent rien de très matheux, les remarques d’Elizabeth. Une fois qu’elle a avalé et bien elle défait ses cheveux, les remet en place, là face à Andrew, sans rien dire, s’approche de lui, embrasse sa joue.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 16 Nov - 22:11

C'est drôle à voir mais comme un gosse, il est très fier de l'avoir fait sourire et lever les yeux dans un contexte différent des jours où ils se croisaient et se regardaient et se parlaient dans toute cette animosité grotesque. Encore plus drôle - oui c'est à se tordre de rire ! - est de se rendre compte que ces jours ne sont pas aussi lointains qu'ils en donnent l'impression, à vrai dire c'est comme ça qu'on agissait le jour d'avant encore. Et, il se le demande, est-ce qu'il y a vraiment moyen de fermer les yeux sur cet enchaînement de conneries, oublier les trois années précédentes comme si on venait à nouveau d'entrer en troisième - parce que c'était la troisième, non ?
Ah, oui, c'est hilarant même.

Elizabeth se lève et grimpe sur le matelas pour retrouver cette 'position condamnée' qui lui a valu des regards froissés et quelques larmes, et lui, Andrew Perceval Cunningham, ne fait rien d'autre qu'hausser un sourcil tout en terminant la barre qu'il ne s'est pas vu entamer - bon, pour quelqu'un qui n'aime pas ça, tu vides le paquet avec un drôle d'enthousiasme. Mais vous savez, la différence entre une barre de chocolat ou de nicotine est infime qu'on voudrait dire.
Alors oui, ils sont là à manger, l'une dessus, l'autre dessous, sans rien dire parce que ce serait trop dommage de briser ce silence-ci, comme tous les autres, jusqu'à ce qu'elle ait fini et détache ses foutues couettes - le paquet qui abrite encore deux ou trois malheureux chocolats part rejoindre les autres papiers sur le meuble tandis que la rousse s'approche et l'embrasse sur la joue.
<< … Tu sais qu'on est plus en primaire, le bisou sur la bouche va pas te mettre en cloque. >>
Mais elle l'amuse, c'est évident, et il attend un peu avant de répondre de façon convenable cette fois. Et tout est beaucoup plus innocent et chaste et doux, Elizabeth n'a pas à s'inquiéter, il semble s'y faire sans aucun souci et tant que l'honteuse main reste immobile sur le drap blanc, tout devrait bien se passer n'est ce pas ?
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Lun 17 Nov - 17:45

Quelle importance; ce ne sont que des mains. Elles l’ont touché, mais à bien des égards il n’attendait que ça. Tu n’étais pas mieux, d’ailleurs. A mesure que le goût acidulé du chocolat te fausse le palais en s’échappant de toute saveur, tu sens son souffle contre tes joues et l’odeur sucrée qui atteint ton nez, chatouillé. Toi, perturbée ne bouge pas quand il atteint tes lèvres et, qu’effectivement il ne provoque rien d’autre qu’un profond et faible sentiment de manque. Mais c’est vous, ça y est ça n’est plus le couple de fauves irrépressibles et imprévisibles. Vous êtes tellement calmes qu’il est difficile de vous discerner dans la pièce qui s’endort en même temps que la nuit se dresse. Elizabeth est appuyée contre les draps, ses paumes commençant à redessiner les plis de ça et là, vous vous y êtes déchaînés à présent, il n’y a que vos baisers pour s’échanger et se distraire d’une autre envie. - dont vous vous passez tellement bien - c’est très habile. La jeune fille abandonne une main aux cheveux du garçon et embrasse le bas de sa figure sans toucher aux plaies, sans s’attarder sur les blessures, même si elle le voit, elle le sent en même temps que sa mince douleur, ça doit se répandre elle ne sait où, mais Elizabeth veut simplement le savoir ici et pas autre part. Le silence, la lumière tue sous la porte la rassure, car elle le sait en sécurité.

