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 Viens on se fuit [Andrew]

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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Ven 18 Juil - 15:36

On a voulu lui apprendre beaucoup de choses, à Andrew. << Si tu goûtes à la nicotine, tu risques de ne plus jamais pouvoir t’en passer. Faut énormément de volonté pour arrêter, ça te bouffe de l’intérieur. >> ou encore << C’est maintenant que tout se décide, je sais que c’est chiant, l’école, mais tu dois passer par là et en ressortir avec les meilleurs résultats possibles, ou tu vas t’en vouloir toute ta vie. >> Mais Andrew n’aime pas qu’on lui dicte des règles, qu’on lui impose des choses, Andrew ira volontairement faire le contraire de ce qui aura été dit, une symbolique un peu ridicule, dommage qu’il s’en fiche.

Pourtant, pour aller avec son égo, il avait décidé d’écouter cette belle fois, où << Reculer, c’est faire preuve de faiblesse, tu peux pas te permettre de montrer que t’as peur. >> On se demande vraiment quel débile s’est dit que c’est une bonne chose d’apprendre ça à un gamin, peut être que c’est l’oncle un peu costaud, là, qui débarque toujours en retard aux fêtes de famille et avec une autre femme à chaque fois, celui qu’est un peu trop macho mais qui le vit très bien. On compte plus le nombre de verres qu’il s’enfile, il dit beaucoup de conneries, c’est quelqu’un de drôle quand même, et Andrew s’entend plutôt bien avec lui. Peut être pas une si bonne chose. Lui, il l’avait écouté. << Les femmes, c’est magnifique, une des plus belles choses sur Terre. Y’en a tellement, des déesses, là dehors, pourquoi se punir soi même et se lier jusqu’à la mort avec l’une si on doit tirer un trait sur toutes les autres ? >> Ca aussi, c’était le genre de conneries qu’il sortait quand il avait trop bu, la mère d’Andrew s’était précipité pour lui couvrir les oreilles, au pauvre gosse, mais à quoi bon ? Une demie heure plus tard, il aura répété les mêmes horreurs.

Y’a de tout, dans la famille, des gens biens, des gens moins biens, on peut pas les effacer, malheureusement, donc on vit avec.

Aujourd’hui encore, Andrew ne reculera pas quand Sawyer approche son visage du sien. Et les poils se dressent, c’est drôle à voir, peut être parce que c’est pas Sawyer, là, mais l’autre ?

- Fais le sourire que j’aime bien, dis. Andrew. Andrew.

Il la regarde, cligne des yeux quelques fois. Je comprends pas c’est quoi ton problème, Sawyer. Elizabeth. Putain, tu fais chier, recule un coup s’il te plait.

- Ouais. Mais tes cheveux. Ils me chatouillent.

Minable excuse, il veut peut être pas sourire en fait. Mais tant qu’à faire, hein. Sauf qu'elle ne recule pas, << odieux personnage >> il pense, et dis moi, qu'est ce qu'on fait, dans ces cas là, où personne ne cède, où personne n'est prêt à perdre, ne serait-ce même à détourner le regard. Ces confrontations, il les aime sans les aimer, ça a quelque chose... d'excitant ? Oui, dans ces cas là, on prend le dessus, on avance, encore et encore, ça semble long mais pas vraiment, et puis ça se rencontre.

En fait. C'est pas ce qu'on est censé faire, non. Ils n'étaient pas censés se retrouver ici, en premier lieu, ils n'étaient pas censés se tenir la main, ils n'étaient pas censés être aussi proches. Évidemment, ils n'étaient pas non plus censés s'embrasser.
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Ven 18 Juil - 20:49

A se perdre dans la mélancolie viscérale de l'opportunité. Elizabeth Sawyer est une lueur dans la lumière tamisée de la chambre qui se pose sur le lit. Elizabeth songe à son départ précipité le lendemain mais n'y songe pas de trop. Sa patience est un leurre dans la situation. Mieux vaut dire son nom deux fois‚ se convaincre qu'il marche encore au sortir de ses lèvres. Comme le loup invité au dîner et elle s'y attendait‚ ses joues restent crispées au présent. Ce serait mauvaise chose de refaire ce qui a été fait. Ce serait égoïste. On est plus que deux sur le rocher mais combien ailleurs Andrew.

Mauvaise chose si le final est prévisible et nous prend fugitif au dessus des reins. Les mains tenues qui s'affolent et se posent aux bords des sourires. Les yeux qui papillonnent‚ les pupilles qui s'essoufflent pour remplacer les poumons. Qui se ferment au présent, qui s'ouvrent à l'impossible infini.
Voici le deal Andrew. Brise-moi le coeur au bon moment. Retrouve-le dans les brocolis. Putain c'est bon les brocolis.
Ça s'allume comme un briquet‚ le feu au nez‚ la flamme au crâne‚ l'étincelle au creux de la paume. Et ça se lâche pour se trouver‚ un peu plus haut‚ un peu plus grand. La grosse trouille‚ l'obèse brouhahaha pour rien de survivre avec deux bouches.
Des élancées rebelles‚ barricadées sur des années. Le classique "C'est comme si qu'elles étaient faites pour se saisir et s'enlacer‚ se contourner‚ se découvrir‚ plus se quitter. Jamais." Plus se quitter‚ elle était belle. Elle était mûre. Les prunes dans les collines à l'est. Ah tellement mûres.
Réalise. Qu'est ce que c'était que cette fougue‚ cette passion‚ de dix-sept ans montée sur ressorts. A se heurter. A ne faire que ça. A se manger de baisers tout en étant vivants. Elle espérait décoller son visage du sien‚ dire une connerie ou deux‚ s'en retourner à aimer ses lèvres. Elle s'enlève‚ elle s'éloigne. Est retombée‚ à deux doigts de tomber de ce lit où on ne fait pas l'amour non. On le laisse à des dérisions plus obscures.

Elle. Elle sans ses conditions de folle quitte sa cohue personnelle et se tourne vers Il. Non. Lui. Et ne reconnaît un temps que ces lèvres secouées de rouge et belles et entrouvertes et dévoilant sa gorge mâle et ses dents farouches. Elizabeth voit ces yeux pleins de flou et de silence et se tait aussi. Les humains parlent tellement. Elle à cette place étrange de côté, sur son épaule droite qui la lance. L'épaule d'Andrew qui est sans doute indemne. Mais elle s'en fout de ce chèque. Ce qu'elle s'en fout. Ce qu'il est con.

Leurs visages elle n'est plus bien sûre de leur état. Le principal c'est de s'assurer qu'ils fonctionnent encore. Leurs nez se touchent comme les deux furies qui s'élancent l'une contre l'autre. Elle ne sait pas bien non plus cet élan qui étire leurs mâchoires, ce qui les rend si sensibles à la rencontre mais elle frôle ses molaires de sa langue et disparaît avec la sienne.

Le reste s'emmerde pas. Une main se glisse‚ témoigne son intention en remontant le long de sa gorge et de son menton. Mais le contrôle veut que l'autre‚ la plus sage des mains le repousse‚ la laisse parler. Elle est encore entièrement là où elle ne doit pas être. A lui. Elle se tait.

Andrew ne sait plus sourire ?
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 20 Juil - 9:10

Andrew.
Andrew Perceval Cunningham, c'est simple, très simple ; qu'est ce que tu fous ?

Il n'avait pas reculé, non. Évidemment. Même à moitié mort qu'il ne se le permettrait pas. Peut être qu'une fois atteint les trois quarts, peut être qu'il l'envisagerait. Mais ça s'arrêterait là, je pense. Chacun ses valeurs, hein ; tant qu'il ne fait de mal à personne, qu'on a envie de dire.

Oui. Mais, problème. Andrew fait mal. Les deux dealers, là, ils s'en étaient pas si bien sortis que ça. Mieux que lui, apparemment, mais. Gordon, il avait eu mal, aussi. << Sale fils de pute >> Restons polis, voyons, tu disais quoi sur ma mère déjà ? Il parait que l'étagère c'est bon pour un plan cul, qu'est ce que t'en dis, rien que toi et elle, cette fois, j'veux bien t'aider pour le rapprochement. L'autre, là, c'est quoi son nom, celui qu'a tapé dans Nagoya, j'ai entendu qu'il avait eu très mal, lui aussi. Mais on va s'arrêter ici, on aura saisi le message.

Là, on comprend plus trop, mais la suite logique, ça serait qu'Andrew lui fasse mal, à Sawyer.

Elizabeth, est ce qu'il te fait mal, là ?

Elle ne doit vraiment pas lire dans ses pensées, par conséquent, répond à son baiser et non à sa question. Peut être que ça répond au deux, qui sait.

Contrairement à ce qu'on aimerait bien croire, il n'a pas oublié. Quel air il est en train de respirer. C'est pas beau dit comme ça. C'est plus beau à voir, plus beau à ressentir, trop beau pour notre cher Andrew, même. On se souvient de quand il espérait secrètement que ça arrive. Qu'ils soient encore plus proches que d'habitude, que ça ait un joli sens, tout ça. On se souvient de quand ces lèvres étaient pour la première fois devenues une tentation. T'arrives un peu tard, par contre.

Et aujourd'hui, la distance qu'il avait tant cherché à établir entre eux s'était tue après de beaux mais vides échanges. Les échanges qu'ils ont maintenant n'ont strictement rien à voir avec les autres, ça implique des jeux de langues et une exploration plutôt poussée de l'autre cavité buccale, là, et puis les mains, ne parlons pas des mains, elles se perdent - eux, sont en train de se perdre, aussi. Mutuellement. C'est... drôle, oui.

C'est elle qui rompt le contact, de toute façon il ne semblait pas prêt de s'arrêter et. Non on ne veut pas savoir. Elle a juste rompu le contact. En le poussant un peu. Ne dit rien, regarde juste - Andrew regarde aussi, mais préfère s'attarder sur les lèvres légèrement enflées de la rousse, depuis le temps, putain.

Il faut faire quoi, maintenant ? On se contente de reprendre là où on s'était arrêtés, et on va débattre sur le paquet de clopes plus tard ? Oui, écoute ça me branche pas mal. On s'en fout du reste, recule pas, on était bien là, non ?

- ... J'ai l'impression d'embrasser un brocoli.

Tu te redresses un coup, te rapproches un autre, tes mains ne tiennent plus en place, toi non plus d'ailleurs. << Mais c'était plutôt bien, en fait. >> Impossible, les brocolis c'est le mal, les brocolis, ça peut pas être bon à embrasser.

Sawyer n'avait jamais été un brocoli normal.

- Tu voulais quoi déjà ?
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 2 Nov - 21:59

On a envie de rire. La logique voudrait qu'on suive l'envie. Mais à la place on tique. On se remue frénétiquement des paupières. Deux syncopes par secondes‚ le cœur en poupe. Bref. Court. La faiblesse est un rire adorable. Sans rire, la salope. Puis à se complaire au mutisme‚ on ne répond pas tout de suite mais on se lèche la lèvre supérieure histoire que ça passe autrement. Fichtre. Elizabeth.
C'est qu'elle ne connaît pas cet Andrew là non plus. Passé tellement de jours à chercher le sien qu'elle ne l'avait même pas vu une fois retrouvé. Sa voix était à peine audible. Dans leur boudoir à eux si elle pouvait oser‚ elle voudrait qu'on ne les dérange pas. Lentement et il est déjà très près‚ le fourbe‚ la rouquine vient au contact plus sauvage de ses lèvres fauves et elle vient contre sa joue. Elle pourrait l'affubler de mille merveilles‚ les faire croire dans un conte‚ en pleine mission suicide. Mais c'est un hôpital. Et elle en est convaincue‚ il jouerait au plus idiot pour retourner aux bêtises impardonnables.
Ou l'imprévisible amour si tu préfères. Pourquoi quand il suffit de lever yeux‚ de se croiser‚ de ne pas s'éveiller dans un rictus maladroit pour ne pas paraître davantage imbécile. Sauf qu'elle se perd contre le dos de sa main posée. Bleue. Violette. Un peu couverte de fils par endroits. Elle essaye de comprendre‚ l'attrape avec pudeur et l'embrasse comme si les plaies se soignaient avec des lèvres. Et elle fulmine encore contre son visage‚ lui donne tant de regards différents‚ il est bien difficile de les dissocier.

"...Rien du tout juste un peu toi. Et que tu manges des brocolis si pas de viande parce que tu t'en es pris plein la gueule..."

Son pouce est-il bien salvateur de douleur contre sa tempe. Oh elle ne sait pas franchement. Peut être est ce juste amusant de voir ses foncées se baisser et toucher ses doigts de loin.

"Tu es beau mon Andrew."
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 2 Nov - 22:03

Alors, Andrew, qu'est ce qu'on fait, maintenant ?

Tu te souviens, de ces journées là ? Il n'y avait personne pour te dire non, pour te dire oui, ou pour te dire quoi que ce soit - peut être que tu ne veux pas les entendre, aujourd'hui - remonte en arrière, au fond, tu le voulais, tu le sais. Sur la plage, celle avec les galets, t'aimais bien jouer aux ricochets - c'est con, comme jeu, mais ça te prend de temps en temps et tu retournes là bas, juste pour te rappeler ces moments que trop rapidement l'on t'a enlevé - y'avait cette personne, oui, cette rousse, celle dont tu craches le nom trop souvent, celle qui t'arrache ce mauvais rictus, celle qui maintenant effleure ta peau de ses cruelles - innocentes lèvres, oui, elle. Elizabeth, ces moments, t'aimais bien les passer avec elle, et tu te demandes encore comment. << On était gosses >>, c'est vrai, et qu'est ce qu'il en reste, aujourd'hui ? Qu'est-ce que tu as épargné, de cet Andrew trop naïf ?

Et de ces soirées, tu t'en souviens aussi ? Douce adolescence, trop peu conscient de ses actes, il déconne, il le sait - quelque chose qu'il cherche à oublier, ça se trouble après quelques verres déjà, oui, un visage flou, mais ça ne suffit pas, il distingue trop bien les lèvres qui jusque tard dans la nuit le gardent éveillé, elles le hantent, jamais ne le quittent, jusque dans les bras de Morphée l'accompagnent - et pourtant, avec chaque seconde, elles s'éloignent, avec chaque verre, elles perdent un nouveau combat - ou le gagnent ?
Il ne saurait dire.

Enfin, Andrew, te souviens tu de cette nouvelle vie ? Pas même un regard tu ne lui adresses alors qu'à quelques mètres elle passe, toute proximité est proscrite, tu la veux invisible, grande distance vous tiendrait séparés - tu sais bien qu'il n'en est rien, il est toujours de ces jours où quelques piques sont lancées, creuses, sèches - mortes, trop de reproches informulés, tu penses que c'est mieux ainsi, tu t'en convaincs même. C'est dur de changer de vieilles habitudes, au fond de toi, au fond de toi il reste un peu de cet Andrew que t'as voulu oublier, relâche ta garde et déjà qu'il attaquera, attends donc, et tu verras.

Et aujourd'hui ?
Tu vois.
Il est jamais parti.

- ...Rien du tout juste un peu toi. Et que tu manges des brocolis si pas de viande parce que tu t'en es pris plein la gueule...

Il se veut imperturbable, faible état dans lequel il s'est vu expédié, maintenant il cligne des yeux quelques fois, semble à peine réaliser.

- Tu es beau mon Andrew.

Il se souvient trop bien de ces moments là, oui. Ne sait trop bien ce qu'il veut en faire, lesquels regretter, lesquels de sa mémoire effacer, il ne recule pas.

- J'sais, c'est pas deux crevards pareils qui vont réussir à m'amocher.

<< Mon Andrew >> Il tique, se fige, un sourire étire ses lèvres, mauvais, oui.

- Attends, tu fous quoi là, tu captes un peu ce que tu viens de dire ou ? C'est. C'est pas comme ça que c'est censé se passer tu sais.

Il s'arrête, ses yeux sans comprendre se posent sur sa main meurtrie, elle la tient encore, cette main sur laquelle sa bouche s'est tant de fois posée - bien sûr que non c'est pas comme ça que ça devrait se passer. Sawyer, dis moi, qu'est ce qui te prend - j'aurais pas dû je crois.

Et encore ces images qui défilent, jamais elles ne le lui accorderaient répit, non, ça serait trop beau, alors il fronce les sourcils et secoue la tête.

- J'ai merdé.

Mais il ne recule pas, s'approche encore, cette autre main, aux appareils attachée, se dresse, elle vient et se pose contre une joue qu'il a trop longtemps ignorée, plus longtemps encore adorée, les lèvres une nouvelle fois se rencontrent, la drogue, oui, c'est bien la drogue qui le pousse à.


Dernière édition par Andrew P. Cunningham le Dim 2 Nov - 22:07, édité 1 fois
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 2 Nov - 22:07

Elle sort de là une seconde, le regard encore glissant sur le bord de ses doigts. Ca l’intrigue, la façon dont le contour des ongles du brun a réussi a se recouvrir partiellement de bleu. Non, plutôt, elle cherche les mains potelées d’un petit garçon. Elle ne trouve que de longues et masculines mains qui viennent lui effleurer le visage et la faire se redresser sur le matelas enfoncé par leurs “ébats” ridicules. Il aurait des pansements sur l’ndex et le dessus du pouce, comme le jour de ses huit ans quand il avait tenté de couper les pommes du jardin pour faire une tarte. Elle se souvient que la tante d’Andrew n’était pas une grande fan de sa sœur aînée.
Aujourd’hui, ils l’avaient littéralement recousu, si bien qu’on ne voyait que sa peau fraichement réunie qui était devenue contre ses phalanges une palette de couleurs, le ciel en fin de journée. Ce n’était pas aussi joli voyons… Remarque ça lui avait causé un petit sourire à sa réponse et elle avait réalisé; voilà la chose la plus niaise qu’elle aie pu dire à Andrew Cunningham en dehors du ‘toi t’es pas un prince, mais y en a qui viendront devant ma porte, ou pour me voir, ou pour me piquer ma balançoire !’

Ironique, elle avait voulu coucher avec la dernière personne sur le pas de sa porte. Devinez qui. Chiche. Bref, pas de la grande prose, plutôt de la prose toute petite, minuscule, nuancée par la couleur froide des brocolis ramollis. Elizabeth considérait la suite comme étant son premier baiser. Elle l’avait embrassé, elle était au courant. Sauf, lui ensuite qui l’avait maladroitement récupérée, Effy au bord de la crise existentielle. On ne pouvait plus retenir que les lèvres qui peinaient à ne pas aller chercher celles de l’autre. Par de petites tentatives échouées sur les dents et rattrapées par des rencontres de leurs épaules qui lui laissaient une sensation désagréable de vide.

Il l’avait prévenue pourtant qu’il avait merdé et elle ? Elle se retenait de penser à Henriette, à comment elle allait devoir la regarder ensuite, si ça allait être gênant. Le rire nerveux arrivé sans prévenir lui faisait envisager qu’Andrew ne devait plus l’aimer depuis longtemps, il répétait ça depuis “des années”. La veille, il était bien question de laisser tomber. Ca avait fini par la convaincre, triste. Elle se souvenait, c’était toujours la même chose, un pour pousser l’autre qui tombe et ne cherche pas à lui en vouloir. La haine, ça existe plus ici, point barre.
Et soudain, Andrew a merdé, tout ça à cause d’un putain de brocoli. Fallait qu’elle lui laisse un espace, il aurait l’intime conviction qu’elle se casserait et le laisserait à son tout-sauf-poulet-please. Alors, l’attrapant par dessous la nuque, elle se lève, se décale agrippe un oreiller et l’ajuste au premier avant d’y poser la tête du gamin de dix-huit-piges qui la regarde en attendant toujours.