Éternellement, à revenir à leur passé, à leur simple présence l’un pour l’autre, redoutant le moment où il faudra s’en aller d’ici, retrouver l’ordinaire, se refaire au quotidien. Tout ses mots repartent entre le vide et ses oreilles, tout ce qu’il n’a pas pu lui dire, sinon attraper son regard, quelques secondes dans un couloir - la haine factice, on y était très doués, on avait un petit talent pour ça, c’était dans notre liste - Ah non parlons plus de la liste, c’était même pas notre liste, c’était juste ton petit trouble obsessionnel entre dix et seize ans, ça avait vite disparu une fois Andrew quelqu’un, pas ton Andrew.
Peut être que c’est égoïste et qu’il ne devrait pas être elle, qu’il ne devrait pas lui appartenir, qu’elle ne devrait pas lui imposer sa présence au dessus de lui et sa bouche incapable de se défaire de la sienne parce que trop habituée. A part le goût du chocolat, oui.

La rousse a une main sur son front et prudente atteint son cou, le couvre de ses affections comme une marque laissée exprès pour qu’il se sente si proche d’elle, se relève et replace de ses cheveux en arrière, se tait.

“J’aimais bien quand on était en primaire… J’aime mieux maintenant.”

“Because maybe, in a way, we didn't leave it behind nearly as much as we might once have thought. Because somewhere underneath, a part of us stayed like that: fearful of the world around us, and no matter how much we despised ourselves for it--unable quite to let each other go.” Kazuo Ishiguro

“Dis je suis fatiguée alors embrasse-moi encore si tu veux.”
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 23 Nov - 18:18

Ça a quelque chose de vraiment différent cette fois-ci, à tel point qu'il se demanderait presque si l'un ou l'autre n'avait été que la conséquence d'une imagination trop exploitée et de la proximité déstabilisante de la rousse. Mais ce qui auparavant le faisait s'agiter, troublant les sens et l'esprit de l'imperturbable pris au piège par cette folle envie de briser toutes les règles qu'il a lui-même établies - ce qui était comme une impulsion pas tout à fait raisonnable, plus tôt, est devenu reposant, plus reposant qu'il ne se le serait jamais imaginé. Et c'est vrai que pour Andrew, il devait toujours y avoir une once de violence dans tout ce qui était trop plaisant à ses yeux, comme s'il n'y avait rien de totalement blanc et bon autour de lui et surtout l'impliquant.
Alors il est étonné de penser qu'il s'est trompé, parce que les lèvres d'Elizabeth, qui ne s'écrasent pas contre les siennes mais s'y posent lentement et délicatement - son toucher, sa présence, tout est tellement doux, il y croit à peine. On ne cherche même plus à dire en quoi c'est une de ces erreurs regrettables, on veut juste se contenter de la rousse et rien que de la rousse.

Sa respiration s'est calmée, il approche une main de sa joue alors que ça s'embrasse encore, ne voit pas la lumière faiblir car trop occupé à s'enfermer dans cette espèce de bulle pour mieux profiter de ce qu'ils se concèdent et la voir descendre jusque son cou alors que sa main continue son mouvement long et machinal dans ses cheveux - ce n'est pas aujourd'hui la première fois qu'il se dit qu'elle sent vraiment bon, mais c'est probablement la première fois depuis de longues années qu'il l'assume. Sensation plutôt étrange pour le brun qui ne s'est décidément pas habitué à ce genre de choses.
Elle se redresse, parle, lui ne va pas s'empêcher de l'embrasser comme elle le lui a demandé, il se sent aussi fatigué et de toute façon, il l'a dit, s'il n'en avait pas envie, il ne le ferait pas, n'est-ce pas ?