Et puis bordel.
Elle grimpe, s’installe à califourchon, (mais vas-y fais-toi plaise Eliz) touche indéfiniment son faciès de gros con bagarreur, chuchotant toute proche.
"Je t’en prie continue de merder."
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 2 Nov - 23:37

Elle finit par reculer légèrement, il voudrait l'en empêcher et déjà d'un mouvement désespéré taire la distance, pour ne pas avoir à y penser, à se sentir regretter, à se dire que << Putain Andrew, arrête tes conneries, c'est Sawyer >>. Il voudrait tant s'en empêcher, simplement cesser de réfléchir, vivre ce qu'il a trop longtemps désiré - oh qu'il l'admette ou non, il en est effroyablement conscient, à la façon dont tout s'enflamme et le brûle quand seulement elle s'approche, il ne peut pas même l'ignorer. Oui il voudrait ne songer à rien d'autre qu'aux lèvres faites pour venir s'écraser contre les siennes, aux regards qui se dévorent - on a toujours été des putain d'animaux au fond, mais elle a reculé, Il est trop tard, elle a reculé.
Il voit, revoit ces moments où eux ne semblent pas se voir, bornés, rancuniers, blessés, pauvres enfants, ils n'ont pas l'air de se comprendre, et pourtant, peut on faire plus simple ?
Ses motivations ont toujours été des plus ridicules. Ils ne les comprends même plus, aujourd'hui, il sait juste que c'est faux, horriblement faux, que l'Andrew d'hier n'aurait jamais voulu de ça. Et qui est-il, si ce n'est qu'une faible armure, un moyen de s'isoler pour moins ressentir - voilà ce qui est faux, vraiment faux, et il est convaincu du contraire.

Elle se relève finalement, mais sa main glisse dans sa nuque, elle attrape un oreiller, le cale derrière lui et le fait s'y adosser, son regard ne veut la quitter, alors qu'encore et toujours les mêmes mots se répètent, une de ces mélodies aussi entraînantes qu'effrayantes, non il aurait mieux fait de tout arrêter avant même que ça ne commence, la renvoyer chez elle, avec son stupide plat de brocolis sans poulet qu'elle est allée chercher pour lui plus tôt - allez, c'est pas cette histoire de brocolis qui va me faire croire que.

Quand ils étaient jeunes, ils étaient si inséparables. Quand ils ont grandi, tout semblait pouvoir les séparer. Et entre les deux, qu'est ce qu'il y avait ? - deux gosses qui comprennent pas trop ce qui leur arrive, et qui aiment un peu trop au goût de tout le monde.

Elle ne s'assied pas à la même place, non, son genou vient se cogner contre le bassin pas-trop-meurtri de la victime, l'autre fait de même de l'autre côté, il hausse les sourcils alors que son visage s'approche dangereusement du sien.

- Je t’en prie continue de merder.

Non.
Il l'a dit.
Faux.
Tout ça est faux.

But hey, fuck it.
On avait dit la drogue, oui, on fera avec la drogue, y'a pas de souci, elle est trop proche pour que tu puisses dire quoi que ce soit, n'est ce pas ? T'as pas l'air de trouver la force de protester, et pourquoi tu ferais ça au juste ? C'est pas c'que tu voulais, c'est pas ce dont t'as rêvé plus d'une fois ?

Il aurait aimé se servir de la douleur comme prétexte, mais il n'y a rien, rien d'autre que cette chaleur qui se répend trop lentement à son goût - enivrante, elle le ferait presque s'agiter, avide à présent de ce qui est semblable à un interdit.

Mais oui, et quoi encore, on va partir dans le "T'es ma drogue, t'es mon oxygène" comme on est si bien parti ?

- Pas de problème, il souffle et l'embrasse encore, comme s'il ne pouvait s'en lasser - une main retrouvant sa joue, l'autre, plus mutine, remontant le long de sa cuisse, lentement, et tous ses sens sont éveillés, ce n'est pas l'odeur du brocoli qui emplit ses narines mais le ce même parfum qui toujours a su l'envoûter - oh il se hait d'être si ridicule lorsqu'amoureux.
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Lun 3 Nov - 0:29


Haven't learned my lesson
I've got some damn bad intentions...


Automatisme, un grand sourire grandit sur son visage alors que la main d’Andrew, simultanément avec ses paroles vient faire contact, taquine et provocante… non c’est ainsi qu’elle le ressent. Elizabeth se love presque dans son toucher, appuyant charnelle la sensation contre le garçon et au départ ne matérialise pas ce qui retrace sa cuisse. Car il la kidnappe, littéral, dans un baiser plein de fougue, et que peut-elle faire sinon répondre à ce qu’elle à réclamé seule. Elizabeth est secouée de spasmes, c’est inéluctable.

Elle ne se souvient pas l’avoir imaginé de cette façon, seulement une ou deux fois, des scénarios approximatifs qui reviennent de ses souvenirs de collégienne incorrigible, échanges rapides et peu érotiques, rien de très concret, simplement le romantisme pur, les imageries chastes d’une fleur-bleue en construction. Mais elle assume aujourd’hui vouloir cela plus sauvage et la réalisation fauve, et le côté bestial, elle ne le rejetterait absolument pas.
Voilà ce qu’elle devient à se remuer, son bassin est un lapsus vivant, il bouge, bouge sans qu'elle puisse rien y faire et pousse Andrew contre l’oreiller, elle a peur. Tiens c’est tout autre chose ça.

Une seconde, elle oublie que leurs lèvres se rencontrent sans arrêt, cela laisse une traînée rose inhabituelle le long de ses courbes rouges de fille, elle se distance à peine, elle inhale, complètement instable, on dirait presque une toxico en manque absolu “Dis je te fais pas mal ?” Merde. Elle est quasiment sûre qu’il vient de la re-tirer contre lui et que la moitié du temps qu’a constituée la seconde où il l’a écoutée consistait à nier toute douleur, alors elle suit, elle lui a demandé, non, non elle s’en veut pas. Que dalle.
Tout ses sens sont occupés ailleurs, elle comprend avec embarras que l’intégralité de son corps s’emballe à mesure qu’elle l’écrase de désir et sa main vient presque tirer les cheveux du brun, elle les ramène contre son oreille et l’oublie totalement dans l’exploration incontrôlée du côté de sa nuque, puis elle y remonte, elle projette ses gestes, toujours plus demandant, son souffle. Il est haletant, elle s’arrête, elle se sait, insatiable.
It’s only a little taste.

Pendant que ses doigts quittent sa crinière inégale, la rouquine plante son nez dans son cou et y fait revenir sa bouche, imagine le dévorer, gardant toute odeur, conservant chaque sensation, une obsession terrifiante lui remontant le long de la poitrine, puis elle attrape le bras du garçon d’une main, la pose allègre contre un de ses seins.

Frénétique, Elizabeth va et vient contre lui, mais elle ne comprend pas ce qu’elle fait, c’est beaucoup trop impulsif pour elle. La jeune femme ralentit alors, continuant de baiser son menton et amène, bouillante une main aux sous-vêtements d’Andrew. Elle pense, dans son naturel inexplicable, de toute manière il n’a que ça. Surprenant une masse encore inconnue, sa face s'empourpre, elle sursaute, mais y glisse les doigts, un par un, l’atteignant tant bien que mal.
Et puis jubilant, elle se glisse à son oreille “Putain je sais pas comment on fait.”
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Lun 3 Nov - 17:28

Et c'est là qu'éventuellement elle se met à bouger, mouvement lent, régulier, contact qui lui est comme une délicieuse torture alors qu'à nouveau ils s'embrassent, peut être plus sauvagement cette fois. Sa main s'aventure sous le tissu de sa robe mais reste raisonnable, ne fait que doucement explorer la peau qui dessous se cache - plus docile qu'il ne s'aurait jamais imaginé être, ce ne sont pas les blessures qui font que.

Dis je te fais pas mal ?

Il ne se laisse pas le temps de reprendre son souffle, fait << Non >> de la tête et l'attire contre lui avant qu'elle ne puisse douter de sa parole. Lui même n'en est pas convaincu, peut-être bien qu'elle lui fait mal mais il n'y a pour lui que cette chaleur exaltante qui se répand de plus en plus à chaque toucher, il ne ressent rien d'autre, ne désire rien d'autre. Il n'y a que ça pour lui - que dit-on, il n'y a qu'elle, pour continuer dans le cliché bien lourd. Après tout, il le dit si bien que tout n'est que comédie ridiculement niaise, et pourtant il ne parvient à se détacher de ses lèvres, inlassable, même la volonté n'y est plus.
Une main vient se perdre dans ses cheveux, le ramenant à sa nuque, et il s'y perdrait mille fois, à passer ses lèvres sur une peau trop douce, à goûter, dans cet état second qu'elle l'a expédié, inconscient des dents qui se baladent, qui tentent de tout s'approprier - oh il a toujours été si possessif, il a toujours voulu qu'elle lui appartienne.

Les rôles semblent s'inverser, jusqu'à ce qu'elle attrape sa main et la ramène jusque sa poitrine, peut être qu'effectivement elle l'a pris au dépourvu mais pourquoi se laisserait-il prier ? Et cette pensée absurde qui lui traverse l'esprit, j'pensais toujours qu'elle avait de plus petits seins je sais pas. Mais elle bouge encore, lente, bien trop lente, il ne peut se contenter de ça, en veut toujours plus, telle la bête affamée qu'il est. Alors quand elle glisse une main le long de son torse, qu'il la sent descendre, atteindre son boxer, il lève les yeux vers elle, les sourcils légèrement haussés, la dévisage, ahuri. Et quand un doigt se glisse sous le tissu, quand les autres le rejoignent, qu'ils s'aventurent plus loin encore, << Wow ok d'accord >> traduirait bien sa passagère surprise, il déglutit et elle approche son visage de son oreille, souffle << Putain je sais pas comment on fait >>

- T'es sérieuse là ?

Quelque peu décontenancé, il se reprend pourtant assez rapidement, ne se permet pas une trop longue hésitation devant le contact brûlant qu'elle lui offre, c'est ridicule j'vais pas lui expliquer comment me branler quand même ; mais a-t-il jamais été aussi patient ?
Déjà faudrait-il qu'il soit capable d'attendre.