Il a menti. Ça lui manquait, ces moments-là, en primaire, où tout était insouciant et avait promis de le rester. Mais Andrew n'avait pas eu de cette Elizabeth-ci, quand il a menti.
Il ne doit pas s'être rendu compte qu'il a arrêté, qu'il a fini par refermer ses bras autour d'elle et que ça fait plusieurs minutes qu'il ne dit rien, ne fait rien d'autre qu'inspirer son parfum en se rappelant chacun de ces instants qui n'ont jamais vraiment voulu le lâcher jusqu'aujourd'hui - ou peut être que c'est lui qui y est trop attaché, on ne sait pas.
<< Je sais que je peux plus rien rattraper maintenant. Mais. J'en ai plus envie, je. C'est très bien comme c'est, là. >>
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 23 Nov - 21:15

Si tu veux, si tu veux, c’était une possibilité. Andrew, elle le connaissait, par beaucoup de qualités, de défauts. Elle pourrait le définir, sur des pages et des pages d’étude ridicule, si elle le voulait. Elle pouvait décrire combien son nez se plisse adorablement lorsqu’il se met en colère contre elle, elle pourrait dire que ses joues ne changent de couleur que sur le coup de la rage incommensurable le submergeant, qu’au contraire ses oreilles rougissent avec l'appréhension et l’acceptation. Elizabeth ajouterait combien Nagoya est importante, même si elle n’a jamais vraiment compris comment elle avait fini avec eux en quasi-permanence, à quel point il adore les pantalons à carreaux, autant possible, jusqu’à ce qu’elle finisse par les aimer. Et elle pourrait écrire, plus brièvement la façon dont ses cheveux bouclent, comme pour un petit garçon quand il sort à peine de la douche pour lui ouvrir précipitamment la porte parce que bien entendu elle est venue en avance. Mais elle ne connaissait pas Andrew si tactile, elle ne le connaissait pas si doux, au contact, elle le savait seulement doux au regard et à la façon dont ses yeux s’ouvrent, sauvages et lumineux d’un éclat amusé et excité. Andrew n’est ni excité, ni amusé. Il est juste son Andrew. Elizabeth le devine à sa prudence contre ses lèvres et la façon dont celle du haut remonte lentement contre le bord de sa bouche, tandis qu’elle cherche à reprendre un peu de son souffle sans y parvenir totalement. La main qui se glisse contre son visage blessé ne lui frôle que distraitement les points de suture, alors qu’Elizabeth tend déjà à sourire, pendant que le baiser du Cunningham se rabat contre ses sens, au point de la faire pencher vers l’avant, puis elle recule, elle se retient, elle ne veut pas trop le pousser… dans la si justifiable fatigue. Elizabeth est heureuse- Tant à penser que, tant qu’Andrew serait là, il ne fallait s’inquiéter que d’Andrew, ce dont il était capable, de lui à moi. Tellement de choses… trop de choses. Fatigués, on est fatigués, on verra ça plus tard.

On affrontera plus tard, on saura le faire, d’une autre façon, sans blesser, la même blessure qu’entre nous… Combien de temps avant de se réveiller… si ce n’est pas un rêve. Car ce n’est pas un rêve.-
Le revoit sur la plage et se précipite jusque lui, un seau à moitié vide, l’autre d’eau et d’un crabe violet tacheté de vert, les yeux rivés sur le brun qui s’assied sage sur les rochers, pendant qu’elle le pose, s’accroupit, observe sagement. “Et ensuite, que va-t-il devenir, dans l’océan.” Pause. “Comment il fait, seul ?”
Comment avons-nous tenu, seuls ?

A mesure que les échanges passent et s'imprègnent dans leur peau avant si chaste, les fenêtres se couvrent du manteau de nuit, les lumières étreignent la chambre en silence, les couloirs sont laissés allumés, les voix disparaissent. Andrew l’enlace soudain.
Un sentiment si intense passant de son dos à sa nuque, la fait se soulever, et Elizabeth tremble, l’écoutant. Elle essaie de ne pas chavirer, de ne pas faire buter sa tête contre son épaule si sensible, si bouleversée. La jeune femme inspire, rencontrant finalement ses omoplates et en traçant le contour qui cogne ses mains, dans l’élan. Elle l’entend et descend de quelques centimètres, sent sa poitrine émerger d’une mer imaginaire, les flots retombant dans le bassin de la rousse qui… a l’envie, l’imprudence de se trouver importante.