- Tu... J'sais pas, de bas en haut ça va l'faire je pense.

Andrew n'a pas l'impression de connaître cette Elizabeth, non, elle est bien plus semblable à celle qui venait régulièrement hanter ses nuits quelques années auparavant - comme si ça n'était plus le cas aujourd'hui, comme s'il n'avait pas une seule fois espéré autre chose que ces échanges risibles auxquels il s'est forcé à tenir.
Il ne pourrait plus s'il le voulait. Nier. Pas maintenant, pas alors qu'elle est installée au dessus de lui, la main dans son boxer, la sienne sur ses seins.
Trop tendu à son goût, il se cale un peu plus dans l'oreiller, se surprend à passer une main dans ses cheveux et replacer une mèche derrière son oreille, s'attardant sur sa joue sans trop savoir pourquoi - peut-être qu'il ne regrette pas tant que ça, au final.
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Lun 3 Nov - 18:26

Même si ses yeux brillent dans la non explicable obscurité de la scène, elle penche, défaite d’un argument potentiel, ne cherchant pas à se justifier et continue de le dévisager sans céder une once de poigne contre le membre qui palpite, elle, retient un rictus, tellement satisfaite de son autorité. Pourtant il arrive à la déstabiliser, facile, retenant ses ovales dans les siennes, spontané, des doigts longs et farouches qui replacent ses cheveux libérés; elle qui jure pourtant ne pas vouloir les lui offrir, mais les voilà libres qui fuient le bord de ses épaules nues, l’amenant à frisonner. Elle le subit. Ce qu’elle pourrait accepter, quitte à pouvoir le subir… Elizabeth passe sa langue contre le haut de sa lèvre et immobile, cligne, lente avant de lui obéir, prompte, attrapant la masculine partie qu’elle ne connait pas encore.

La vierge ferme les yeux et inspire profondément, préparant le mouvement comme si décisif, elle est certaine qu’en s’y prenant à une vitesse raisonnable et sans vouloir reproduire quelconque absurde fantasme, il n’est déjà pas loin de bander. Alors elle reproduit ce qu’il décrit, se répète ses mots dans sa tête, étonnamment cela est tout à fait sensuel et elle n’a aucun mal à poursuivre, appuyant, régulière sa main contre la verge à peine réveillée. Peut être l’intimité est-elle devenue trop usuelle entre eux, car Elizabeth n’en ressent qu’un émoi profond et un besoin dingue de se découvrir touchée à son tour. Dix-huit ans et déjà si faibles, démultipliée est pourtant la sensation et elle lui offre un regard, se stupéfait, gémit doucement et sent ses joues qui la soulèvent elle et son corps si chaste jusque là. C’est suffocante qu’elle lui implore, de son simple prénom “Andrew” et elle accélère, l’action devenue si bestiale, si intense, qu’elle ne se maîtrise plus sinon amène une main au bas de sa figure, on dit que là naît le désir et tout ce qui rend esclave, il n’y a rien de faux.

“Et bien quoi ?” reprend la rousse, lui adressant un sourire ordinaire et si plein de chaleur, arrêtant son bassin pour l’observer et le détailler, ne stoppant pas ses allées et venues contre ce qu’elle a réussi à s’approprier avec tant de facilité. “Tu ne défais pas mes bretelles, Cunningham ?”
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Lun 3 Nov - 21:09

Immobile, elle le regarde simplement, et lui, lui ne sait pas s'il n'a pas été assez clair ou si elle aime à s'amuser avec. Mais bientôt elle réagit, ferme les yeux et suit les instructions comme s'il lui avait fourni un mode d'emploi à comment bien branler un mec - le mouvement se veut d'abord hésitant, moins maladroit qu'il ne se l'aurait imaginé, ses yeux ne quittent pas le visage de celle qui finalement tient toute sa fierté masculine entre ses - sa main, il ne peut s'en empêcher, comme pour rattraper toutes ces fois où son regard s'est détourné ; toutes ces fois où il aurait mieux fait de s'y intéresser plus ouvertement.
Et puis ça devient plus rapide, il sent qu'elle gagne en assurance dans ses gestes, se surprend à plisser les yeux un peu plus lorsqu'un gémissement se fait entendre, que son prénom lui échappe, elle s'agite, intenable alors que ses propres mains sont jusqu'à présent restées les plus sages.

Et bien quoi ? Tu ne défais pas mes bretelles, Cunningham ?

Elle lui sourit alors qu'il se redresse du mieux possible tandis que ses côtes se mettent à hurler, lâche un << Je fais c'que j'veux >>, dans ce rôle bien ridicule de l'homme blessé à son égo. Elle ne s'arrête pas, toujours plus efficace, peut être qu'au fond ça lui fait un peu mal d'avouer que. Mais il ne prendrait pas la peine de s'en soucier à présent, non, et provoque une nouvelle rencontre entre ses lèvres et la peau fragile de son cou, il y a goûté, en veut toujours plus, s'attarde sur sa clavicule, la fait patienter uniquement pour se sentir un peu plus maître de la situation, sa main glisse le long de son bras, aussi lente qu'elle a pu l'être, et fait glisser la bretelle comme elle le lui a demandé - comme il le souhaite. La seconde connaît le même destin, simple, l'étoffe d'un mouvement spectaculaire se dérobe, expose la silhouette trop fragile de la rousse. Il aurait pu sous le vêtement passer sa main et se contenter de ce qu'il a déjà eu, mais, avare, il veut voir ce qu'il clamait quelques jours plus tôt de presque répulsif. Elle trace donc son chemin sur sa hanche, épouse les courbes comme il aurait aimé le faire plutôt - il n'accélère en aucun cas, toujours se laisse le temps d'explorer chaque parcelle du corps qu'il voudrait plus proche encore.

Mais il veut rendre ce qu'on lui a concédé, lui qu'on ne connaît pas ainsi ; les circonstances y sont peut être bien pour quelque chose, au point où il n'écoute ni l'égo ni la douleur, et passe sa main sur le tissu qui le sépare encore de la seule intimité qu'il reste dans cette pièce. Et lorsque l'obstacle n'est plus il souffle, << J'sais pas faire non plus >> bien qu'il se doute, alors il ose un peu plus, complète << Tu. Tu dis si y'a un truc que j'fais mal >> et découvre lentement, avance ses doigts jusqu'à ce qu'il juge bon de s'arrêter, attend sur une quelconque réaction, s'aventure un peu plus.
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Lun 3 Nov - 21:47

En réalité, elle est très impressionnée par le sérieux qu’il arrive à conserver dans les traits de son visage malgré ce qu’elle lui inflige (oui à ses yeux elle l’inflige, ce que c’est, elle a échoué à se contenir, elle l’a simplement kidnappé dans son besoin animal et ne l’a pas reconsidéré une seconde). Mais elle s’en inquiète et ses deux mains maintenant cherchant à le faire bondir vont dans le détail et ralentissent, et s’appliquent, douces. Elizabeth ne parvient plus à se concentrer, une fois qu’il lui répond. Sa voix est un élan de paradis dans n’importe quoi. N’importe quoi dans ce qu’elle a pu imaginer jusqu’ici. C’est une mélodie rauque, inaudible, à la limite du sauvage, qui se faufile contre elle, et elle le voit agir et penser et réagir et l’écouter. C’est ça qui lui fait le plus de bien, il n’y avait jamais eu de promesses, non, il n’y avait eu que des attentes.

Une des deux lâche sans qu’elle puisse empêcher quoi que ce soit quand le brun atteint son cou et elle vient jouer avec les divers endroits de son corps, considère ne pas avoir assez retenu de tel ou tel chose, soulevant sa chemise propre et neuve de victime. Elle sourit encore, lui s’éloigne un coup, les claires observatrices de la rouquine suivent son geste qui s’étale, une danse le bord de son bras, elle voudrait l’embrasser, mais il ne cesse jamais de lui montrer de nouveaux bouts de sa personne. Et Elizabeth découvre les grains de beauté d’Andrew sur le peu de peau nue qu’elle s’est autorisée à regarder, pour autant, son entreprise du plaisir ne s’arrête pas, elle l’observe longuement qui s’aventure, regardant en même temps que le jeune homme les zones qui se dévoilent et s’embarrassent de poils qui se hérissent, de choses plus intimes qui se sensibilisent.

Alors qu’il y pénètre, ça ne la bouscule que davantage, Elizabeth intervient et accroche, silence sa main, cela ne l’interrompt pas; retenant son souffle, elle s’efforce, un arrêt sur image, si seulement elle pouvait le supporter à ce stade. D’abord l’aide et le guide, grogne malgré ses tentatives vaines de le retenir. Elizabeth l'écarte en s'attachant à son épaule, l'y caresse, agitée. “T-Toi ? Est-ce-que… est-ce-que ça va ?”
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Mar 4 Nov - 23:04

Il ne sait absolument pas comment s'y prendre, non, découvre tout comme elle et se sent un peu ridicule, mais sans trop y songer non plus, d'autres choses occupant son esprit à peine embrumé - au lieu d'être étouffante comme il se le serait imaginé, la chaleur se veut délicieuse, et il la sent ralentir, moins sauvage, plus délicate, et il ne saurait dire lequel de ces aspects il préfère chez la rousse.
Alors il se risque plus loin encore, cherche à atteindre là où elle est le plus sensible, là où ses frémissements seraient presque insupportables - il s'aventure, en demande toujours plus, la plus grande satisfaction qu'il puisse avoir consiste bien à être responsable de chaque souffle coupé, chaque son qui lui échappe.

Et elle s'arrête, il n'en tient pas compte, toujours à se risquer un peu plus, finalement Elizabeth pose une main sur son épaule, et il perçoit de légers tremblements, comme si lui pouvait s'en empêcher, comme si lui n'était à présent trop excité déjà.

T-Toi ? Est-ce-que… est-ce-que ça va ?