Non, lui aussi est très important. Oh, si important pour qu’elle ne chute pas et le fasse retomber contre son lit. Elizabeth le soutient et la voix d’Andrew pétrifiant tout ses gestes, elle se crispe, au travers des nombreux sanglots se libérant. Violents, interrompus de gémissements si pleins de gratitude qu’elle ne tient plus et éloigne le brun de son corps, redressant le gamin comme s’il était en guimauve, agrippant son visage et déposant ses lèvres partout où il est possible de les laisser faire leur trace, lui brûlant.

Son odeur est comme celle des draps qui l’accueillent dans une chaleur étouffante et si bénine, d’un instant à l’autre. Si nécessaire. Andrew.

“Retiens-moi et ne me laisse jamais partir.”
J’ai lu ça quelque part. C’est très cliché, mais c’est bien comme c’est, là.

- And i never stopped.
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Lun 24 Nov - 22:56

Ce n'est pas le genre de choses qu'Andrew a l'habitude de faire et de dire, mais il faut bien de ça pour avancer, non ? Tirer un trait sur ces mauvaises habitudes justement, parce qu'elles n'ont fait que les enfoncer et les briser davantage, jusqu'à ne plus savoir comment tout a commencé et comment tout va finir - probablement seul, l'un comme l'autre, à ne plus oser lever les yeux vers le ciel parce que c'est ce qu'on aimait faire quand tout allait bien encore, tuer le temps à compter les étoiles.
Ils n'auraient plus été qu'un lointain souvenir qu'on préférerait effacer car trop oppressant, à se hanter aux pires instants, voilà où ça aurait pu les mener - mais c'est vrai, ce ne sont que des gosses, ce genre de choses passent sans qu'on s'en rende vraiment compte, n'est ce pas ?
- Et si ça passait trop vite, en réalité ?
Alors Andrew ne se retient pas, ne recule pas, se moque de ces habitudes grotesques qui ne lui servent plus à rien dans cette chambre d'hôpital à présent sombre, uniquement éclairée par la lumière des couloirs et celle, clignotant paisible, des machines.

Vous savez, quand il dit qu'il ne regrette rien, avec toute la bien connue fierté artificielle dont il se drape, il pense toujours à une chose, cette même chose qu'est Elizabeth Sawyer. Pardon, plus qu'une chose, et il ne la reconnu que peu de fois ces temps-ci, Elizabeth Sawyer est une personne. Chère aux yeux du Cunningham qui la tient dans ses bras sans même penser à la lâcher, parce que ça voudrait dire trop de choses et il ne pourrait pas.
- Et puis. Fatigué, il en a un peu besoin. Un peu.

Quand il a réalisé pour la première fois qu'elle avait changé, Andrew n'a pas vraiment compris ce qu'il s'était passé. Parce que c'étaient les mêmes couettes qu'hier, le même visage et la même voix, les mêmes paroles et il lui avait semblé le même esprit, pourtant la différence était considérable. On se surprend à se dire que "finalement, c'est plutôt joli la façon dont ses cheveux retombent sur ses épaules", on remarque chaque nuance de marron dans ses yeux sans trop savoir pourquoi on ne les a pas remarqué plus tôt. On voudrait soudain qu'elle continue à parler, juste pour le plaisir de l'entendre, parce qu'on s'en fout des maths, au fond, mais on ne dit plus rien et on la regarde s'emporter pour telle ou telle chose, à sa manière, celle qu'on aime bien.
Et peut être qu'en prenant un peu de recul, on se rend compte de ce que ça veut dire et on accepte, comme le grand garçon que l'on est.
Sauf que c'est pas censé marcher comme ça - ou alors c'est moi le problème ?
Il ne sait toujours pas pourquoi ça n'avait pas marché, mais maintenant, il n'a pas le regard rivé au plafond, ne tue pas le temps à compter les taches. Ironique, il ne veut plus.

Il la sent s'agiter contre lui, toujours dans cette espèce d'incompréhension qui décidément lui va très bien, jusqu'à ce qu'il l'entende et qu'il voie son visage bouleversé par des sanglots sortis d'il-ne-sait-où ; elle l'embrasse, encore et encore, sans arrêt, aucun.
Inattendue comme la fin ou même le début de cette scène, ces mots qui signifient beaucoup et qui résonnent sans cesse. Une main vient du mieux qu'elle peut arrêter les prochaines larmes dans leur chute, "c'est pas nécessaire" et il a l'impression d'être expédié quelques années en arrière, une de ces fois où l'une tombe et l'autre rit avant de réaliser qu'elle s'est fait mal, qu'il s'approche pour s'excuser. Plus que jamais, Andrew s'en veut de l'avoir regardée partir tous les jours depuis trois ans sans avoir cherché à la retenir.

Peut être qu'il aurait dû.
Ça passe vraiment vite, et il le sait.

<< Je t'aime. >>
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Mar 25 Nov - 20:49

Ce qui la fascinait, c’était bien le regarder. Inappropriée depuis le début, leur décadence mutuelle, de toujours, partout, tout le temps. Avec n’importe qui. S’éloigner était insupportable, insurmontable. Plus l’espace se créait, avec les années, plus il s’habituait à leur dépendance, ne leur laissant rien, sinon de moins en moins de paroles échangées, de regards approuvés, de sourires envoyés. Elizabeth, cependant nourrissait la même fascination pour Andrew depuis le début, rien n’avait jamais pu l’en empêcher. Elle s’était surprise, à force des années, à voir que ses dessins traçaient un peu plus le joug du garçon qui se forge pour devenir un homme. Les grains de beauté jonchant sa peau se multipliaient et s’amourachaient du teint légèrement plus contrasté que prenait sa couleur. Il n’était plus le pâle enfant se cachant dans son manteau, près d’elle, quand ils s’asseyaient sur le pont, là, à observer la rivière. Les morceaux gelés qui se perdaient sur le courant, pendant qu’ils s’occupaient de gentillesses l’un pour l’autre.
Sa plus grande phobie était donc de le voir si grand et si beau, dressé devant tous les autres pendant qu’elle reste dans la foule, à vouloir l’atteindre sans l’accorder à ses jambes frêles. Pendant qu’elle se cache sous des vêtements sobres et purs, il enfile ses T-Shirts et fuit avec sa belle, il a les pantalons à carreaux qui retiennent son attention, au détour d’un couloir. Son carnet est rempli de croquis, lui, rien que lui. Des pages et des pages camouflées de paysages, formant petit à petit son visage.
Peut être au fond avait-elle peur d’oublier ses traits, d’oublier l’Andrew qu’il avait été avec elle. Il changeait tellement que rien ne voulait rester en place dans sa tête. Elle était scandaleusement accablée par sa facilité à l’attirer, à la faire s’enfoncer un peu plus dans la masse pour ne pas chercher à le désirer. Car ils étaient alors si loin.

Si différents. Ce qui n’avait jamais été une façon précise de les définir, après tout ils s’associaient si aisément que penser à une quelconque faille dans leur ensemble pouvait détruire la logique établie… Ensuite, elle l’aimait. Elle ne l’aimait plus comme une fille aime un garçon, elle ne l’aimait plus comme un frère aime une sœur, elle ne l’aimait plus comme celle qui veut celui qui ne la veut pas. Elle l’aimait, en entier. En entier malgré les mètres qui les séparaient à chaque fois, en entier malgré la poigne indécente qui pressait son cœur à le voir d’ici si plein de vie, et elle aussi. Elle ne comprenait pas ce qui l’animait tant, ce qui la faisait tenir, maintenant qu’il n’était plus avec elle.