Il ne se voit tout d'abord pas répondre, se contente de se pencher légèrement en avant pour capturer ses lèvres une énième fois, ses dents même s'y accrochant, jugeant ne pas avoir pu assez y goûter, et quand il recule enfin, avec une respiration saccadée, lui répond que << J'ai… ( il s'arrête, tels des fanaux agités et indomptables, ses yeux plongés dans ceux de la rousse ) franchement pas à me plaindre >> et après avoir fait durer la scène, il s'avance encore, son autre main, attachée à ces machines qu'il n'a pas remarqué s'affoler, suit le mouvement et s'approche, s'interrompt aussitôt lorsqu'une voix s'élève, n'appartenant ni à l'un ni à l'autre.

Andrew Perceval Cunningham mais qu'est ce qui t'as pris d-

<< Merde putain nan attends deux secondes attends >> mais il n'y a pas à attendre, mère, père, et petite soeur, qui se fait arrêter de justesse alors qu'elle s'avançait déjà pour apporter les fleurs à son frère blessé - ils ont fait deux pas dans la pièce, pas plus, mais deux pas de trop.
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Mar 4 Nov - 23:44

Le plus simple à dire est que ce n’est plus physique, c’est autre chose. C’est démentiel, c’est illégal. Elle ne sait pas, comment saurait-elle, l’habilité avec laquelle il l’embrasse tout de même, mais ce n’est plus un échange de lèvres et de baisers inégaux et incomplets car inconnus, c’est une familiarité sans pareil, une union illogique des deux êtres qui se fait par un échange complètement synchrone. Des rencontres sans interruption qui s’entre-dévorent autant qu’elle aura pu le souhaiter. Voilà ce qui lui rougit les joues, ce qui lui donne envie d’arracher les vêtements d’Andrew, mais elle se retient, elle ne peut pas. Elle ne voudrait pas introduire quelque douleur dans son univers sans cesse bousculé de sensations nouvelles, la fille tient à peine à genoux sur le matelas, elle a besoin de lever les yeux au plafond, mécanique dans le plaisir entraîné. Sawyer s’est dissipée, mais Elizabeth est là qui plante ses doigts dans la blouse du brun. Elle ne peut pas former ce qui se crée et elle ne peut pas y trouver de tournure ordinaire, il n’y a absolument rien d’ordinaire dans ce que lui donne Andrew, pendant que ses pupilles se dilatent, brusquement et la voilà où il faut - si elle ne l’aimait pas, ce serait douleur, ce ne serait pas si bon pense-t-elle - Il lui répond, elle se fend d’un petit sourire trahit par le délice qui la submerge totalement. Mais oui, pour son information à la pensée stupide qui lui vient, Andrew est totalement humain, ah… les femmes. Si la coupure qui suit est intolérable pour la majeure partie de son corps et ses seins qui crient à l’injustice, elle n’est plus qu’une gamine affolée qui veut protéger Andrew et pendant que la lumière l’éblouit, elle lui remet ses vêtements, véritable dextérité débouchée de l’abrupt sentiment de manque. Mais calme-toi elle se chuchote dans un coin de sa tête.
Elizabeth vient de remettre proprement la couverture sur le jeune homme, quand elle s’assoit au bord du lit, à l’opposé de ceux qui la voient à présent comme un spectacle d'horreur. Perturbée au possible, mais anormalement encore excitée, la rousse fixe ses mains à l’air tout à fait pures quand elle a fait chose si horrible (excitant tu veux dire) ! Et ! Tu devrais trouver ça horrible, bien sûr que si tu as vu trois quart de seconde sa petite sœur, la traumatisée gosse qui vient de se faire crocheter par la mère.

Profond manque d’air dans la pièce… elle qui arrive tout de même à se calmer… au moins un peu. (elle n’est définitivement pas invisible, à moitié nue, ici.)

Awkward.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Mer 5 Nov - 18:05

Quand la porte s'ouvre, il ne saurait dire s'ils ont toqué ou non, Andrew n'a pas tout de suite le temps de réagir, encore trop absorbé par ce qu'il se passe d'honteux sur les couvertures d'un lit d'hôpital - cependant, les pas, la voix, la lumière qui s'allume et l'éblouit, ça a de quoi le ramener sur Terre, il retire ses doigts le plus délicatement possible pour quelqu'un qui s'est fait surprendre par toute sa famille en train de toucher son amie d'enfance qu'il dit détester depuis plusieurs années. Et son regard, presque effaré, se pose sur sa soeur dont l'expression se veut tout ce qu'il y a de plus confus alors que sa mère la retient par les épaules et cache finalement la scène de sa main. Il a juste vu Elizabeth cacher à l'aide du drap ce à quoi ils ont tous été témoins, et s'asseoir au bord du lit, toujours à moitié dévêtue, leur tournant le dos - et eux, eux ne bougent pas vraiment, et peut être que dans d'autres circonstances, il aurait ri de leurs traits médusés.
Mais il voit que son père veut prendre la parole, le coupe avant qu'il ne puisse insinuer quoi que ce soit - comme s'il parviendrait à se rattraper, à leur faire croire on ne sait quel mensonge afin de tous les rassurer, autant ses parents que la rousse ; et peut être un peu lui.

C'est… C'est pas c'que vous croyez ok, il tente, aussi peu convaincu que convaincant, continue cependant, comme j'vais louper pas mal de cours là, j'me suis dit que ça serait pas mal si elle m'expliquait quelques trucs parce que j'vais être complètement largué pour l'interro et j'ai pas envie de plomber ma moyenne, donc. Ouais. Voilà. On… bossait juste, c'est t-

Andrew.

Elle n'a fait que dire son nom, mais il sait qu'il ferait mieux de s'arrêter là. Alors il ne les regarde plus, se décale un peu dans le lit et avance sa main vers la rousse qui n'a pas bougé depuis, tire sur l'étoffe froissée par les mouvements trop pressés de tout à l'heure, arrange sa robe comme il le peut ; cherche au moins à préserver le peu de pudeur qu'elle peut s'autoriser après qu'on les ait interrompus dans un élan un peu trop sauvage au goût des parents et sûrement d'Anaïs aussi. << Pour une fois que j'aurais préféré que vous arriviez en retard >> , il marmonne avant de relever la tête vers eux, << Ca serait pas mal si vous pouviez sortir cinq minutes, vraiment. ( pause ) S'il vous plait. >> et il ne parvient tout à fait à déchiffrer leur expression alors qu'ils ne décident finalement d'aller attendre derrière la porte.

Putain.


Dernière édition par Andrew P. Cunningham le Lun 21 Sep - 19:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Mer 5 Nov - 19:52

Une partie d’elle veut qu’il se mette à rire. Peut être bien que finalement, projecteurs sur elle et sa faiblesse peu acceptable, elle est la fragile Elizabeth Sawyer qui n’a jamais su bien se comporter. Celle regardée de travers au déjeuner et qui marche dans les couloirs, se sentant trop dévisagée pour s’arrêter, qui se fait peu confiance et se l’est très peu accordée, toute seule. A présent elle s’intéresse à ses pieds nus, plutôt que de le regarder qui redresse sa robe. Il n’y a que ses courbes pour frissonner, mais elle tente de se distancer, se convaincre au minimum. Elizabeth glisse une main et l’aide, toujours concentrée sur ses splendides orteils. Mais c’est beaucoup plus facile plutôt que de s’autoriser à devenir une créature affolée et fuyarde. Dans sa tête vacille l’idée saugrenue de rester avec lui, hors de question de partir, avec Amber qui est pas venue et… que va-t-elle imaginer, c’est pas comme si elle venait de chauffer avec acharnement son tout frais ex-petit-ami. Elle avait aimé ça, oh elle avait beaucoup aimé même. Elle avait le sentiment peu correct de son talent engravé un peu partout à la manière d’inscriptions profondes et sensibles, comme s’il lui avait offert d’autres règles sur un plateau, balançant ses préoccupations ailleurs. Sa seule inquiétude était Andrew et sa seule détermination était de ne pas chercher à le fuir, ainsi que sa famille. La rouquine prenait beaucoup sur elle pour ne pas fondre en larmes, ce à quoi elle ne vouait aucune animosité, mais davantage de l’incompréhension. Cela était légitime. Elle connaissait ses parents depuis toute petite, et les rapports complexes de l’un et de l’autre l’avait amenée à ne plus leur parler. Pourtant à une période, il avait été question de la mauvaise éducation d’Elizabeth, et du fait, notamment que sa mère était bien trop absente. Si là, elle connaissait des accès de violence. Et puis Elizabeth se rebuta, qu’est-ce-qui lui prenait de revenir à ça, soudainement, dans un pareil moment.

Elle se leva avec lenteur et remit sa robe en place, les cuisses bouillantes ce qui la dérangeait, amenant sans plus de vitesse sa figure croiser celle du garçon, elle passa distraitement un pouce contre sa joue pour essuyer le ridicule chagrin, mais une fois retombant contre son menton, elle réalisa que ça faisait anormalement mal et elle voulut lui sourire, pour lui assurer qu’elle ferait tomber le malaise. Alors elle sourit. “Je suis désolée. Je ne sais pas ce qui me prend. Je fais n’importe quoi et… à chaque fois ça te retombe dessus alors." Non j’y arrive pas en fait… j’en sais rien de tout ça. Je m’en fiche un peu. Je voulais juste être là.