Elizabeth réalisa que, peu importe leurs règles, peu importe leur fonctionnement, elle l’aimait tout entier.
Heureuse, rien qu’avec cette idée dans la tête, mais si bouleversée par lui qui va à toute allure, pendant qu’elle ralentit, ralentit, ralentit.
Voilà ce qu’il dit, maintenant. Il s’est enfin arrêté de tourner, la pendule si foireuse, si bornée qu’il s’amusait, se plaisait à être. La rousse amène aussi une main à ses larmes et s’essuie, maladroitement, rencontrant les doigts du brun, encore et toujours en train de l’arrêter de pleurer. Elizabeth glisse son pouce contre les sourcils d’Andrew.

Lui revient ce petit air qu’elle chantonnait, pour rien, sans doute. Qu’elle lui fredonne à l’oreille.

“Il est beau, il est très beau, mon bel oiseau. Il a une aile, qui chancelle, mon bel oiseau, mais je l’aime, mon bel oiseau. Il est très, très, tellement beau, mon oiseau, mon, amour.”
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 7 Déc - 0:44

D'après lui, il avait déjà envisagé chaque scénario possible, tous radicalement différents les uns des autres, exploitant tout ce qu'il y a à exploiter pour des niaiseries de ce genre - il y avait eu ces moments où il s'est perdu dans des choses un peu étranges et incongrues, il ne saurait pas trop dire d'où il les a sorties et pourquoi ça a tourné de telle ou telle façon. Ce n'est peut être pas le but, après tout, ce sont des évasions plus ou moins régulières où il n'y a pas à se poser de questions. Le simple fait de savoir que ça ne dépassera jamais les frontières de l'irréel avait quelque chose de reposant en soi qu'Andrew aimait bien, c'était ces jours où il tenait à son monde fictif qui n'a sa place nul part ailleurs. Les autres jours, il ignore simplement ces moments de 'faiblesse d'esprit', comme si, eux aussi, faisaient partie de cette fiction.
Ces mêmes jours, il envisage des choses plus crédibles, avec ce réalisme presque écrasant qu'il affectionne tout autant que les fruits de son imagination - il y a toujours ces deux aspects de sa personnalités qui se confrontent régulièrement sans jamais trouver le bon accord, entre ce qu'il était et ne veut plus être et ce qu'il s'efforce à être mais n'est pas totalement - ça va peut être un peu loin, pardon.
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il a bien l'impression d'avoir tout vu, tout imaginé, et qu'aucune situation n'ait pu lui échapper. Quoi, trois, cinq ans, il y a de quoi toutes les découvrir.
Et, au fond, il a toujours espéré que ça s'arrange et qu'ils aient droit à mieux que ces regards étranges et des échanges qui se font plus rare alors que le temps passe.

Evidemment, Andrew avait tort, et il n'y a pas un seul de ces instants qui s'apparente ne serait-ce que très légèrement à celui-ci. Plus important encore, c'est celui-ci qu'il préfère par dessus tout le reste, pour tellement de raisons - et il n'en saurait dire une seule. Si, peut être que cette réalité n'a rien d'écrasant, au contraire, peut être que c'est parce qu'elle a cette légèreté qu'il ne connait que d'ailleurs, peut être bien que c'est ça.
Et Elizabeth, ça fait combien de temps qu'il n'a plus apprécié sa voix et son être dans son ensemble ? Vraiment, on veut dire, sans qu'il n'y ait ces reproches malsains et cette hostilité ridicule ?