Ses paroles, ses pensées s’enchaînent sans logique et elle le comprend bien, tirant le rideau et attrapant ce que lui a confié l’infirmière pour la nuit, enfilant le pantalon avec maladresse, retirant la robe. Il lui suffit de fermer les yeux une fois, pour le sentir contre son bras qui remonte la bretelle et elle… subit, reprenant son air, le temps et enfilant le vêtement par dessus son soutien-gorge qu’elle doit aussi replacer.
Et puis, Elizabeth s’avance, dégage le rideau, Andrew n’ayant pas bougé. Où voudrais-tu qu’il aille comme ça, idiote.
Mais elle ne voulait pas être celle avec qui il trompe l'autre avec pour motif l'adolescence, le besoin primitif et rancunier, non, elle ne voulait pas.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Ven 7 Nov - 23:15

Elle ne bouge pas d'abord, et lui - il ne sait pas quoi faire maintenant qu'ils sont à nouveau seuls - a le regard rivé sur sa robe, comme si ainsi il parviendrait à la faire réagir, à la faire se tourner et le regarder, lui parler, autre chose que lui servir ce silence auquel il a trop été habitué, uniquement interrompu par le bruit agaçant de cette foutue machine.
Et quand il passe sa main sur son visage et que ses yeux se ferment quelques secondes, c'est le corps de la rousse qui commence déjà à le hanter, il se voit tracer des lignes sur ses jambes, sur ses bras et son ventre, s'appropriant tout ce qu'elle lui offre, et attaquer son cou comme s'il avait à marquer son territoire de manière sauvage parce qu'autrement, dans un état un peu plus lucide, il ne se serait aventuré plus loin que ces mains qui se tiennent - il voit tout, ça le brule encore, mais pas assez pour en oublier la douleur, non, cette fois-ci elle est bien présente, et si elle n'était pas retournée, il se serait probablement retenu de grimacer, rien que pour la forme.
L'arrivée de ses parents l'aura sorti de cette euphorie passagère dans laquelle elle l'a expédié, mais il regrette sans vraiment regretter, il aurait pu nier si ça s'était arrêté bien plus tôt, tout pousser sur le compte des anti-douleur et continuer comme avant, à la briser un peu plus à chaque fois qu'il la voit parce qu'il n'assume rien de ce qu'il s'est passé ces dernières dix années - il aurait pu, mais c'est allé beaucoup plus loin que de simples mains qui s'effleurent à peine, des paroles maladroites qui n'atteignent qu'à moitié, et à chaque fois, qu'il veuille ou qu'il ne veuille pas, ce sont leurs baisers échangés qui l'empêchent de penser clairement.

Et maintenant qu'elle se lève, lentement, tourne la tête vers lui, il est surpris de voir des larmes dans leur dégringolade le long de ses joues alors qu'elle lui sourit, et là voilà qui s'excuse sans raisons, il voudrait l'arrêter mais elle disparaît derrière le rideau sans lui laisser le temps de.

Soupir. Andrew connait Elizabeth depuis trop longtemps pour qu'il s'en souvienne exactement, peut être que c'est aussi de ces choses qu'il s'est forcé à oublier, il ne sait pas. Il y a certains aspects chez elle qu'il n'a jamais su retrouver en Sawyer, certains aspects qui lui manquent probablement depuis le jour où plus rien n'a vraiment eu d'importance à ses yeux et qu'il s'est débarrassé de la pire des façons de son seul appui - au fond, il n'a fait que refuser la réalité comme on la lui servait, à vouloir tout changer comme ça "devrait l'être". Mais ça, ça ne lui a pas manqué, pas un seul instant. Une vulnérabilité qu'elle n'a que rarement exposée, assez pour savoir que ça a quelque chose d'insupportable qui le pousse à jouer ce rôle stupide de protecteur qu'il n'a jamais demandé. Donc la voilà qui revient.

Arrête. J'sais même pas pourquoi tu t'excuses de toute façon, t'es pas toute seule à faire n'importe quoi.
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Elizabeth Sawyer
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Sam 8 Nov - 1:07

Il y a sa voix qui grimpe en caressant ses tempes pour atteindre ses oreilles et elle se crispe, rapprochant le fauteuil de son lit et s’y installant. Elizabeth détaille les écrans noirs qui s’agitent par traits de couleur, redevenus réguliers. Elle n’a pas réalisé, mais ils se sont autant emballés que le pouls du garçon pendant qu’elle tentait de ruiner le peu d’estime qui lui restait de sa personne. En profitant pour regarder l’heure, elle attache ses cheveux, pas par un queue de cheval, mais avec anxiété les séparant en deux couettes égales. Là est le mécanisme ultime de défense consistant à remettre l’ordre au minimum établi, histoire de se convaincre que cela va pouvoir nous détendre. Elizabeth contrairement à Andrew n’a jamais réussi à le jauger et bien qu’elle soit parvenue des années durant à se considérer comme Sawyer et plus Elizabeth, elle ne pouvait que sans cesse, inlassable déchiffrer les infinies égarements du jeune homme. Oui elle continuait, mois après mois à se retrouver, croisant son chemin, de le connaître, de l’apprivoiser de loin, cela leur étant destiné - à lui comme à elle - inévitable, un véritable inconvénient.

Pour elle la vie ne s’améliorait pas, elle empirait. Le divorce de ses parents adoptifs, l’âge trop perturbable de Cliff, la constante envie de se casser de chez son père pour veiller sur sa mère qui s’occupait apparemment très bien de sa personne ! Ensuite lui revenait qu’elle ne savait pas où aller, qu’elle ne se voyait pas fuir. Tout était lié mais rien ne comptait lui être utile, ne serait-ce qu’une minute pour sauver sa famille. Mais elle n’avait pas à la sauver, comme toutes les familles, elle se brisaient et se raccommodaient au mieux, il n’y avait rien de simple à faire. Les choses compliquées finissent par se tasser qu’elle disait, avant de clamser, sa mère.

Alors elle lui en veut, parce qu’aujourd’hui il pense encore qu’elle pleure parce qu’elle a pu toucher à son joujou perso, que c’est de sa faute, qu’il a gâché sa vie entre temps, sa ridicule, déjà misérable vie. Qu’il n’a fait que l’empirer en empiétant dessus et en intervenant pour la sauver. Pendant qu’elle le regardait dans son ambulance, perpétuellement à regretter, à vouloir le rassurer, lui qui remuait à peine contre son brancard. Elizabeth, elle était revenue en un clin d’œil, se souvenant avoir retenu le numéro d’Amber pendant le trajet, pour l’appeler en urgence si quelque chose tournait mal… quelle sacrée ironie hein… elle avait failli se le taper sans aucun ressentiment pour la pauvre blondasse qui passait trois ans de sa vie de lycéenne à s’exposer au bras de la seule personne qu’elle pensait ne jamais voir la quitter. Et puis, vous savez, elle lui a déchiré la liste sous le nez en début de troisième, et en première, elle avait arrêté de le suivre, juste après sa mort. Après tout il était si heureux, ça servait plus à grand chose, c’était un truc de gosse putain. Le coup de tout à l’heure c’était qu’un prétexte pour par lui éclater à la figure.
Non attends, pendant une seconde tu lui a presque gueulé que tu l’aimais, Elizabeth. Allez Sawyer, dégage de là. Tu fais quoi.

“Si. Si je suis seule Cunningham. Tu- t’as failli mourir et j’ai voulu qu’on couche ensemble au lieu de t’emmener Nagoya et. J’ai aimé ça. Pour- pour qu’il se passe quoi ensuite.” Silence. “Que ta famille débarque en te trouvant là à te taper quelqu’un d’autre que ta copine parce que vous vous êtes disputés la semaine d’avant. -Alors qu’on sait tous… Andrew que vous êtes toujours comme ça. Vous vous séparez et ensuite, vous vous remettez ensemble.” A-t-elle seulement remarqué qu’elle est en train de pleurer, en commençant à suffoquer assez pour presque crier le reste ? “C’est votre putain de truc ! Qu’est-ce-que je fais au milieu merde ! Je-je suis complètement paumée et toi tu te pointes et tu te prends un coup de canif en plein dans-” Et puis ils entrent, de nouveau, elle a mal calculé les cinq minutes, mais elle n’a pas l’air de vouloir comprendre. “P-parce que c’est Amber et tu l’aimes et je comprends pas ce que je suis supposée être en plein milieu !”

Mais tu sais pertinemment que c'est pas ça que tu dois dire.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Sam 8 Nov - 21:23

Elizabeth tire la chaise et s'y assoit - leurs regards cependant ne se croisent pas une seule fois, et il se demande encore pourquoi il tient tellement à ce qu'elle tourne la tête et le regarde vraiment, lui qui l'a tout ce temps ignorée, qui n'a pas cédé à cette même attente informulée.
Alors il la retrouve à s'attacher les cheveux en ces deux couettes qui l'auraient fait soupirer dans d'autres circonstances, aujourd'hui, dans cette chambre d'hôpital où leurs habitudes ont toutes été jetées dans un coin de la pièce pour se contenter de cette envie folle et peu décente, il n'a plus la force de.
Ç'avait été la première chose qu'il a remarquée chez elle, cette manière trop sérieuse de dompter ses cheveux, les tenir en cage comme s'il y avait là un grand mal à les laisser glisser et s'emmêler. Elizabeth avait d'abord été "celle avec les couettes", parce qu'à cet âge, tout a beaucoup plus d'importance que ces espèces de formalités ennuyantes réservées aux grands. Mais il n'a jamais aimé, toujours à vouloir tirer sur l'élastique et les libérer, vous savez Andrew pensait toujours leur rendre service comme à lui même.
Et quand cette période-ci était loin derrière et qu'il se trouvait à remarquer toutes les autres choses auxquelles il n'a jamais prêté attention, comme la façon dont ses doigts jonglent avec le crayon dès qu'elle est bloquée dans un exercice de maths, ou ses sourcils qui se haussent légèrement quand elle veut s'empêcher de sourire, et même ses yeux qui ont l'air de s'illuminer dès qu'elle est emportée par son élan artistique qu'il jugera plus tard de ridicule, mais qu'en réalité il aura toujours admiré - ces jours-là, Andrew ne pouvait plus s'imaginer Elizabeth sans ses deux couettes, Andrew avait fini par les accepter comme une part de sa personnalité qu'il aimait de plus en plus.
Plus tard encore, quand il la voyait dans les couloirs et qu'il se tournait vers quelqu'un d'autre pour lui poser une question dont il se fichait de la réponse, quand il passait à côté de la rousse en jouant le plus désintéressé des regards qu'elle lui adressait. Quand il avait Amber. Et il ne l'avait jamais aimée, Amber, toujours à essayer un peu plus fort de l'oublier. Alors qu'il ne voulait que ça. L'oublier. Ce n'est pas avec la blonde et toute la volonté du monde qu'il y est parvenu, il a fini par se convaincre lui même qu'il aime l'autre et pas Sawyer.
Ces années là, Andrew ne supportait plus la vue de ces couettes, comme il ne supportait pas tout le reste chez Sawyer.
Mais il n'a jamais vraiment réussi à y croire sincèrement.