Il y avait eu tant d'occasions de tout redresser, de repartir dans une direction différente et plus favorable, une direction qu'ils auront tous les deux, à un moment ou un autre, recherchée et regrettée. Il semblerait qu'ils n'aient jamais été les mêmes, que l'un arrive toujours trop tôt ou trop tard, où qu'il n'arrive pas du tout, et que l'autre attende indéfiniment.
Et il ne sait pas combien de temps ils auraient tiré ça en longueur, s'il n'y avait pas eu ce chèque. Parce qu'on aime à croire que c'est grâce à l'élément déclencheur qu'on est là, aujourd'hui, tandis que d'autres diraient que l'instant avait été défini depuis longtemps déjà, qu'il n'y aurait eu que les circonstances pour changer un peu la situation.

Quoi qu'il en soit, elle est là à fredonner et quand il arrête de penser à des choses qui n'ont plus beaucoup d'importance tout de suite, il sourit. << Tu sais que comme ça j'ai plus du tout envie de dormir >> mais parce qu'Andrew a toujours été là à la taquiner et qu'il se sent plus à l'aise comme ça, on ne le change pas.
Il sait qu'il n'a pas tout dit, loin de là, et même si réserver ces affaires à des jours sans morphine mais tabac ne lui semble pas être une bonne idée - il ne se permettra pas de se défiler, pas cette fois, pas après tout ça.
L'heure. Il fait nuit dehors, il baillerait bien si le mouvement n'était pas si douloureux pour sa mâchoire.
Andrew se cale une dernière fois ( il l'espère ) dans l'oreiller et la cale, elle, contre lui, stratégique de façon à ce qu'il n'ait pas mal, et après un moment. << De toute façon, ils laissent pas rentrer les poulets dans l'hôpital. Vivants, j'veux dire. >>
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 7 Déc - 16:55

Ils regardaient, là, plus très gosses, les vagues tentant d’emmener le sable avec elles. La proximité était si évidente, qu’avant de rentrer au collège, Andrew et Elizabeth se perdaient dans le paysage si particulier de leur île. Parfois le ciel s’endormait dans l’étreinte grise de la brume, retrouvant un jour, ou deux la brise européenne si fraîche. Elle sait qu’il est arrivé que leurs mains se croisent et qu’il n’y aie aucun moyen de les faire se séparer. Parce que rompre le contact, sans doute était-ce la partie la plus dure à assumer dans leur enfance disparaissant, un peu plus, chaque matin attirée par le mouvement inégal de leur océan.

Oui, ils auraient pu avoir une violente dispute après leur comportement indécent, plus tôt. Ils auraient pu faire comme ces gens, à la télé, qui se déchirent, se jettent et se reprennent, cœur battant, yeux hurlant leur douleur de manque, leur affront de comprendre l’autre; besoin continuel de se faire mal. Mais c’était déjà fait, ça avait déjà eu mal. Lui et elle. Bien plus tôt que d’autres, bien plus brutal que d’autres, à ne même plus se voir, à ne plus chercher à se trouver. Car la terreur. Et ce soir, voyez-vous de la terreur ? Même. N’est-il pas stupide de s’entre-déchirer dès qu’il est possible de s’entre-déchirer. Pensez un peu, à la douleur, ensuite. Ils la connaissent trop bien.

Les mots se stoppent, quand le débit ralentit sur les syllabes, Elizabeth arrête ses doigts contre son visage, le suit quand il l’emporte avec elle, ne bouge plus quand il ne bouge plus. Ramenant la couverture contre eux, la rousse atteint la seule lumière survivante à leur intimité graduée, les plongeant dans le noir pendant que ses cheveux coulent contre l’unique oreiller. La jeune fille hoche suffisamment la tête pour que lui sache qu’elle approuve, à propos de Nagoya. Puis elle ferme les yeux, sentant les mèches sauvages du brun sur son front à elle, bercée par une odeur dont elle n’a pas profité depuis si longtemps, mélangée à l'antiseptique.

"Tout va bien maintenant."
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Viens on se fuit [Andrew]
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