Aujourd'hui, il n'a plus la force de.

Si. Si je suis seule Cunningham. Tu- t’as failli mourir et j’ai voulu qu’on couche ensemble au lieu de t’emmener Nagoya et. J’ai aimé ça. Pour- pour qu’il se passe quoi ensuite. Que ta famille débarque en te trouvant là à te taper quelqu’un d’autre que ta copine parce que vous vous êtes disputés la semaine d’avant. -Alors qu’on sait tous… Andrew que vous êtes toujours comme ça. Vous vous séparez et ensuite, vous vous remettez ensemble. C’est votre putain de truc ! Qu’est-ce-que je fais au milieu merde ! Je-je suis complètement paumée et toi tu te pointes et tu te prends un coup de canif en plein dans- P-parce que c’est Amber et tu l’aimes et je comprends pas ce que je suis supposée être en plein milieu !

Ses parents se sont arrêtés après quelques pas, il ne leur a adressé qu'un rapide coup d'oeil avant de revenir sur une Elizabeth en larmes, seule dans son fauteuil. Or, il ne bouge pas, ses paroles se répètent sans cesse, heurtent les parois de son crâne encore et encore alors qu'il ne les assimile qu'à moitié.

<< Sawyer >>, il tente, plus faiblement d'abord, mais elle ne se calme pas, et il le savait, ça, il le savait qu'elle ne se calmerait pas. << Sawyer putain. >> Il ne saurait trop dire à quoi il s'attend, et ses parents trop impatients, croise les bras pour l'un et tape du pied pour l'autre. << Eliz arrête. C'est des conneries, >> il entend sa mère souffler bruyamment, elle qui se serait efforcée à en faire quelqu'un de poli, ou du moins c'est ce qu'elle aime avancer aux personnes qui s'imaginent qu'elle a quelque chose d'aussi précieux que son temps à consacrer à l'éducation d'un gosse, voire même de deux. << Je m'en fous d'Amber. ( pause ) Je l'aime pas >> elle, il voudrait rajouter, mais s'arrête avant de s'engager dans ce qu'il ne pourrait assumer bien longtemps.

Et on appelle son prénom, comme pour acclamer la présence de ces autres personnes qui oh en cet instant précis ne sont qu'inconnus agacés, agaçants - trop fiers peut être d'avoir su se libérer alors qu'il n'y a que leur fils de blessé, après tout.
<< J'pensais pas que vous viendriez aussi vite. >>


Dernière édition par Andrew P. Cunningham le Lun 21 Sep - 19:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Sam 8 Nov - 23:38

Il parle plus fort‚ elle se tait. Le souvenir de sa colère qui s'élève trop perturbant. Ce qu'elle ne saisit pas cependant c'est que ce n'est pas de la colère‚ c'est de l'excès. Andrew qui appelle son nom dans le grand espoir de la voir se taire‚ la rousse se sent davantage de trop. Ses joues collent ses cheveux à sa peau rougie‚ elle essaie un silence‚ décidément elle est diablement stupide pour ne rien vouloir entendre comme il faut. Andrew est appuyé au bord de l'oreiller‚ lui chuchotant quelque chose qu'elle ne préfère pas entendre. La distance est ordinaire‚ sinon le soupir féminin de Madame Cunningham est appuyé davantage que les paroles du brun. Oui à présent il est étouffant de ne discerner que la pression qui se fait dans le fond de cette chambre tournée insipide.
Elle sait bien que tu l'aimes pas c'est sans aucun doute ce qui tue toute la crédibilité de la chose. En même temps tu la connais‚ elle aime être compliquée. Elle adore se mentir‚ vous mentir‚ c'est un peu sa drogue‚ t'es au courant avoue‚ qui le serait pas.
Parce que sur le moment elle n'arrive pas à se sortir de la tête la façon dont tu retirais sa robe de ses épaules‚ te fichant éperdument des conséquences. La fougue que tu n'avais jamais su perdre et qui soudainement te donnait cet air si sérieux qui la faisait s'attarder sur ton faciès et les traits qui se durcissent. Puis elle se souvient du mal qui lui envahit les pensées un peu plus‚ sa mâchoire qui la serre, les points de suture qui la brûlent et cequi quitte sans arrêt ses yeux essayant dans la plus grande sagesse de la purger de quelque chose. Sawyer ne veut pas qu'on lui retire les lèvres d'Andrew de contre sa nuque. Elizabeth prie et implore.

Se levant, quittant son statut d'obstacle si problématique‚ elle présente des excuses formelles à la famille propre qui se tient si près avant de plonger dans la salle de bain et de fermer la porte‚ lumières éteintes. Elizabeth fixe un point devant elle‚ inspire et plaque une main contre sa souillée bouche retenant des sanglots inconvenants.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 9 Nov - 15:21

Elizabeth se lève, s'excuse auprès des parents qui la toisent avec toute cette douceur inée chez les Cunningham, et part s'enfermer dans la salle de bain. Mais personne ne parle, personne ne s'avance, il n'y a là qu'un Andrew dépassé qui se cale dans l'oreiller en grimaçant parce que ses côtes lui tirent de trop maintenant que tout est bel et bien fini. Le moniteur s'est enfin calmé, brisant le silence de temps à autre comme il se doit, et après un moment, ils se réveillent, tirent une seconde chaise et s'installent, la soeur à grimper sur la débauche de lit sous le regard réprobateur des adultes à son égard.

Il sait qu'ils sont restés un quart d'heure, pas une minute de plus, un de ces appels urgents du père a fait qu'ils n'avaient pas plus de temps à lui accorder que ce quart d'heure imposé à l'acquisition d'une conscience légère. Il se doutait bien que ça ne pouvait être très long et se trouvait à attendre avec impatience l'élément libérateur. Aucun mot n'avait échappé trahissant leur humeur après les évènements plus récents, ils avaient évité le sujet Elizabeth avec facilité, comme si les dix minutes précédentes avaient avec elle disparues dans la salle de bain. Ca non plus, ça ne l'avait pas étonné, ils ont toujours aimé à l'oublier quand ils ont appris à connaître ce qu'il y a derrière cette << rousse avec les couettes >> qu'Andrew affectionnait tant. Mais il a surpris leurs regards éventuellement se poser sur la porte ou sur les draps, et il savait qu'ils ne pourraient oublier ça de sitôt.
Personne n'oublie Elizabeth Sawyer à partir du moment où on en sait plus que ce qu'elle donne.

Il connait le registre, savait exactement quel mot allait suivre quel autre, tant de fois les mêmes reproches ont été formulés. Mais quand on est pas là pour surveiller son gosse, on va pas s'étonner qu'il apprenne pas par lui même à ne pas se foutre dans la pire des merde. Et quand les fleurs ont été déposées sur la table, on s'excuse, on s'embrasse, on se rappelle qu'on s'aime et on s'en va, laissant derrière soi une trainée de parfum trop cher mêlé à cette déception habituelle.

J'ai faim et j'arrive pas à prendre mes putain de brocolis.
Rien d'autre ne l'anime que l'envie de la voir resurgir de cette salle de bain, sans les larmes et tout le reste qu'il ne veut pas voir chez elle - c'est pour ça qu'après de longues minutes seulement, sa voix s'élève et cherche une excuse alors qu'il ne s'imagine pas une seule seconde ne serait-ce qu'approcher le légume de sa bouche.
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 9 Nov - 20:18

Elle pense à Cliff, elle se sent vulnérable, là à ne pas savoir comment calculer les choses, alors elle pense à Cliff. Elizabeth repense à son petit frère, celui qui n’était pas né quand elle était adoptée graciée par les gens du village. Elle se souvient l’avoir emmené en ville pour la première fois, là où son père ne leur autorisait pas d’aller, quand leur mère faisait son petit sourire en coin à moitié désapprobateur, à moitié compatissant. Avant de s’attacher à Andrew, petite, elle adorait traîner avec son encore tout jeune frère et puis ils défiaient les pentes mystérieuses de l’île du regard, ils voulaient vraiment, vraiment s’aventurer partout. Mais regardez-la dans la salle de bain minuscule d’une chambre d’hôpital, à s’accroupir à côté du lavabo, les mains dans les poches. Ses cheveux étalés au coins de ses épaules, parfaitement attachés, cela ne lui apportant aucun réconfort. La rousse se dresse en entendant un téléphone sonner, elle se mord la lèvre, ne peut rien faire sinon deviner. Remarquant ce qui clignote à moitié en dehors de son pantalon, elle attrape le sien. Son visage est éclairé par le petit écran plein de pixels et rien ne change sur son visage; oui trop difficilement perturbée. Il faudrait trouver une réponse, à ses yeux rouges et ses paupières irritées, son nez glacé comme si elle compensait la honte avec le rejet d’un quelconque sentiment de froid. Ah, Elizabeth Sawyer. Toujours autant une gosse.
Le message s’affiche avec quelques smileys qui la perturbent, elle ne reconnaît pas le nom qui accompagne le numéro, pitoyable.

Mais bien entendu; Cliff. Qui d’autre…
“Papa m’a filé les raviolis en conserve :/. J’aime pas ça quoi. Tu me saoules. Tu peux pas rentrer ? Allez. J’ai faim.”

Elle roule des yeux, ses lèvres se soulèvent à peine de déception, et puis la porte claque. Non pas celle des chiottes/baignoire/lavabo, vraiment celle de la chambre d’Andrew. Oh. Andrew, c’est vrai. Ironique mais elle aurait vraiment préféré oublier cette étape, le coup des parents Andrew qui rentrent pile à ce moment-là, parce que c’est drôle. Pourquoi. C’est dingue ! Parce que ça devrait être totalement drôle, elle devrait se plier en deux, et songer au soulagement que c’est de ne pas avoir vécu le traumatisme autant imaginé avec un certain Gordon. Peut être qu’elle aurait ri, pas besoin, le lundi de la semaine d’après de se rendre au lycée avec la nette impression d’un pic en pleine augmentation des regards sur soi… Et Amber- ah ne parlons pas d’Amber.

“Contente-toi des raviolis, chieur.”
Bon, chieur c’est à moitié de l’amour, disons.

Sawyer lève son corps engourdi des quinze minutes au sol en entendant “brocoli”, encore une fois, elle ne sait pas si elle est supposée rire, mais elle sort, quand bien même, en ayant passé sa manche contre le haut de son visage au préalable. Le bas picote de partout, c’est peu supportable. Enfin, une fois la salle de bain fermée et elle revenue à la faible lumière, elle reste contre la porte et fixe le plateau.
On peut bien essayer de se comporter en Sawyer. Hein. Tu peux. Essayer au moins.

Et puis c’est comme si elle ne contrôlait rien, c’est très chiant, ça lui donne une grande envie de se plaindre, mais elle vient de s’autoriser à le regarder. Lui parce qu’elle ne veut pas regarder Andrew et Sawyer dans sa tête, et puis elle voit les fleurs et les fout dans le sinistre pot qui est là exprès pour les grands malades. Ah pour autant je te trouve pas si gâté, Cunningham. Bien sûr qu’elle le prend son temps. Elle va jusque la salle de bain, elle met de l’eau dans le vase, elle dispose bien les fleurs. Ça c’est parce que ta petite soeur est mignonne et que je viens de la traumatiser. Certes.

Parle-toi toute seule, espèce de tarée. Tu peux plus vraiment admettre que ça te touche de trop hein, et que tu t’en veux vachement. Si tu avais le courage tu composerais tout de suite le numéro de sa copine. Sauf que y a un gros bordel là haut du style, tu l’aimes et t’en a strictement plus rien à foutre de la blondasse. Et pourquoi d’un coup toute la rancune qui revient pour ton ancienne meilleure amie de fou malade… AH SAWYER TU ME SAOULES.

“Tu comptes passer au dessus de ce qui vient de se passer en m’embrouillant avec des brocolis ? Est-ce-que tu es au courant que tu es celui avec des côtés fêlées et de la morphine ici ?”

Non, c’est gratuit, continue à éluder, fille.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Dim 9 Nov - 22:21

Il pense d'abord qu'elle ne sortira pas, et peut être que s'il parvenait à se lever et faire quelques pas sans avoir l'impression de vivre les dernières secondes de sa si misérable vie, peut être qu'il envisagerait sérieusement de la faire sortir de force - comme quand ils étaient gosses et que la proximité n'était que proximité toute simple, pas cet espèce d'état second moins innocent avec un coeur qui s'affole et la chaleur qui monte. Mais il n'en est pas capable, rien que l'idée de se redresser fait hurler tout ce qui a à se plaindre et il ne préfère pas même s'y tenter.
Il avait tort, parce qu'elle sortira bien vite. Ne lui adresse qu'un regard cependant avant de s'intéresser aux fleurs, et cette fois il trouve la force de soupirer.

Andrew a besoin de fumer. Comme jamais auparavant, il a besoin du paquet de clopes à la con que Sawyer a jeté dans un coin de l'ambulance. De sentir la nicotine tracer son chemin jusque sa gorge pour y laisser cette sensation devenue agréable avec le temps - au début ça n'avait été que pour la forme, vous savez, l'idée de se montrer un peu plus fort et maître de son destin, de désobéir et de se croire invulnérable. Il en est à un stade où ça ne lui est plus qu'une ridicule dépendance, et c'est à ce manque qu'il est vulnérable, lui qui voulait tant.
Aujourd'hui, Andrew a tellement besoin de fumer que ça le dérange et le démange partout où la fumée pourrait s'engager.

Mais au lieu de lui demander son paquet de clopes, là, parce qu'il sait très bien qu'il ne l'aura pas avant qu'il ne soit capable de se lever et d'aller le chercher lui même, il la regarde déposer les fleurs dans le vase, et le plat immonde est toujours gardé hors de sa portée. - Au moins elle a arrêté de pleurer.

Tu comptes passer au dessus de ce qui vient de se passer en m’embrouillant avec des brocolis ? Est-ce-que tu es au courant que tu es celui avec des côtés fêlées et de la morphine ici ?

<< Ouais >> il réplique aussitôt, << c'est exactement ce que je compte faire. Toi, tu comptes me laisser mourir de faim ou comment ? >>
Mais il n'aime pas les brocolis, Andrew, c'est vrai.
<< Y'a quoi à dire, de toute façon ? J'ai pas vraiment envie de parler d'Amber tu comprends. >>
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Lun 10 Nov - 12:11

“Ta petite sœur a l’air cool. Je comprends pourquoi Cliff squatte chez vous.” Elle était si étrangère que ça lui donnait envie de s’asseoir et elle s’arrêta de remuer, tombant à nouveau dans le fauteuil. Les meubles devaient enregistrer les choses, parce qu’elle se sentit mal à l’aise, comme si on ne l’y voulait pas vraiment, dans cette chambre. Elle avait bien compris. Sawyer amena un de ses genoux contre elle et soupira, dévisageant calmement Andrew Perceval...peu importe quoi ensuite. Il était beau, il était vraiment beau. Elizabeth croyait qu’on ne verrait que ce qui relie sa peau proprement, les points précis et fragiles qu’on lui a fait sur tout le côté gauche, et sa lèvre un peu entaillée sur le dessus. En l’embrassant, ça n’était pas revenu immédiatement et elle réalisait qu’il avait dû souffrir, un peu. cela ne devait pas être le cas, sur le moment ils profitaient et elle supprimait tout autour, magie.
Plus rien n’existait, autre que cette chambre fade et ces quatre murs d’intimité, ce qu’elle a perdu en même temps que l’intervention des parents, d’ailleurs. La rouquine touche du bout des doigts sa figure et mémorise, toute la singularité d’Andrew dans un lit d'hôpital, pendant que ses sourcils s’abaissent, qu’elle se sent clouée là par une injuste tristesse, la douleur est animale, autant que leurs ébats, retrace sa route dans son corps et la fait s’enfoncer davantage dans son nid de solitude. Mais elle est si proche, elle se questionne, elle ne peut plus y aller, sinon, il est difficile d’en sortir, oui. Et cet éternel pourquoi, pourquoi devrait-on avancer. Pourquoi est-ce-que ce sera autrement, une fois que je ne serai plus là à te surveiller… ah tu ne comprends pas toi-même ce qui te fait rester. Tu te sais condamnée, à un moment, devoir expliquer à celle qu’il veut absolument ignorer, toi, tu la voulais importante, pour que ce soit moins complexe. Non, que tu le veuilles… plus.... presque plus. - clair que ça n’a pas très bien fonctionné… idiote. -

Enfin, maintenant, c’est simple, pas vrai ? “Je t’aime, Andrew.” dit-elle.
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Andrew P. Cunningham
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MessageSujet: Re: Viens on se fuit [Andrew]   Mar 11 Nov - 19:05

Son regard ne la suit pas jusque sur son fauteuil, préfère détailler le bouquet - sans vraiment le voir cependant. Ces discussions, Andrew les connait presque par coeur. Il y a eu un jour où tout a changé, Elizabeth n'était plus que Sawyer si elle avait de la chance, une rousse inconnue si elle n'en avait pas - ou le contraire, on sait pas trop. De ce qu'il était pour elle, il s'en fichait bien, tant qu'il n'était plus l'Andrew qui l'aimait et qu'elle aimait.
Et avec tout le reste, ils ont arrêté de parler, en se contentant de courts échanges un peu creux et négligeables, une animosité plus ou moins maîtrisée et, à les voir, on aurait sans doute parlé d'indifférence, parce qu'ils sont très bons à ce jeu-là. Balancer des mots à l'autre sans répondre et sans chercher à comprendre, juste pour la forme - la putain de forme, comme pour montrer à quel point ça n'a plus aucune importance pour l'un comme pour l'autre.
Mais Andrew a toujours écouté Elizabeth, et Cunningham n'a pas pu faire autrement que de toujours écouter Sawyer.
Maintenant encore, il l'écoute, et elle approche ses doigts de son visage ; vous voyez, il sait très bien que ça n'étaient que des conneries.

Mais, ces discussions, il les connait presque par coeur.
Je t’aime, Andrew.
Il ne dit rien d'abord. Il ne sait pas non plus si ça fait quelques secondes ou quelques minutes qu'il ne dit rien, mais il sait qu'elle attend et qu'il attend aussi - peut être que quelque chose l'empêche de répondre.
Avec les années, il a eu le temps de penser à toutes sortes d'alternatives. S'imaginer ce qu'il a jusqu'hier encore condamné, avec des scénarios improbables mais satisfaisants et des personnages beaucoup moins cons qu'ils ne le sont réellement. S'arrêter avant de commettre des erreurs qu'il regrette sans se l'avouer ou se projeter dans l'avenir qu'il approche et qu'il appréhende. Juste après, il se lèverait pour aller fumer parce qu'apparemment ça l'aide à être moins ridicule.
Ce qu'il se passe à l'instant même, depuis quelques heures, il ne l'aurait jamais vu venir et encore maintenant il n'est pas trop sûr de tout ça.
Parce que ça ne peut pas être suivi d'un << Putain Andrew arrête avec cette merde >>, cette fois.
Il ne peut pas se lever en secouant la tête et en attrapant son paquet de clopes pour y voir plus "clair".

<< Merci d'être restée. >> ( pause ) << Ici, j'veux dire. >> ( pause ) << Putain. >> ( il se redresse à nouveau et la douleur est pire encore ) ( pause ) << Tu sais que je t'avais dit que tes couettes étaient dégueulasses au collège. >> ( pause ) << J'le pensais pas. >>

- And i never stopped.
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